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CRITIQUES DE CONCERTS 21 octobre 2020

Nouvelles production de Orfeo ed Euridice de Gluck à l'Opéra du Rhin

Orfeo se fait doubler
© OpĂ©ra du Rhin

Original cet Orfeo ed Euridice de Gluck à l'Opéra du Rhin. L'Irlandais Michael McCaffery a tenté la transposition dans un contexte moderne (mais non exactement contemporain), en désincarnant les personnages par le recours à des doubles, dans le but de les élever au rang d'archétypes. Une lecture habile et plutôt réussie.

 

Opéra du Rhin, Strasbourg
Le 08/11/2000
Yutha TEP
 



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  • Dans cet Orfeo ed Euridice, chacun y endosse les attributs d'artistes de plus en plus isolĂ©s au sein d'une sociĂ©tĂ© moderne en proie Ă  l'anomie et Ă  la solitude (illustrĂ©e par les grands impermĂ©ables noirs de choristes et par des dĂ©cors très plastiques mais souvent glacĂ©s). Orfeo-chanteur est flanquĂ© d'un Orfeo-acteur, tandis que, incarnant l'amour dans ses deux aspects tragique et Ă©lĂ©giaque, Euridice et Amore sont jumelles, deux Marylin Monroe affublĂ©es de robes Ă  paillettes moulantes, blanche pour la douloureuse Euridice, rouge pour le sensuel Amore.

    La mise en scène multiplie par ailleurs les clins d'oeil à l'actualité récente. Par exemple, Euridice tuée par un taxi jaune suspendu à la verticale, évoque sans fard le sort de Lady Diana. Elle ressuscitera ensuite sous les traits d'une sulfureuse Marylin Monroe (Euridice, pas Lady Di !). Passé la surprise des premières minutes, cette production fait progressivement pardonner l'impression passagère de gratuité qui s'en dégage, en grande partie grâce aux magnifiques éclairages de Bruno Poet.

    Orfeo, ici la mezzo américaine Anna Burford, a donc un double, l'acteur Klaus Hassel. Ce procédé aurait pu altérer l'attention du public, mais il a surtout déchargé la chanteuse d'un jeu d'acteur toujours délicat à assumer dans cette espèce de huis clos mythologique ; et en l'occurrence, la prestation impeccable d'Hassel permet au duo de fonctionner. Anna Burford a pu alors se concentrer sur un chant dans lequel son timbre viril, sa densité sonore et son engagement ont compensé une diction un peu anémiée et des couleurs insuffisamment variées, pour dresser au final un portrait convaincant.

    La robe blanche d'Euridice sied à merveille à Hélène Le Corre, actrice habile et voix lumineuse, dont la projection domine sans problème les ensembles. Son double, Henrike Jacobs, membre des Jeunes Voix du Rhin, tire intelligemment partie de son beau physique et de sa robe d'un rouge aveuglant pour camper un Amore séducteur et espiègle, aidée en cela par un beau soprano, sûr et radieux.

    S'appuyant sur un orchestre solide et surtout, un choeur magnifiquement préparé par Ching-Lien Wu, Cyril Diederich a opté pour une interprétation romantique, avec des tempi ménageant suffisamment de confort pour les chanteurs. On regrette un manque occasionnel de pulsation, mais les beaux moments sont nombreux, à l'image d'un Che puro ciel en apesanteur.




    Opéra du Rhin, Strasbourg
    Le 08/11/2000
    Yutha TEP

    Nouvelles production de Orfeo ed Euridice de Gluck à l'Opéra du Rhin
    Choeurs de l'Opéra National du Rhin
    Orchestre Symphonique de Mulhouse
    Enfants de la Manécanterie de Schiltigheim
    Direction musicale : Cyril Diederich
    Mise en scène : Michael McCaffery
    Costumes & décors : Paul Edwards
    Lumières : Bruno Poet
    Avec Anna Burford (Orfeo), Hélène Le Corre (Euridice), Henrike Jacob (L'Amour), Klaus Hassel (Double d'Orfeo).

     


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