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CRITIQUES DE CONCERTS 16 aoűt 2022

Nouvelle production du Nez de Chostakovitch dans une mise en scène de Herbert Fritsch et sous la direction de Clemens Heil au Théâtre de Bâle.

Nez circassien
© Thomas Deschamps

La fusion entre scène et fosse est totale dans cette production du Nez de Dmitri Chostakovitch où l’on retrouve l’absurdité de la nouvelle de Gogol sans lecture imposée. Herbert Fritsch et Clemens Heil font danser et courir les chanteurs-marionnettes dont le chant atteint une expressivité satirique ébouriffante.
 

Theater, Basel
Le 18/02/2022
Thomas DESCHAMPS
 



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  • D’une structure gigogne formĂ©e de quadrilatères de couleurs sortent les premiers protagonistes. Kovaliov et son barbier aux mains puantes ne se dĂ©placent pas normalement. Ils semblent constamment chercher leur Ă©quilibre comme atteints d’une danse de Saint-Guy. Et c’est ensuite au tour de Praskovia Ivanovna et de son mari le barbier d’être frappĂ©s de mouvements comparables pendant qu’ils petit-dĂ©jeunent et trouvent le nez dans la miche de pain. En fait, ce sont tous les personnages de cette histoire hautement satirique qui ne cessent de bouger en musique. Laquelle est une succession ininterrompue de numĂ©ros oĂą l’orchestre se dĂ©chaĂ®ne.

    Le metteur en scène Herbert Fritsch a réussi avec les chanteurs une gageure, celle du mouvement en musique. Car trop souvent à l’opéra les déplacements chorégraphiés tournent au redondant ou à la répétition. Ici, le regard est captivé par un mouvement brownien qui semble en perpétuel renouvellement avec en contrepoint la structure gigogne qui bouge légèrement dans une boucle qui semble infinie.

    Des costumes emblématiques et des perruques donnant aux têtes un air de marionnettes instaurent un théâtre qui retrouve une saveur en phase avec la nouvelle de Gogol. Au contraire de la plupart de ses confrères, Fritsch ne nous assène aucune lecture sur le caractère autoritaire d’une société policière ou sur certains problèmes sexuels. L’absurde gogolien fonctionne à plein régime et c’est rafraichissant. À chacun de tirer les conclusions de cette histoire échevelée.

    Une petite trentaine de chanteurs se partagent les quelques soixante-dix rôles souvent fugitifs. Présence constante, le magnifique Kovaliov de Michael Borth attire par son chant angoissé et ses mimiques désespérées toute notre empathie amusée. Le rôle du Nez a été confié à un comédien à la silhouette intensément drolatique, sanglée dans ce qui pourrait être un uniforme de cheffe des pionniers.

    Tous les chanteurs font montre d’une extraordinaire aisance scénique et aussi d’une belle caractérisation vocale, essentielle mais difficile avec cette écriture vocale caricaturale où les notes bousculent les tessitures classiques. Depuis la fosse, Clemens Heil régule ce charivari sans lui faire perdre son essence éruptive et obtient de l’orchestre l’énergie, la virtuosité et les couleurs indispensables à cette musique de cirque.




    Theater, Basel
    Le 18/02/2022
    Thomas DESCHAMPS

    Nouvelle production du Nez de Chostakovitch dans une mise en scène de Herbert Fritsch et sous la direction de Clemens Heil au Théâtre de Bâle.
    Dimitri Chostakovitch (1906-1975)
    Le Nez, opéra en trois actes et dix tableaux (1930)
    Livret de Evguéni Zamiatine, Gueorgui Ionine et du compositeur d’après la nouvelle du compositeur
    Chœur du Théâtre de Bâle
    Orchestre symphonique de Bâle
    direction : Clemens Heil
    mise en scène et décors : Herbert Fritsch
    costumes : Victoria Bher
    Ă©clairages : Roland Edrich

    Avec :
    Michael Borth (Kovaliov), Andrew Murphy (Ivan Iakovlévitch), Jasmin Etezadzadeh (Paskovia Ossipovna, la Vendeuse de bretzels, Madame Podtotchine), Peter Tantsits (Le Sergent, un eunuque), Vuyani Mlinde (L’Employé de journal), Kark-Heinz Brandt (Ivan serviteur de Kovaliov, un conducteur, fils), Hubert Wild (Le Nez), Inna Fedorii (soprano solo dans la cathédrale).

     



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