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CRITIQUES DE CONCERTS 04 juillet 2022

Concerts de l’Orchestre philharmonique de Munich sous la direction de Daniele Gatti, avec le concours du violoniste Renaud Capuçon à la Philharmonie de Paris.

Musique des sphères
© Marco Borggreve

Remplaçant Valery Gergiev au pied levé pour les raisons géopolitiques que l’on sait, Daniele Gatti dirige la tournée des Münchner Philharmoniker dans un sublime programme symphonique. Triomphe mérité les deux soirs pour des lectures qui, depuis la fin du mandat de l’Italien à Radio France, n'ont rien perdu de leur exigence et de leur grandeur.
 

Philharmonie, Paris
Le 17/05/2022
David VERDIER
 



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  • Après le sanitaire, c'est au tour du politique de peser sur la programmation des concerts dans les salles. Ainsi cette tournée des Münchner Philharmoniker que devait diriger à l'origine leur directeur musical Valery Gergiev, exclu en raison de son positionnement personnel sur la Russie de Poutine. Une modification de calendrier a permis heureusement à Daniele Gatti d'assurer la responsabilité de ces deux programmes, remaniés aux entournures dans la mesure où la Cinquième de Chostakovich remplace la Septième initialement prévue et le sage concerto de Bruch la création de celui de Thierry Escaich.

    La première soirée débute par la Symphonie n° 29 de Mozart, œuvre dont la facture classique dissimule bien des chausse-trappes, à commencer par les nuances subito qui doivent permettre au thème de s'épanouir en variant les climats et donner à la ligne une carrure dynamique. On mesure ici le travail de précision et d'articulation qui permet au Philharmonique de Munich de faire entendre des transparences de plans qui subliment l'écriture. Cette lecture assume pleinement les qualités propres des instruments modernes, sans pour autant céder au niveau de détail et d'esprit d'une esthétique baroque.

    L'enchaînement avec la Cinquième de Chostakovitch offre un puissant contraste d'univers et de style, avec cette façon particulière que possède Gatti de libérer un feu roulant de dissonances et de rythmes acerbes représentatifs d'une lecture expressionniste. Le geste peint à fresque une matière sonore à la fois rustique et rutilante, donnant à l'Allegro non troppo la fière allure d'une chevauchée infernale. Le Finale fait éclater littéralement un déluge assez démentiel de sons qui culmine dans un fracas de cuivres et de percussions qui soulève la salle dans un triomphe ininterrompu d'applaudissements.

    Détour par le répertoire concertant le lendemain avec le Premier Concerto pour violon de Max Bruch sous l'archet de Renaud Capuçon. Le Vorspiel initial cueille à froid un soliste pris parfois en défaut d'intonation et limité à une agogique plus stricte par la battue enveloppante et volumique de Gatti. Il faut attendre l'épanchement lyrique du mouvement lent pour entendre un caractère plus naturel et contrasté, avec dans le Finale une belle énergie dans les changements de registres et les passages en doubles cordes.

    La soirée se conclut avec la grande Neuvième Symphonie d'Anton Bruckner, pierre angulaire et répertoire historique d'un orchestre passé à la postérité sous la direction de Sergiu Celibidache. Les options du Feierlich initial font entendre une identité sonore et des abimes contemplatifs qui plongent dans une tension continue pleinement assumée. Gatti repousse les limites en imposant une exigence dans le traitement des respirations et des silences qui font du tempo la focale sonore qui permet de percevoir très lisiblement toutes les frictions et les dissonances, y compris dans le massif vertigineux de la coda de ce premier mouvement.

    Enchaîné sans pause, le Scherzo est parcouru par la ponctuation vive des pizzicatos, donnant l'impression d'un temps strié et stroboscopique, en parfait contraste avec le tellurique Adagio qui s'épanche en dehors de tout cadre rythmique, avec une expansion infinie du volume et de la matière musicales. Du très grand art.




    Philharmonie, Paris
    Le 17/05/2022
    David VERDIER

    Concerts de l’Orchestre philharmonique de Munich sous la direction de Daniele Gatti, avec le concours du violoniste Renaud Capuçon à la Philharmonie de Paris.
    16 mai :
    Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
    Symphonie n° 29 en la majeur KV 201
    Dmitri Chostakovitch (1906-1975)
    Symphonie n° 5 en ré mineur op. 47
    17 mai :
    Max Bruch (1838-1920)
    Concerto pour violon n° 1 en sol mineur op. 26
    Renaud Capuçon, violon
    Anton Bruckner (1824-1896)
    Symphonie n° 9 en ré mineur
    Münchner Philharmoniker
    direction : Daniele Gatti

     


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