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CRITIQUES DE CONCERTS 12 aoűt 2022

Reprise de Faust de Gounod dans la mise en scène de Tobias Kratzer, sous la direction de Thomas Hengelbrock à l’Opéra national de Paris.

Un Faust burlesque
© Charles Duprat

La première représentation de cette production datant du confinement brille par ses qualités musicales. Sous la direction de Thomas Hengelbrock, orchestre et solistes servent avec talent la musique de Gounod. Le burlesque de la mise en scène atteint un sommet lorsque Notre-Dame flambe en quelques secondes après que Méphistophélès a jeté un mégot mal éteint à dessein.
 

Opéra Bastille, Paris
Le 28/06/2022
Thomas DESCHAMPS
 



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  • MĂ©phisto et Faust contemplant la ville depuis une balustrade de Notre-Dame de Paris : l’image superbe Ă©voque de loin une cĂ©lèbre Ă©preuve de Charles Nègre, pionnier de la photographie. Elle laisse en tout cas une impression très forte et ancre cette production dans la ville lumière. Si les deux personnages survolent Ă  plusieurs reprises Paris et ses illuminations, Tobias Kratzer et son Ă©quipe manquent de rigueur et bousculent la gĂ©ographie, tout comme ils ne raccordent pas les autres scènes Ă  la citĂ© qu’ils ont choisie.

    Le terrain de basket où joue le mauvais garçon qu’est ici Valentin ressemble furieusement à celui de West Side Story, les appartements de Faust, de Marguerite et Dame Marthe, l’un riche les autres modestes ont tous une sobriété et une élégance du Nord de l’Europe. Le comble est atteint lorsque Marguerite traumatisée par son échographie rentre en métro : la vidéo montre les couloirs avec un gros plan très #SaccageParis sur les infiltrations mais la rame dans laquelle l’héroïne prie est celle d’un tube londonien ! On se permet de conseiller au metteur en scène de jouer chaque semaine à la petite devinette de l’émission Karambolage sur Arte. Et l’on repense à une évocation parisienne autrement réussie, celle réalisée par Simon Stone pour La Traviata.

    Sur le plan dramatique, la réussite est inégale. Au crédit, une direction d’acteur juste pour les solistes, avec en exergue le personnage de Siebel, devenu clé du dénouement, magnifiquement interprété par la vibrante Emily d’Angelo. Les scènes de foule restent animées de manière triviale, rendant ridicule la boite de nuit à la fin du II. La salle rit lors de l’échographie révélant la nature démoniaque de l’enfant à naître : comme la Rosemary de Polanski, Marguerite a été violée par le démon. La logique dramaturgique n’est pas en cause mais la réalisation manque son effet ou bien s’agit-il de rire de tout car bien des ressorts de ce travail touchent au burlesque.

    Dans la fosse, Thomas Hengelbrock déploie lentement mais sans aucune lourdeur les sortilèges de la partition. L’Orchestre de l’Opéra, d’une plasticité merveilleuse, réussit autant les élégies que les éclats. On regrette les coupes monstrueuses, entre autres dans la Nuit de Walpurgis, et une réserve extrême dans l’accompagnement des airs des solistes. Benjamin Bernheim, très à l’aise jusque dans l’acmé de Salut, demeure chaste et pure, pourrait se montrer plus expressif.

    Christian Van Horn trouve justement l’équilibre en ce domaine. Si la Marthe de Sylvie Brunet-Grupposo frappe par sa manière d’alléger, le Valentin de Florian Sempey ne s’embarrasse pas de telles subtilités, allant jusqu’à couvrir sans vergogne ses partenaires dans le trio, et écrase la poésie de son personnage sous un flot de testostérone, tout comme les chœurs qui ont perdu en précision. Quant à la Marguerite d’Angel Blue, une voix plus Thulé que Bijoux, elle captive par une assise sombre et une émotion sur le souffle.




    Opéra Bastille, Paris
    Le 28/06/2022
    Thomas DESCHAMPS

    Reprise de Faust de Gounod dans la mise en scène de Tobias Kratzer, sous la direction de Thomas Hengelbrock à l’Opéra national de Paris.
    Charles Gounod (1818-1893)
    Faust, opéra en cinq actes (1859)
    Livret de Jules Barbier et Michel Carré

    Chœurs et Orchestre de l’Opéra national de Paris
    direction : Thomas Hengelbrock
    mise en scène : Tobias Kratzer
    décors et costumes : Rainer Sellmaier
    Ă©clairages : Michael Bauer
    vidéo : Manuel Braun
    préparation des chœurs : Ching-Lien Wu

    Avec :
    Benjamin Bernheim (Faust), Christian Van Horn (Méphistophélès), Florian Sempey (Valentin), Guilhem Worms (Wagner), Angel Blue (Marguerite), Emily d’Angelo (Siebel), Sylvie Brunet-Grupposo (Dame Marthe) et Jean-Yves Chilot (Faust âgé, rôle muet).

     



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