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CRITIQUES DE CONCERTS 28 novembre 2023

Nouvelle production de La Nonne sanglante de Gounod dans une mise en scène de Julien Ostini et sous la direction de Paul-Emmanuel Thomas à l’Opéra de Saint-Étienne.

Vous reprendrez bien un esquimau ?
© Cyrille Cauvet - OpĂ©ra de Saint-Étienne

Cinq ans avant le triomphe de Faust en 1859, La Nonne sanglante, pourtant plombée par un livret indigent, montre un Charles Gounod déjà au fait de son inspiration, portée par une veine mélodique inépuisable. Une rareté exhumée à Saint-Étienne (après l’Opéra Comique en 2018), et transposée ici chez les Esquimaux.
 

Opéra, Saint-Étienne
Le 30/04/2023
Florent COUDEYRAT
 



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  • Transposer l’action de La Nonne sanglante parmi la civilisation des Esquimaux ? Et pourquoi pas, après tout, puisque le livret du deuxième opĂ©ra de Gounod ne passionne guère, tant l’action y est inexistante. En choisissant une mise en scène essentiellement visuelle, aux splendides costumes traditionnels baignĂ©s d’éclairages Ă©vocateurs, Julien Ostini choisit de nous confronter au monde des glaces, symbole des rudesses sentimentales ici Ă  l’œuvre : la vengeance de la Nonne nous fait ainsi voyager entre scĂ©nographie exotique et chorĂ©graphies volontiers tribales, pendant qu’une pluie de confettis rouges envahit le sol pour figurer les meurtres anciens et Ă  venir.

    On regrette toutefois que les costumes ne permettent de différencier davantage les deux familles concurrentes réunies par le mariage, à même de mieux faire saisir les enjeux en présence. Quoi qu’il en soit, autant la séduction visuelle que la musique de Gounod, aux chœurs variés et nombreux (impeccable Chœur lyrique Saint-Étienne Loire) donnent beaucoup de plaisir tout du long.

    L’Opéra de Saint-Étienne est aussi parvenu à réunir une distribution épatante, même si Florian Laconi (Rodolphe) ne peut tout à fait faire oublier la classe vocale de Michael Spyres, entendu au Comique dans l’écrasant rôle principal. Doté d’une présence scénique ardente, le chanteur français fait valoir son expérience pour endosser les difficultés de l’émission en puissance, même si le suraigu sollicite trop le vibrato. Les parties plus mesurées le voient plus à son aise, du fait de son solide métier.

    On aime aussi le chant noble et altier de Jérôme Boutillier (Le Comte Luddorf), moins convaincant dans la fureur au début, tandis que Thomas Dear (Pierre l’Ermite) fait encore valoir ses phrasés d’une précision millimétrée, en phase avec le sérieux attendu pour son rôle. On aime aussi l’insolence lumineuse de Jeanne Crousaud (Arthur), tandis qu’Erminie Blondel (Agnès) et Marie Gautrot (La Nonne) impressionnent par leur technique et leur engagement sans faille.

    Autour de ce plateau vocal réjouissant, la direction de Paul-Emmanuel Thomas apparaît parfois trop doucereuse, mais se délecte des moindres inflexions musicales en allégeant subtilement les textures, au bénéfice d’une ligne claire et aérienne. Un travail probe et précis, qui donne beaucoup de tenue à cette exhumation lyrique, porté par un Opéra de Saint-Étienne décidément très audacieux en matière de programmation, après nous avoir régalé du rarissime Andromaque de Grétry, en début d’année.

    On espère que les incertitudes économiques nationales et internationales, rappelées par les choristes en grève au début du spectacle, ne viendront pas mettre à mal le travail remarquable mené à Saint-Étienne dans le domaine lyrique.




    Opéra, Saint-Étienne
    Le 30/04/2023
    Florent COUDEYRAT

    Nouvelle production de La Nonne sanglante de Gounod dans une mise en scène de Julien Ostini et sous la direction de Paul-Emmanuel Thomas à l’Opéra de Saint-Étienne.
    Charles Gounod (1818-1893)
    La Nonne sanglante, opéra en cinq actes (1854)
    Livret d’Eugène Scribe et Germain Delavigne d’après un épisode du Moine (1795) de Gregory Lewis

    Chœur lyrique Saint-Étienne Loire
    Orchestre symphonique Saint-Étienne Loire
    direction : Paul-Emmanuel Thomas
    mise en scène et décors : Julien Ostini
    costumes : VĂ©ronique Seymat et Julien Ostini
    Ă©clairages : Simon Trottet
    chorégraphie : Florence Pageault
    préparation des chœurs : Laurent Touche

    Avec :
    Florian Laconi (Rodolphe), Erminie Blondel (Agnès), Marie Gautrot (La Nonne), Jérôme Boutillier (Le Comte Luddorf), Jeanne Crousaud (Arthur), Thomas Dear (Pierre l’Ermite), Luc Bertin-Hugault (Le Baron Moldaw), Charlotte Bonnet (Anna), Raphaël Jardin (Fritz).

     


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