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CRITIQUES DE CONCERTS 24 mars 2023

Nouvelle production de Parsifal de Wagner dans une mise en scène de Michael Thalheimer et sous la direction de Jonathan Nott au Grand Théâtre de Genève.

Bloody Friday
© Carole Parodi

Cette nouvelle production de Parsifal signée Michael Thalheimer laisse une impression d'inachevé due à une mise en scène hiératique qui fige l'action en une série de symboles traditionnels. Le plateau est dominé par Christopher Maltman et Tanja Ariane Baumgartner tandis que la direction de Jonathan Nott confond raffinements et sophistication.
 

Grand Théâtre, Genève
Le 25/01/2023
David VERDIER
 



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  • Ce Parsifal figurait en bonne place parmi les Ă©vĂ©nements de la saison 2022-2023 du Grand Théâtre de Genève. C'Ă©tait sans compter une mise en scène de Michael Thalheimer qui hĂ©site entre Regietheater musĂ©al et symbolisme didactique. La scĂ©nographie est tout entière construite sur l'insistance de la thĂ©matique du sang Ă  la fois comme souillure originelle et Ă©lĂ©ment motivique. Entre dĂ©labrement et Ă©branlement, la sociĂ©tĂ© des chevaliers du Graal s'incarne dans ce Gurnemanz cacochyme promenant sa souffrance d'un bout Ă  l'autre de la soirĂ©e en tremblant de tout son corps sur une paire bĂ©quilles. Le dĂ©cor de Henrik Ahr est Ă  l'avenant, offrant au regard de hauts murs d'oĂą ruisselle le sang et qui coulissent pour encadrer l'action.

    Progressivement, ils se divisent pour former une croix au sein de laquelle on trouve le personnage emblĂ©matique de chaque acte – Amfortas au I et III, Klingsor au II. Le sang est Ă  la fois celui des stigmates du Christ/Amfortas, mais Ă©galement la substance avec laquelle les chevaliers dessinent avec frĂ©nĂ©sie et obsession des croix et Kundry les mots du livret annonçant le « chaste fol Â» dont l'Ă©cho est ce Parsifal grimĂ© en bouffon sinistre au dernier acte.

    Le rapport du blanc au noir signe sans surprise le basculement entre Montsalvat et le jardin de Klingsor tandis que le tailleur rouge de Kundry est un rappel discret de l'hémoglobine et qu'on comprend tout de suite que le pistolet qu'elle brandit servira à tuer son maître maléfique. La mise en scène ne sollicite qu'à la marge le regard du wagnérien éprouvé et laissera sans doute le néophyte sur sa faim, avec des points d'interrogation comme ce pénible ballet de Filles-fleurs dont les protubérances évoquent de mystérieux bulbes végétaux…

    Le plateau est de meilleure qualité avec en tout premier plan la prise de rôle de Christopher Maltman en Amfortas. Le profil émacié déploie tel un arc une douleur et une incarnation véritablement pénétrantes. Le timbre est magnifique, porté par une projection et une ligne tendue impressionnante. Tareq Nazmi est un Gurnemanz un brin monolithique dans son phrasé et son expression mais soutenu de belle manière par un souffle et une tension remarquables.

    La Kundry de Tanja Ariane Baumgartner n'a pas en Kundry l'aisance et l'évidence de la Clytemnestre qu'elle chantait l'an dernier in loco. L'instrument demeure absolument convaincant dans la façon de faire éclater l'ébranlement psychologique fait de sauvagerie et de douceur confondues. Seul le Parsifal de Daniel Johansson décevra par la façon dont il laisse entendre les limites d'un ambitus qui rétrécit dans l'aigu et demeure très terne dans l'ensemble.

    La direction de Jonathan Nott joue la carte d'une lecture aérée dans le prélude mais dont la trop ostensible régularité d'expression finit par gommer toute aspérité et tout théâtre. Les moiteurs et les émolliences du II butent sur un raffinement devenu sophistication, à l'envi d'un geste à l'ampleur certes démonstrative mais totalement neutre au moment du Vendredi saint et de l'ultime rédemption.




    Grand Théâtre, Genève
    Le 25/01/2023
    David VERDIER

    Nouvelle production de Parsifal de Wagner dans une mise en scène de Michael Thalheimer et sous la direction de Jonathan Nott au Grand Théâtre de Genève.
    Richard Wagner (1813-1883)
    Parsifal, festival scénique sacré en trois actes (1883)
    Livret du compositeur

    Chœurs du Grand Théâtre de Genève
    Maîtrise du Conservatoire populaire de Genève
    Orchestre de la Suisse Romande
    direction : Jonathan Nott
    mise en scène : Michael Thalheimer
    décors : Henrik Ahr
    costumes : Michaela Barth
    Ă©clairages : Stefan Bolliger
    préparation des chœurs : Alan Woodbridge

    Avec :
    Christopher Maltman (Amfortas), William Meinert (Titurel / Deuxième chevalier), Tareq Nazmi (Gurnemanz), Daniel Johansson (Parsifal), Martin Gantner (Klingsor), Tanja Ariane Baumgartner (Kundry), Louis Zaitoun (Premier Chevalier), Julieth Lozano, Tinike van Ingelgem, Louise Foor, Valeriia Savinskaia, Ena Pongrac, Ramya Roy (Filles-fleurs), Julieth Lozano, Ena Pongrac, Omar Mancini, José Pazos (Écuyers), Ena Pongrac (une voix).

     


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