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CRITIQUES DE CONCERTS 16 aoűt 2022

Nouvelle production d'Atys de Lully dans une mise en scène d'Angelin Preljocaj et sous la direction de Leonardo García Alarcón au Grand Théâtre de Genève.

La danse des ombres
© GrĂ©gory Batardon

Trente ans après l'iconique production Villégier, Atys revient sur une scène lyrique au Grand Théâtre de Genève, avant une reprise toute prochaine à Versailles. La tragédie lyrique de Lully bénéficie d'une mise en scène réglée par le chorégraphe Angelin Preljocaj, avec des décors de Prune Nourry et les sculptures vestimentaires de Jeanne Vicérial.
 

Grand Théâtre, Genève
Le 27/02/2022
David VERDIER
 



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  • L'ensemble dĂ©gage une impression immĂ©diate d'Ĺ“uvre d'art total, fruit d'une collaboration entre des formes artistiques pas forcĂ©ment Ă©loignĂ©es, mais dont la complĂ©mentaritĂ© peine parfois Ă  s'exprimer dans un rĂ©sultat cohĂ©rent. Le matĂ©riel chorĂ©graphique de Preljocaj est abondant et souvent envahissant, au point de crĂ©er un halo continu de gestes et qui double les mouvements des chanteurs dans un jeu d'Ă©chos qui parfois se neutralise.

    On se souvient à ce propos du Così fan tutte mis en scène à Garnier par Anna de Keersmaeker – entreprise incomplète et mitigée, principalement en raison du parasitage d'idées scéniques entre danse et chant. Angelin Preljocaj demande aux chanteurs des pas de danse et des portés qui laissent percevoir sur la durée l'écart technique qui les sépare des vrais danseurs du Ballet du Grand Théâtre de Genève.

    En métamorphosant Atys en ballet, la mise en scène fait disparaître la notion de tragique, noyée dans une esthétique du théâtre Nō, chère au chorégraphe, et que les costumes de Jeanne Vicérial soulignent franchement. La durée généreuse de l'ouvrage offre un espace mental à une méditation visuelle, au risque d'étirer le drame et les lignes narratives qui évoquent les amours contrariées d'Atys et Sangaride, jalousés par Cybèle et Célénus.

    La seconde partie étant la plus concentrée sur le plan de l'action, la mise en gestes fonctionne plus aisément, bien aidée par des effets plastiques dus aux décors de Prune Nourry. La mort d'Atys est un savant hommage aux machines baroques et aux planches d'anatomie du Grand Siècle avec ce corps mi-humain mi-végétal qui s'élève vers les cintres.

    Le plateau présente des individualités marquantes, comme le rôle-titre interprété par un Matthew Newlin au phrasé à la fois dense et incarné, composant avec la Sangaride d'Ana Quintans un duo parfaitement calibré et subtil dans le grand duo du IV. Giuseppina Bridelli campe une Cybèle tout en majesté et en distance, impulsant au rôle une caractérisation et une projection de belle tenue. Andreas Wolf en Célénus est un peu limité dans les changements de registres, aux antipodes d'un Luigi De Donato capable d'alterner Le fleuve Sangar et Le Temps avec une belle voix ténébreuse.

    La célèbre scène du sommeil fait la part belle à Nicholas Scott (le Sommeil) et Valerio Contaldo (Morphée), tandis que Gwendoline Blondeel (Doris et Iris) et Lore Binon en Flore et Mélisse offrent une belle présence. À la tête du Chœur du Grand Théâtre de Genève et d'une Cappella Mediterranea en grand effectif, Leonardo García Alarcón sublime une partition dont il connaît les méandres et les difficultés, changeant les divines longueurs en une suite ininterrompue de contrastes et d'élégances.




    Grand Théâtre, Genève
    Le 27/02/2022
    David VERDIER

    Nouvelle production d'Atys de Lully dans une mise en scène d'Angelin Preljocaj et sous la direction de Leonardo García Alarcón au Grand Théâtre de Genève.
    Jean-Baptiste Lully (1632-1687)
    Atys, tragédie lyrique en cinq actes (1676)
    Livret de Philippe Quinault d'après Ovide

    Ballet du Grand Théâtre de Genève
    Chœur du Grand Théâtre de Genève
    Ensemble Cappella Mediterranea
    direction : Leonardo GarcĂ­a AlarcĂłn
    Mise en scène et chorégraphie : Angelin Preljocaj
    décors : Prune Nourry
    costumes : Jeanne Vicérial
    Ă©clairages : Eric Soyer
    préparation des chœurs : Alan Woodbridge

    Avec :
    Matthew Newlin (Atys), Giuseppina Bridelli (Cybèle), Ana Quintans (Sangaride), Andreas Wolf (Célénus), Michael Mofidian (Idas / Phobétor / Un songe), Gwendoline Blondeel (Doris / Iris / Une divinité des fontaines), Lore Binon (Mélisse / Flore / Une divinité des fontaines), Nicholas Scott (Le sommeil / Zéphyr), Valerio Contaldo (Morphée / Dieu de Fleuve), Luigi De Donato (Le fleuve Sangar / Le Temps), José Pazos (Phantase).

     



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