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CRITIQUES DE CONCERTS 26 septembre 2022

Nouvelle production d’Elektra de Strauss dans une mise en scène de Ulrich Rasche et sous la direction de Jonathan Nott au Grand Théâtre de Genève.

MĂ©canique des sentiments
© Carole Parodi

Cette Elektra est l'occasion de découvrir le travail et l'univers monumental d’Ulrich Rasche. Parfaitement soutenus par Jonathan Noft à la tête de l’OSR, les interprètes évoluent sur une structure mécanique gigantesque et vertigineuse, avec l'Elektra d'Ingela Brimberg, aux prises avec la belle Clytemnestre de Tanja Ariane Baumgartner.
 

Grand Théâtre, Genève
Le 25/01/2022
David VERDIER
 



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  • Le metteur en scène Ulrich Rasche est connu outre-Rhin, principalement dans le domaine du théâtre parlĂ©, avec un goĂ»t particulier pour les tragĂ©dies d'Eschyle (Les Sept contre Thèbes, Les Perses), Les Bacchantes d'Euripide, mais Ă©galement une rĂ©cente Elektra dans la version d'Hugo von Hofmannsthal, montĂ©e en 2019 au Residenztheater de Munich.

    Ses spectacles se distinguent par le recours à des décors monumentaux, superstructures métalliques aussi impressionnantes par leur taille que par le mouvement de rotation dont elles sont animées. Jamais auparavant le Grand Théâtre de Genève n'avait présenté un tel décor, mécanique métaphorique des rouages du destin qui broient de l'intérieur la famille des Atrides.

    De fait, Rasche reprend en l'adaptant, la structure présentée à Munich il y a deux ans. Mais les problématiques du théâtre n'étant pas exactement celles de l'opéra, on se heurte ici à des incohérences de style et de rythme qui font de ce spectacle un formidable pari inachevé. En témoignent par exemple les rotations perpétuelles qui contraignent le chœur et les solistes à chanter en gardant l'équilibre, reliés à l'axe central par une longe. Le souci de conserver une position adéquate conduit à chanter invariablement de face tout en marchant de côté. Le recours à une arrière-scène et des costumes sombres ajoute une touche d'uniformité à un univers tragique où les protagonistes ne se distinguent pas du décor.

    Tandis que les servantes évoluent dans les bas étages, Elektra, Chrysothemis et Klytämnestra occupent l'espace supérieur – espace social qui donne aux voix une puissance particulière, projetées depuis le haut de la scène. Magnifié par les éclairages de Michel Bauer, cet oppressant huis-clos impressionne par sa dimension dramatique mais déçoit par la minceur de la dramaturgie à laquelle il contraint les interprètes. Une bonne part des performances vocales est soumise à rude épreuve par ce dispositif qui limite audiblement l'interprétation.

    L'Elektra d'Ingela Brimberg possède de toute évidence les notes et l'ampleur du rôle, mais la caractérisation reste aux abonnés absents une bonne partie de la soirée – privée de la présence physique, voire animale, que confère le livret à ce personnage. Sara Jakubiak se projette davantage en Chrysothémis, capable d'aigus déchirants et d'une réelle présence, tout comme l'admirable Clytemnestre de Tanja Ariane Baumgartner, dont la voix module entre la haine rentrée et l'impuissance du désespoir. Michael Laurenz (Aegisth) réussit sa prestation, malgré une surface vocale un peu limitée dans l'aigu tandis que l'Oreste de Károly Szemerédy offre au rôle un instrument très sonore et coloré.

    Dirigeant pour la première fois au Grand Théâtre, Jonathan Nott livre une lecture acerbe et brillante, poussant l'Orchestre de la Suisse Romande dans ses retranchements avec des tempi enlevés – quitte à laisser surgir quelques scories inévitables mais qui pèsent bien peu au regard de l'engagement que mettent les musiciens pour faire hurler le drame et déchirer l'espace.




    Grand Théâtre, Genève
    Le 25/01/2022
    David VERDIER

    Nouvelle production d’Elektra de Strauss dans une mise en scène de Ulrich Rasche et sous la direction de Jonathan Nott au Grand Théâtre de Genève.
    Richard Strauss (1864-1949)
    Elektra, tragédie en un acte (1909)
    Livret de Hugo von Hofmannsthal d’après Sophocle

    Coproduction avec le Deutsche Oper am Rhein

    Chœur du Grand Théâtre de Genève
    Orchestre de la Suisse Romande
    direction : Jonathan Nott
    mise en scène et scénographie : Ulrich Rasche
    costumes : Sarah Schwartz et Romy Springsguth
    Ă©clairages : Michel Bauer
    préparation des chœurs : Alan Woodbridge

    Avec :
    Tanja Ariane Baumgartner (Clytemnestre), Ingela Brimberg (Elektra), Sarah Jakubiak (Chrysothémis), Károly Szemerédy (Oreste), Michael Laurenz (Égisthe), Michael Mofidian (Précepteur d’Oreste), Elise Bédènes (la Confidente), Mayako Ito (la Porteuse de traîne), Julien Henric (Un Jeune serviteur), Dimitri Tikhonov (un Vieux serviteur), Marion Ammann (la Surveillante), Marta Fontanals-Simmons (Première servante), Ahlima Mhamdi (Deuxième servante), Céline Kot (Troisième servante), Iulia Elena Surdu (Quatrième servante), Gwendoline Blondeel (Cinquième servante).

     



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