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CRITIQUES DE CONCERTS 29 novembre 2023

Nouvelle production de La Walkyrie de Wagner dans une mise en scène de Valentin Schwarz et sous la direction de Cornelius Meister au festival de Bayreuth 2022.

Ring Bayreuth 2022 (2) :
La guerre des sexes

© Enrico Nawrath / Bayreuther Festspiele

Dans cette Walkyrie du nouveau Ring de Bayreuth, la mise en scène de Valentin Schwarz met à jour des conflits familiaux plus resserrés aboutissant au divorce de Wotan et Fricka, sans trouver une cohérence générale. Le plateau vocal, notamment du premier acte, est assez superlatif, malgré la direction musicale toujours en demi-teinte de Cornelius Meister.
 

Festspielhaus, Bayreuth
Le 26/08/2022
David VERDIER
 



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  • Après un prologue plutĂ´t confus, Valentin Schwarz aborde La Walkyrie en explorant les conflits qui agitent la famille de Wotan. La substitution des Ă©lĂ©ments narratifs dĂ©bute dès l'ouverture avec cet arbre dĂ©racinĂ© par la tempĂŞte et Hunding cherchant Ă  rĂ©tablir le courant, symbole du dysfonctionnement de son couple. Sieglinde est (dĂ©jĂ ) enceinte, justifiant qu'elle cherchera Ă  avorter au II de cet enfant non dĂ©sirĂ© avec les moyens du bord (pĂ©nible image des aiguilles Ă  tricoter).

    La mise en scène brode par-dessus l'amour incestueux du frère et de la sœur, le conflit Wotan-Fricka. Non contente d'obtenir de lui qu'il ne protège pas Siegmund, elle ira jusqu’à affubler Brünnhilde du même tailleur collet monté dans lequel elle drape sa pudibonderie. Point d'épée mais un révolver-Notung dissimulé sous une curieuse pyramide lumineuse représentant la toute-puissance de Wotan, qu'on retrouve au III dans l'immense structure aux allures de Pyramide du Louvre où Brünnhilde ira s'endormir… tandis que Wotan divorce de Fricka en guise d'adieux sans autres flammes qu'une bougie solitaire.

    Fidèle aux codes et péripéties des séries télé, Schwarz choisit de montrer Wotan tirant à contre-cœur sur Siegmund tandis que Sieglinde s'enfuit avec le nouveau-né Siegfried. Plus contestables, ces funérailles de Freia et ce rocher des Walkyries en clinique de chirurgie esthétique. Cette volière hystérique et botoxée exhibe de vilaines traces de leur nécessaire tentative de rajeunissement, faute de pouvoir désormais manger les pommes de Freia.

    Le plateau permet en grande partie de supporter les errances de la scénographie, à commencer par un trio vocal qui embrase le premier acte. Georg Zeppenfeld n'exagère pas la noirceur de Hunding mais lui confère une belle autorité et un poids naturel. Klaus Florian Vogt illumine Siegmund sans aller chercher dans l'héroïsme de bas étage. La ligne et la puissance de Lise Davidsen font pleuvoir des aigus d'une beauté exceptionnelle, remportant tous les suffrages.

    Tomasz Konieczny signe un Wotan de tout premier plan, faisant oublier une couleur assez rustique par un engagement et un volume remarquables. La Fricka de Christa Mayer confirme les bonnes impressions de la veille, ajoutant à une ligne très soignée la faculté de rendre palpable l'ironie et le mordant du personnage. Iréne Theorin campe une Brünnhilde très prudente dans la façon de s'économiser au III pour éviter l'érosion du grave et des aigus assez raides.

    La direction de Cornelius Meister est à son meilleur dans l'acte central, revigoré par une action dramatique qui donne de la cohérence à la battue. Mais la sobriété des tempi et des plans sonores trop timorés ne permettent pas de faire décoller le I, dessinant à la pointe sèche une conclusion du III où l'émotion point mais jamais n'éclot.




    Festspielhaus, Bayreuth
    Le 26/08/2022
    David VERDIER

    Nouvelle production de La Walkyrie de Wagner dans une mise en scène de Valentin Schwarz et sous la direction de Cornelius Meister au festival de Bayreuth 2022.
    Richard Wagner (1813-1883)
    Die Walküre, première journée du festival scénique Der Ring des Nibelungen (1870)
    Livret du compositeur

    Orchester der Bayreuther Festspiele
    direction : Cornelius Meister
    mise en scène : Valentin Schwarz
    décors : Andrea Cozzi
    costumes : Andy Besuch
    Ă©clairages : Reinhard Traub
    vidéo : Luis August Krawen

    Avec :
    Klaus Florian Vogt (Siegmund), Georg Zeppenfeld (Hunding), Tomasz Konieczny (Wotan), Lise Davidsen (Sieglinde), Irene Theorin (Brünnhilde), Christa Mayer (Fricka), Kelly God (Gerhilde), Brit-Tone Müllertz (Ortlinde), Stephanie Müther (Waltraute), Christa Mayer (Schwertleite), Daniela Köhler (Helmwige), Nana Dzidzigun (Siegrune), Marie-Henriette Reinhold (Grimgerde), Katie Stevenson (Rossweisse), Igor Schwab (Grane).

     


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