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CRITIQUES DE CONCERTS 20 février 2020

Concert Schœnberg et Beethoven par l'Orchestre Philharmonique de Radio France et son chef invité Hans Vonk .

Vendredi noir salle Pleyel

Hans Vonk

En programmant Erwartung d'Arnold Schœnberg entre Coriolan et la septième symphonie de Ludwig van Beethoven, l'Orchestre Philharmonique de Radio France et son chef Hans Vonk ne cherchaient visiblement pas à jouer les amuseurs : à Pleyel ce vendredi-là, on flirtait gentiment avec la Faucheuse.
 

Salle Pleyel, Paris
Le 17/11/2000
Mathias HEIZMANN
 



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  • Beethoven, contrairement au Schoenberg d'Erwartung laisse quelques espoirs de r√©demption. Certes, l'obsessionnel deuxi√®me mouvement de sa septi√®me symphonie h√©site entre marche au tombeau et promenade sant√© pour maniaco-d√©pressif. Mais le quatri√®me mouvement, sorte de danse extatique, brise cette atmosph√®re endeuill√©e et produit un sentiment de lib√©ration salvatrice. Erwatung, bien au contraire, est un tissu d'obsessions morbide : une femme part √† la recherche de son amant, la nuit, √† travers la for√™t, finit par trouver son cadavre et passe par tous les sentiments possible, de la peur au d√©sir, de la folie √† la col√®re.

    L'orchestre se fait terriblement suggestif : l'idée de la folie est soulignée par un matériau qui reprend, en le déformant à l'extrême, certains traits pertinents de l'écriture post romantique, et les ombres de la nuit, effrayantes et fugaces, deviennent presque palpables. Tout est conçu pour faciliter l'identification, expérience douloureuse et fascinante la fois.

    Inutile de souligner la difficult√© d'une telle partition. Pour la chanteuse tout d'abord qui doit "traverser" une masse orchestrale consid√©rable, alors que l'oeuvre exige une pr√©sence vocale quasi ininterrompue ; √† cela s'ajoute le probl√®me de l'interpr√©tation, probl√®me th√©√Ętral s'il en est. De ce point de vue, Melanie Diener a parfaitement tenu son r√īle. D√®s les premi√®res mesures, elle sugg√®re la peur avec une √©conomie de moyen remarquable, construit un personnage √† la fois fragile et abandonn√© qui, tr√®s vite, communique son d√©sespoir. Mais h√©las la voix manque d'ampleur et reste trop souvent noy√©e par l'orchestre.

    De son c√īt√©, Hans Vonk ne lui facilite pas la t√Ęche. Visiblement, sa passion du grand son lui fait oublier les vertus de l'√©quilibre : l'orchestre confond puissance et tension, la dramaturgie sonore, trop simpliste, ne parvient pas √† sugg√©rer le drame. Son Beethoven, d'ailleurs, conna√ģt les m√™mes probl√®mes : certes dynamique, parfois m√™me jubilatoire (4e mouvement de la septi√®me symphonie), il manque pourtant de myst√®re et de construction dramatique, comme si seule la qu√™te du son lui avait servi de guide. Dans les myst√©rieuses contr√©es d'outre-tombe, il en faut plus pour tracer son chemin.




    Salle Pleyel, Paris
    Le 17/11/2000
    Mathias HEIZMANN

    Concert Schœnberg et Beethoven par l'Orchestre Philharmonique de Radio France et son chef invité Hans Vonk .
    Ludwig Van Beethoven : Coriolan, Ouverture en ut mineur opus 62; Symphonie n¬į7 en la majeur, opus 92.
    Arnold Schoenberg : Erwartung, monodrame opus 17
    Orchestre Philharmonique de Radio France dirigé par Hans Vonk
    Mélanie Diener, soprano

     


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