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CRITIQUES DE CONCERTS 29 septembre 2022

Nouvelle production de Don Carlos de Verdi dans une mise en scÚne de Vincent Huguet et sous la direction de Michele Spotti au Théùtre de Bùle.

Philippe II abandonné
© Matthias Baus

Trop dĂ©coratif, semblant hĂ©siter sur les enjeux de sa lecture, jusque dans un final miĂšvre, Vincent Huguet rate sa mise en scĂšne de Don Carlos. Par bonheur, l’engagement exceptionnel de l’orchestre de Michele Spotti se communique comme le feu Ă  un plateau de grande qualitĂ© auquel ne manque qu’un meilleur français chantĂ©.
 

Theater, Basel
Le 17/02/2022
Thomas DESCHAMPS
 



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  • DĂšs le lever de rideau, les dĂ©cors de cette nouvelle production bĂąloise Ă©tonnent. Dans un style trĂšs simplifiĂ© oscillant entre celui d’un musical fifties Ă  Broadway et des dĂ©coupages de livre pop-up, ils produisent un effet apaisĂ© contredisant le drame qui doit se nouer. Ce travail surprenant de Richard Peduzzi paraĂźt du moins en phase avec l’approche largement dĂ©corative adoptĂ©e par le metteur en scĂšne Vincent Huguet.

    Avec des lumiĂšres assombries et douces, des costumes d’époques variĂ©es conçus comme des taches de couleurs, l’Espagne historique du livret est loin. Ses personnages ne se comportent pas selon leur rang : Elisabeth s’éveille dans une posture des plus familiĂšres, puis fait rire la salle lorsqu’elle finit par accepter l’union avec le pĂšre de son amant ; Philippe II porte une cuirasse romaine un peu ridicule et se fait cracher dessus par la Comtesse d’Aremberg ; Carlos est affublĂ© d’une perruque Ă©voquant de maniĂšre malencontreusement irrĂ©sistible la coiffure de Jean-Claude Drouot dans Thierry la Fronde.

    La dĂ©rision affleure souvent sans qu’on sache vraiment pourquoi, sinon pour accentuer le caractĂšre d’anti-hĂ©ros de ces figures historiques. Quelques idĂ©es comme celle de fusionner Tebaldo avec la Comtesse d’Aremberg sont astucieuses, mais fallait-il remplacer l’autodafĂ© par la suspension en cage de ladite aristocrate ? Quant Ă  la petite fille qui accompagne Elisabeth sans que l’on sache quel est son pĂšre, on ne voit pas ce que cela ajoute Ă  l’intrigue dĂ©jĂ  chargĂ©e. À la fin de l’opĂ©ra, elle part avec les deux amants, laissant Philippe seul, dans une imagerie digne d’un mĂ©chant conte pour enfants.

    Heureusement, dans la fosse, le travail de Michele Spotti prend une direction nette. Sans hĂ©sitation de style, il chauffe l’orchestre dans des couleurs Ă  blanc, brosse de maniĂšre trĂšs allante sans temps mort une partition bien plus riche que la version italienne. L’urgence qu’il y met pourrait cependant laisser la place Ă  un peu plus de respiration, Ă  l’instar du climat chambriste qu’il instille au dĂ©but du IV. Le travail avec le chƓur culmine Ă  Valladolid dans un français remarquable, ce qui n’est pas complĂ©tement le cas pour le reste du plateau.

    Seul John Chest, Rodrigue clair, Ă©lĂ©gant et sensible, maĂźtrise une prosodie il est vrai piĂ©geuse. L’accent ne quitte pas souvent Nathan Berg, mais le timbre authentique de son Philippe II lui accorde toute l’autoritĂ© requise et une complexitĂ© psychologique fascinante. Sa scĂšne face au splendide et abyssal grand inquisiteur de Vazgen Gazaryan est vertigineuse. Carlos hĂ©roĂŻque et attachant, Joachim BĂ€ckström claironne dans le haut de la tessiture mais garde Ă  tout moment une musicalitĂ© sensible.

    La longue voix trĂšs maternelle de Yolanda Auyanet occulte sans doute une part du personnage d’Elisabeth, celle de l’amante brĂ»lant passionnĂ©ment. Ce feu est en tous cas celui de l’Eboli trĂšs sĂ©duisante de Kristina Stanek, chantant hĂ©las un sabir gĂȘnant. Un plateau qui reste Ă©quilibrĂ© et crĂ©dible – un petit tour de force pour cet ouvrage dont chaque production est une aventure.




    Theater, Basel
    Le 17/02/2022
    Thomas DESCHAMPS

    Nouvelle production de Don Carlos de Verdi dans une mise en scÚne de Vincent Huguet et sous la direction de Michele Spotti au Théùtre de Bùle.
    Giuseppe Verdi (1813-1901)
    Don Carlos, opéra en cinq actes (1867)
    Livret de Joseph MĂ©ry et Camille du Locle d’aprĂšs la piĂšce de Schiller
    ChƓur du ThĂ©Ăątre de BĂąle
    Orchestre symphonique de BĂąle
    direction : Michele Spotti
    mise en scĂšne : Vincent Huguet
    décors : Richard Peduzzi
    costumes : Camille Assaf
    Ă©clairages : Irene Selka

    Avec :
    Yolanda Auyanet (Elisabeth de Valois), Nathan Berg (Philippe II), Joachim BĂ€ckström (Don Carlos), John Chest (Rodrigue, marquis de Posa), Vazgen Gazaryan (le Grand inquisiteur), Kristina Stanek (Eboli), Andrew Murphy (un Moine), Nataliia Kukhar (comtesse d’Aremberg), ÁlfeiĂ°ur Erla GuĂ°mundsdĂłttir (la voix du ciel), Ronan Caillet (le Comte de Lerme).

     



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