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CRITIQUES DE CONCERTS 05 décembre 2023

Nouvelle production de Jenůfa de Janáček dans une mise en scène de Tatjana Gürbaca et sous la direction de Tomáš Hanus au Grand Théâtre de Genève.

Ardente chapelle
© Carole Parodi

Tatjana Gürbaca livre à Genève une Jenůfa de grande tenue, axée sur une dramaturgie et des décors qui font la part belle aux symboles, aux coutumes et aux interdits d'une société fermée sur elle-même. La direction de Tomáš Hanus soutient de belle manière un plateau dominé par l’affrontement entre Corinne Winters dans le rôle-titre et Evelyn Herlitzius en Kostelnička.
 

Grand Théâtre, Genève
Le 03/05/2022
David VERDIER
 



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  • Tatjana Gürbaca signe une Jenůfa articulée sur un décor aux volumes contraints et signifiants, qui souligne le rapport de cette petite société rurale de Moravie avec la spiritualité et les rites, en présentant un espace où les personnages sont prisonniers de cloisons de bois, avec comme point de fuite un immense et symbolique escalier qui s'élève vers les cintres, à la fois comme une échelle céleste ou des rangées de bancs d'église vues en perspective, avec un sommet en double pente tel une chapelle ou le moulin des Buryja.

    Évoluant sur cette structure idéale pour la projection du chœur et la lisibilité du drame, les personnages s'affrontent avec une économie de gestes qui souligne la portée des symboles – le meurtre de l'enfant, emporté hors champ par Kostelnička fuyant par le haut du décor à la fois comme une élévation et une descente aux enfers. Ce seront aussi ces plants de romarin entretenus avec soin par Laca, symbole croisé des réjouissances du mariage et du deuil de l'enfant. Le rustique bac en zinc servant de berceau deviendra également la tombe qui accueillera le petit corps et la plante aromatique comme promesse du bonheur à venir au moment où un jeune enfant apparaît in extremis, tel un petit Lohengrin débarquant du ciel pour récompenser le couple Laca-Jenůfa.

    Le plateau est dominé par la présence tellurique et habitée de Evelyn Herlitzius incarnant une Kostelnička dont la vocalité fauve et rauque rappelle inévitablement une Elektra sous tension. Jouant comme nulle autre sur les défauts de mobilité de sa ligne, elle parvient à concentrer l'attention et marque de sa présence la scène du Grand Théâtre. Face à elle, Corinne Winters réussit sa prise de rôle, capable en Jenůfa de laisser filtrer une large gamme de nuances et de sentiments, avec une projection puissante et assurée qui caractérise une psychologie qui passe de l'adolescence à l'âge adulte.

    Les rôles masculins n'échappent pas à un livret qui sous-dimensionne leur présence et leur importance morale. Le Laca de Daniel Brenna l'emporte en lyrisme et en sensibilité sur le Števa au format plus modeste de Ladislav Elgr. La Grand-mère Buryja de Carole Wilson affirme une autorité qui joue sur la pétulance des interventions, bien entourée par Michael Kraus en Stárek et Michael Mofidian dans le rôle du Maire.

    L'autre vraie surprise de cette soirée est à chercher du côté de la fosse, avec un Tomáš Hanus capable de sublimer l'Orchestre de Suisse Romande en lui donnant le relief et l'élan idéal pour que cette musique atteigne d'emblée le rang de chef-d'œuvre incontournable. Le brio et la cohérence de la petite harmonie répond à la palette expressive de cordes puissantes et affirmées. Ce travail très fin et très attentif ne pousse jamais trop haut le volume et soutient le plateau d'un bout à l'autre en ménageant des liaisons et des tensions à couper le souffle.




    Grand Théâtre, Genève
    Le 03/05/2022
    David VERDIER

    Nouvelle production de Jenůfa de Janáček dans une mise en scène de Tatjana Gürbaca et sous la direction de Tomáš Hanus au Grand Théâtre de Genève.
    Leoš Janáček (1854-1928)
    Jenůfa, opéra en trois actes (1904)
    Livret du compositeur d’après la pièce Její pastorkyňa de Gabriela Preissová

    Co-production avec le Deutsche Oper am Rhein de Düsseldorf

    Chœur du Grand Théâtre de Genève
    Orchestre de la Suisse Romande
    direction : Tomáš Hanus
    mise en scène : Tatjana Gürbaca
    décors : Henrik Ahr
    costumes : Silke Willrett
    éclairages : Stefan Bolliger
    préparation des chœurs : Alan Woodbridge

    Avec :
    Corinne Winters (Jenůfa), Daniel Brenna (Laca), Ladislav Elgr (Števa), Evelyn Herlitzius (Kostelnička), Carole Wilson (Grand-mère Buryjovka), Michael Kraus (Stárek), Michael Mofidian (Le maire), Clara Guillon (Jano), Séraphine Cotrez (Karolka).

     


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