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CRITIQUES DE CONCERTS 18 aoŻt 2019

Le Nozze di Figaro de Mozart

Une Comtesse coréenne illumine les Noces
© Eric Mahoudeau

Belle id√©e que d'avoir fait revivre la mise en sc√®ne mythique de Giorgio Strehler pour ces Noces. Mais en l'absence du ma√ģtre du jeu sc√©nique, la magie s'est envol√©e. Heureusement, il y a l'infaillible instinct mozartien d'Armin Jordan et surtout une comtesse divine incarn√©e par Hei-Kyung Hong


 

Opéra Bastille, Paris
Le 30/11/1999
Antoine Livio (1931-2001)
 



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  • De r√©volutionnaire qu'elle nous parut, et qu'elle fut lors de la r√©ouverture du Palais Garnier, en 1973, inaugurant l'√®re Liebermann, la mise en sc√®ne de Strehler est devenue mythique. Or une mise en sc√®ne de Strehler est avant tout la cr√©ation de types, pour ne pas dire d'arch√©types. Qu'on se souvienne : tous les com√©diens qui se sont succ√©d√© dans le r√īle d'Arlecchino, dans Arlequin serviteur de deux ma√ģtres, se ressemblaient, tout comme se ressembl√®rent tous les Osmin de l'Entf√ľhrung aus dem Serail. Pourquoi n'en est-il rien dans les Nozze di Figaro, qui pourtant portent la griffe de ce ma√ģtre incontest√© du jeu sc√©nique ?

    Il revient √† Humbert Camerlo, l'honneur d'avoir restitu√© √† ce spectacle un certain style qui nous enchanta le 30 mars 1973, √† l'Op√©ra Gabriel du ch√Ęteau de Versailles. Mais force est de constater qu'un quart de si√®cle plus tard, il n'y a plus derri√®re les notes, comme derri√®re les mots, cette charge √©motionnelle et passionn√©e que Strehler y avait mise. Tout y est plus scintillant que lumineux, √©pidermique que profond.

    Armin Jordan est pour moi le seul grand h√©ritier de Solti, tel s'impose-t-il dans la fosse de l'Op√©ra Bastille, avec ce sens de la dramaturgie musicale qui porte le r√©citatif jusqu'√† l'ampleur de l'aria, qui sait moduler l'√©motion et suivre le dialogue suivant le caract√®re de chaque personnage. Aussi avec Jordan, ces ensembles si caract√©ristiques du g√©nie mozartien prennent -ils soudain une transparence, une lisibilit√© rare. Et je ne suis pas loin de croire qu'il permet ainsi √† chaque interpr√®te de se sentir au meilleur de sa forme. √Ä commencer par l'h√©ro√Įne de la soir√©e, la Contessa, cette belle et √©l√©gante Cor√©enne, Hei-Kyung Hong. La premi√®re √† me rappeler certaines inflexions de Lisa della Casa, sans doute la plus √©mouvante Comtesse de ce demi-si√®cle. Cette ligne de chant, cette respiration ineffable ont fait le vide autour d'elle. Seul Robert Tear, com√©dien et musicien pervers existe-t-il r√©ellement en Basile et Georges Gautier en Curzio. Les autres chantent juste et bien, mais on les voit peu. Il est difficile d'exister √† l'ombre d'une si grande dame, Hei-Kyung Hong ! souvenons-nous de son nom, en esp√©rant que l'avenir lui permettra de poursuivre une belle carri√®re.




    Opéra Bastille, Paris
    Le 30/11/1999
    Antoine Livio (1931-2001)

    Le Nozze di Figaro de Mozart
    Direction musicale : Armin Jordan
    Mise en scène : Giorgio Strehler/Humberto Camerlo
    Décors et costumes : Ezio Frigerio
    Avec William Shimell (Conte Almaviva), Gerald Finley (Figaro), Markus Hollop (Bartolo), Robert Tear (Don Basilio), Kristina Hammarström (Cherubino), Lynton Black (Antonio), Georges Gautier (Don Curzio), Hei-Kyung Hong (Contessa Almaviva), Juanita Lascarro (Susanna), Della Jones (Marcellina), Virginie Pochon (Barbarina).

     


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