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CRITIQUES DE CONCERTS 05 juillet 2022

Nouvelle production de Cendrillon de Massenet dans une mise en scène de Mariame Clément et sous la direction de Carlo Rizzi à l’Opéra national de Paris.

Les Converse de vair
© Monika Rittershaus

Petits et grands ont pu fêter l’entrée au répertoire de l’Opéra de Paris de la Cendrillon de Jules Massenet. Mariame Clément réussit sans doute son meilleur spectacle tandis qu’en fosse Carlo Rizzi veille avec amour sur les délicatesses de la partition et que le talent de Tara Erraught domine un plateau seulement décevant par sa diction française déficiente.
 

Opéra Bastille, Paris
Le 26/03/2022
Thomas DESCHAMPS
 



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  • Deux Ă©cueils se prĂ©sentaient face au travail de Mariame ClĂ©ment sur la Cendrillon de Massenet. En premier lieu, heurter l’image que chacun garde de ce conte parmi les plus populaires. Une image a fortiori variable tant les versions abondent de Perrault aux frères Grimm en passant par des sources plus anciennes, et tant les adaptations pullulent. En second lieu, ne pas trahir la spĂ©cificitĂ© du livret Ă©tabli par Henri Cain d’après Perrault. La metteuse en scène Ă©chappe Ă  ces deux pĂ©rils.

    Par de subtiles décalages, Mariame Clément offre une variation à la fois humoristique et émouvante de notre Cendrillon. Pour ne prendre qu’un exemple, au bal, ce n’est pas des deux sœurs que l’on rit mais de Lucette engoncée dans sa robe féérique, trébuchant à cause des talons dont elle n’a pas l’habitude, incapable aussi de suivre les danses pratiquées à la cour. Le prince repère cette débutante pas comme les autres et l’entraîne à l’écart. Une vraie rencontre se produit entre ces deux-là : le garçon exaspéré par la vacuité de l’étiquette, et la fille nature.

    Par ailleurs Mariame Clément a parfaitement compris que dans la version de Cain, la pantoufle de vair devient secondaire puisque la fée réunit les amoureux au troisième acte. Au quatrième, ladite fée s’empresse de jeter en coulisse la pantoufle malcommode à peine essayée pour revenir avec un carton à chaussures contenant des Converse à brillants !

    Depuis la fosse, Carlo Rizzi parvient à faire vivre dans l’immense salle de Bastille un ouvrage créé à Favart. Son orchestre rend parfaitement justice aux délicats assortiments instrumentaux dont la partition abonde comme pour l’arrivée du surintendant des plaisirs ou la musique magique qui accompagne la fée et les esprits. Sous sa direction, le plateau se montre particulièrement à l’aise, libre de suivre une direction d’acteur à la fois cocasse et sensible au milieu de décors situant l’action à la fin du XIXe siècle.

    Charlotte Bonnet et Marion Lebègue font deux sœurs de caractère, et pourtant pleines d’empathie pour Lucette. Lionel Lhote émeut en père attentif et protecteur. Compensant sans peine les usures d’un instrument ayant perdu son vernis, Daniela Barcellona promène sa haute silhouette de la manière la plus irrésistible qui soit, faisant de Madame de la Haltière un personnage pivot de l’intrigue. La fée de Kathleen Kim darde des aigus puissants et réconfortants comme le plus magique des baumes. Le mezzo clair d’Anna Stephany offre un prince très séducteur au vibrato bien tenu et à la musicalité précieuse pour les duos.

    Enfin, annoncĂ©e comme soprano dans le programme de salle, Tara Erraught, dont la voix de mezzo est plus sombre et plus charnue, gagne sur tous les tableaux. Actrice malicieuse et chaleureuse, elle phrase comme personne ses « vous ĂŞtes un prince charmant Â» et ne fait qu’une bouchĂ©e des vocalises au retour du bal. La seule rĂ©serve qui touche cette soirĂ©e rĂ©ellement fĂ©Ă©rique, c’est le français chantĂ© qui n’est pas du niveau de ce qu’on pourrait attendre dans une telle maison, Ă  l’exception du Roi plein de prestance de Philippe Rouillon et du Prince dĂ©cidĂ©ment charmant d’Anna Stephany.




    Opéra Bastille, Paris
    Le 26/03/2022
    Thomas DESCHAMPS

    Nouvelle production de Cendrillon de Massenet dans une mise en scène de Mariame Clément et sous la direction de Carlo Rizzi à l’Opéra national de Paris.
    Jules Massenet (1842-1912)
    Cendrillon, conte de fées en quatre actes et six tableaux (1899)
    Livret d’Henri Cain d’après Charles Perrault
    Chœurs et Orchestre de l’Opéra national de Paris
    direction : Carlo Rizzi
    mise en scène : Mariame Clément
    décors et costumes : Julia Hansen
    Ă©clairages : Ulrik Gad
    vidéo : Étienne Guiol
    préparation des chœurs : Ching-Lien Wu

    Avec :
    Tara Erraught (Cendrillon), Anna Stephany (le prince charmant), Kathleen Kim (la fée), Daniela Barcellona (Madame de la Haltière), Charlotte Bonnet (Noémie), Marion Lebègue (Dorothée), Lionel Lhote (Pandolfe), Philippe Rouillon (le Roi), Cyrille Lovighi (le doyen de la faculté), Olivier Ayault (le Surintendant des plaisirs), Vadim Artamonov (le Premier ministre).

     



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