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CRITIQUES DE CONCERTS 05 décembre 2022

Reprise de La Flûte enchantée de Mozart dans une mise en scène de Lydia Steier, sous la direction de Joanna Mallwitz au festival de Salzbourg 2022.

Salzbourg 2022 (5) :
Concentré de magie

© Sandra Then

Nouvelle mouture de La Flûte enchantée de Lydia Steier à Salzbourg, ramassée pour le cadre réduit de la Haus für Mozart. Exit le cirque, le spectacle y resserre sa dramaturgie autour du cadre familial pour le meilleur, faisant oublier une partie musicale simplement honnête, entre une distribution à l’éclat modéré et une direction tournée vers l’extérieur.
 

Haus fĂĽr Mozart, Salzburg
Le 17/08/2022
Thomas COUBRONNE
 



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  • Repenser, retravailler, refonder. VoilĂ  une chose trop rare Ă  la scène lyrique. On signe un contrat, on travaille, on arrive au terme, et le soir de la première, la messe est dite (ChĂ©reau en parlait très bien). PrĂ©cieuse occasion donc pour le metteur en scène que de remettre son ouvrage sur le mĂ©tier, dans un monde qui aime tant les fulgurances de l’objet surgi parfait.

    Lydia Steier a l’intuition de concentrer l’action puisqu’il faut concentrer l’espace : le message initial (la guerre toujours possible, la menace totalitaire, la dialectique entre âme d’enfant salvatrice et nécessité de regarder le monde en face) y gagne en acuité dans une esthétique homogène et sans doute plus convaincante.

    La clique de clones petits bourgeois de Sarastro évolue dans une excroissance d’immeuble totalement fermée sur elle-même, tandis que mesdames leurs épouses sont assignées à la broderie et au thé – sous peine de mort : elles s’asphyxient quand la Reine de la nuit, porte-étendard de la cause féminine, leur retire leurs voilettes.

    Pamina cherche à s’extraire de ces catégories et s’offre aux épreuves sans réel assentiment d’un Sarastro qui d’ailleurs ne la prend guère au sérieux. Tout cela sous le regard du grand père (Roland Koch, qui n’efface pas le souvenir de Klaus Maria Brandauer), traumatisé par le suicide d’un amour d’autrefois et qui initie ses petits-enfants – excellents mais amplifiés, pourquoi ? – à l’obsession des adultes pour le pouvoir plutôt que l’amour (Wagner n’est pas loin).

    Sans rien ajouter à ce qui a été écrit dans ces colonnes en 2018 sur le Tamino de Mauro Peter, félicitons-nous que Tareq Nazmi ait gradé en un Sarastro antipathique aux moyens majestueux qui fait oublier Goerne. Cause perdue pour la Reine de la nuit acide et nerveuse de Brenda Rae, son trio de Dames homogène et gentiment bourgeois (de vraies domestiques) et un Monostatos épouvantable. Elle pourrait s’appuyer sur le ravissant instrument de la Pamina de Regula Mühlemann, qui se cantonne à des nuances sans risque et effleure la surface du rôle.

    C’est Papageno qui tire ses marrons du feu : l’excellent Michael Nagl y déploie un irrésistible éventail de truculence et de tendresse, virevoltant d’une joie bienfaisante, diction évidente, émission viennoise et généreuse, sans la moindre dureté et dans l’intelligence permanente du mot, véritable héros de l’aventure – puisque c’est à travers lui que Knaben et spectateurs sont invités à cultiver les fruits d’une existence paisible.

    Dommage que la direction de Joana Mallwitz, moins décapante que son prédécesseur qui manquait au moins autant de grâce, reste démonstrative, coercitive, encadrant un instrument fantasque qui ne trouve pas vraiment ici son charme : moins interventionniste, elle laisserait sans doute les sonorités des Wiener Philharmoniker s’épanouir davantage dans un ton plus intime et délicat.




    Haus fĂĽr Mozart, Salzburg
    Le 17/08/2022
    Thomas COUBRONNE

    Reprise de La Flûte enchantée de Mozart dans une mise en scène de Lydia Steier, sous la direction de Joanna Mallwitz au festival de Salzbourg 2022.
    Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
    Die Zauberflöte, Singspiel en deux actes KV 620 (1791)
    Livret d’Emanuel Schikaneder

    Konzertvereinigung Wiener Staatsopernchor
    Wiener Philharmoniker
    direction : Joanna Mallwitz
    mise en scène : Lydia Steier
    décors : Katharine Schlipf
    costumes : Ursula Kudrna
    Ă©clairages : Olaf Freese
    vidéo : Momme Hinrichs
    préparation des chœurs : Jörn Hinnerk Andresen

    Avec :
    Tariq Nazmi (Sarastro), Mauro Peter (Tamino), Brenda Rae (Königin der Nacht), Regula Mühlemann (Pamina) Ilse Eerens (Erste Dame), Sophie Rennert (Zweite Dame), Noa Beinart (Dritte Dame), Michael Nagl (Papageno), Maria Nazarova (Papagena), Peter Tantsits (Monostatos), Henning von Schuman (Sprecher / Erster Priester, Zweiter geharnischter Mann), Simon Bode (Zweiter Prister / Erster geharnischter Mann), Roland Koch (Großvater), Wiener Sängerknaben (Drei Knaben).

     



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