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CRITIQUES DE CONCERTS 05 décembre 2022

Nouvelle production des Noces de Figaro de Mozart dans une mise en scène de Neita Jones et sous la direction de Gustavo Dudamel à l’Opéra national de Paris.

Les Noces au couloir
© OpĂ©ra national de Paris

Pour sa deuxième production à l’Opéra de Paris, le directeur musical Gustavo Dudamel offre avec le concours de la metteuse en scène Neita Jones un spectacle chic dans son allure générale mais peu abouti. Certes Les Noces appartiennent au répertoire bouffe, mais les rapports de pouvoirs et hommes-femmes ne trouvent ici une lecture approfondie.
 

Palais Garnier, Paris
Le 19/01/2022
Thomas DESCHAMPS
 



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  • Parce qu’une maison d’opĂ©ra avec ses rapports hiĂ©rarchiques, ses intrigues, son esprit de famille, ressemble selon elle Ă  un palais XVIIIe, la metteuse en scène Neita Jones situe l’essentiel des Noces de Figaro dans un couloir desservant les loges du Palais Garnier. L’espace scĂ©nique s’en trouve rĂ©duit, limitant les dĂ©placements des chanteurs d’une loge Ă  l’autre voire Ă  se croiser dans le couloir. Si l’on comprend sans peine que le Comte et la Comtesse sont ici des artistes capricieux qui sonnent Ă  tout va le perruquier et la costumière, Figaro et sa promise, les autres personnages n’ont pas toujours un statut bien clair, Ă  l’instar du jeune ChĂ©rubin en sweat-capuche qui traĂ®ne ici et lĂ .

    Le chœur qui placarde sur la porte de la loge du Comte des affiches protestant contre le harcèlement sexuel fait croire un instant à un éclairage particulier de l’ouvrage, option non suivie d’effet. La comédie se déroule de la manière la plus classique qui soit, joliment agrémentée de vidéos redondantes projetées en ombres chinoises sur les murs. Les ensembles cruciaux au II sont fixés comme les images d’une pellicule de film immobilisée : les trois loges comme autant de cages à chanteurs. L’esprit buffa est développé de manière heureuse mais sans savoir s’arrêter.

    À l’instar du Comte qui ne résiste pas à ponctuer des vrombissements incessants de sa visseuse électrique toute la scène où il veut ouvrir la porte censée cacher l’adolescent. Le III se déroule dans la réserve aux costumes sans qu’il en soit fait un usage autre que décoratif, et à la fin de l’opéra Neita Jones nous donne à voir le Foyer de la danse, un gimmick élégant depuis Alcina et Capriccio mis en scène par Robert Carsen, mais peu significatif ici. En miroir de cette présentation somme toute sans histoire, la fosse offre un orchestre brillant sans nuages.

    Heureusement, Gustavo Dudamel dirige des musiciens à la sonorité lumineuse et à la virtuosité entraînante. Toutefois, il rate la progression dramatique des rebondissements successifs au II et ne théâtralise pas assez les chassés-croisés du IV. Sur scène, le bonheur musical est variable d’autant que la direction d’acteur ne semble tirer parti que des artistes les plus doués. Dominant le plateau, Peter Mattei montre une aisance qui décuple la séduction et la rouerie du Comte. Maria Bengtsson n’est en rien son égale, ce qui amoindrit le rapport hommes-femmes que voudrait éclairer cette production, notamment en citant dans le programme de salle le travail de plusieurs chercheuses sur des femmes célèbres du XVIIIe siècle. La beauté de son timbre apporte cependant quelques bonheurs épars.

    Luca Pisaroni a de très beaux restes et de l’abattage pour son Figaro. Venue à la rescousse, Anna El-Khashem fait de son mieux en Susanne avec des moyens modestes. Lea Desandre réussit un Chérubin particulièrement à l’aise sur scène. Parmi les autres rôles, tous bien tenus, le phrasé superbe de Dorothea Röschmann stupéfie. Marcelline est un rôle bien modeste pour une telle cantatrice, jadis une Comtesse mémorable, sans doute beaucoup plus que cette soirée élégante.




    Palais Garnier, Paris
    Le 19/01/2022
    Thomas DESCHAMPS

    Nouvelle production des Noces de Figaro de Mozart dans une mise en scène de Neita Jones et sous la direction de Gustavo Dudamel à l’Opéra national de Paris.
    Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
    Le Nozze di Figaro, dramma giocoso en quatre actes (1786)
    Livret de Lorenzo da Ponte, d’après la pièce de Beaumarchais

    Chœurs et Orchestre de l’Opéra national de Paris
    direction : Gustavo Dudamel
    mise en scène, décors, costumes, vidéo : Neita Jones
    préparation des chœurs : Alessandro Di Stefano

    Avec :
    Peter Mattei (Le Comte d’Almaviva), Maria Bengtsson (La Comtesse d’Almaviva), Anna El-Khashem (Susanne), Luca Pisaroni (Figaro), Lea Desandre (Chérubin), Dorothea Röschmann (Marcelline), James Creswell (Bartholo), Michael Colvin (Basile), Christophe Mortagne (Don Curzio), Kseniia Proshina (Barberine), Marc Labonette (Antonio), Andrea Cueva Molnar et Ilanah Lobel-Torres (deux jeunes filles).

     



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