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CRITIQUES DE CONCERTS 01 octobre 2022

Récital du pianiste Dmitry Masleev à la Cité de la Musique, Paris.

L’élégance de l’architecte
© Alikhan Photography

Contrastant avec une attitude réservée voire timide aux saluts, le jeu de Dmitry Masleev sonne d’une grande évidence à la Cité de la Musique, du moins nettement plus dans la musique de son pays que dans le répertoire français. Le gagnant du concours Tchaïkovski 2015 est un architecte du piano comme peu de ses confrères aujourd’hui.
 

Cité de la Musique, Paris
Le 11/03/2022
Thomas DESCHAMPS
 



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    Même Le Carnaval de février ou La Chasse de septembre ne présentent pas de contraste important avec les pièces les plus rêveuses. Leur écriture destinée aux pianistes non professionnels ne pose aucune difficulté à un pianiste du niveau de Dmitry Masleev. Le jeune Russe évite autant que faire se peut la monotonie par un jeu très allant qui caractérise au maximum les mois de cette année poétique.

    Après l’entracte, le pastiche de Ravel consacré à Borodine sonne comme un écho de l’univers feutré de la première partie. Masleev enchaîne aussitôt avec la Sonatine. Curieusement, le premier mouvement lui pose problème. Une erreur et l’équilibre nécessaire à cette écriture fait défaut. Il faut attendre Animé, le dernier mouvement, pour que le pianiste retrouve un jeu éblouissant de clarté et de perlé. L’engament est total, il manque un rien de réserve ou de pudeur à cet univers qui peut sonner plus délicat.

    Le retour à la musique slave est alors bienvenu. Comme une transition, l’Étude op. 2 n° 1 de Scriabine prépare à des phrasés plus larges. La rare transcription tirée d’un extrait du fameux ballet Spartacus offre le lyrisme le plus typique qui soit. Masleev construit cela comme un air d’opéra et s’approche ainsi du style du dernier compositeur proposé ce soir, Rachmaninov. La lecture de la Deuxième Sonate de ce dernier est emportée dans un geste d’une urgence manifeste mais qui ne sacrifie jamais la clarté.

    Avec un usage modéré des couleurs non saturées et des phrasés sobres, Dmitry Masleev présente un art de l’architecture qui non seulement fait tout entendre mais qui évite les écueils expressifs de ces pages généreuses. Le premier bis offert par le pianiste, une Étude-Tableau du même Rachmaninov prolonge cette démonstration magistrale. L’Élégie en mib mineur qui clôt à regret le récital montre alors un legato fascinant et une mesure de l’expression magistrale.




    Cité de la Musique, Paris
    Le 11/03/2022
    Thomas DESCHAMPS

    Récital du pianiste Dmitry Masleev à la Cité de la Musique, Paris.
    Piotr Ilitch TchaĂŻkovski (1840-1893)
    Les Saisons (1876)
    Maurice Ravel (1875-1937)
    À la manière de Borodine (1913)
    Sonatine (1905)
    Alexandre Scriabine (1872-1915)
    Étude op. 2 n° 1 (1887)
    Aram Khatchaturian (1903-1978)
    Adagio de Spartacus et Phrygia (1956)
    Serge Rachmaninov (1873-1943)
    Sonate n° 2 en sib mineur op. 36 (1913-1931)
    Dmitry Masleev, piano

     


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