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CRITIQUES DE CONCERTS 13 juin 2024

Nouvelle production de Saint François d’Assise de Messiaen dans une mise en scène d’Anna-Sophie Mahler sous la direction de Titus Engel à l’Opéra de Stuttgart.

Un Saint François itinérant
© Martin Sigmund

Spectacle fastueux joué dans les murs de l’opéra de Stuttgart mais aussi pour l’acte central dans un parc enchanteur au son des chants d’oiseaux. Pour autant, la mise en scène d’Anna-Sophie Mahler interroge par une vision naturaliste envahissante. Si la production est remarquablement servie au niveau musical, il y manque toute dimension spirituelle.
 

Staatstheater, Stuttgart
Le 02/07/2023
Pierre-Emmanuel LEPHAY
 



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  • C’est une production fastueuse que propose le Staatsoper de Stuttgart pour l’opus magnum d’Olivier Messiaen. DĂ©butant Ă  14h, la reprĂ©sentation s’achève de nuit Ă  22h. Le spectacle dĂ©bute au centre-ville dans le cadre habituel du Staatsoper avant que les spectateurs ne soient impeccablement transportĂ©s dans le théâtre de verdure d’un immense parc sur les hauteurs tandis que le troisième acte retourne Ă  son point de dĂ©part. L’enregistrement maison du tableau de L’Ange voyageur est Ă  Ă©couter sur un lecteur MP3 fourni Ă  chaque spectateur invitĂ© Ă  se promener dans le parc.

    L’orchestre est d’abord sur le plateau et les chanteurs à l’avant-scène, un rideau transparent permettant des projections. Le résultat n’est pourtant pas très convaincant. Les tenues de Saint François et ses compagnons font songer à une communauté hippie. Cette impression perdure toute la soirée, avec un François excentrique déambulant au milieu du public avec force sourires et clins d’œil. Le personnage prend un peu plus d’épaisseur au III avec des images superbes pour les Stigmates, sans que le rôle du chœur, plus menaçant que bienveillant, ne soit très clair.

    L’idée-force de la mise en scène est un parallèle constant avec la nature : l’Ange est ainsi une mante religieuse, l’insecte (accompagné d’immenses vidéos) paraissant là encore plus menaçant que bienveillant tandis que Saint François se transforme en papillon après sa mort, avant de s’envoler vers les cintres. Le plus ennuyeux dans cette vision naturaliste où les personnages gesticulent est l’évacuation de toute dimension spirituelle, surtout du personnage principal qui devient un garçon sympathique avec qui on prendrait un café...

    À ce titre, Michael Mayes est parfait, qui dégage une grande bonhommie. La voix est solide et le chanteur infatigable, mais il passe à côté du personnage plein de noblesse et de détachement voulu par Messiaen, en raison d’accents trop lyriques. Beate Ritter est un Ange à la voix souple, à l’aigu lumineux et à la grande tendresse en contraste avec son costume étincelant. Le Lépreux de Moritz Kallenberg fait également forte impression, tandis qu’Elmar Gilbertsson a la voix idéale pour Frère Massée face à une confrérie très homogène.

    Les chœurs du Staatsoperoper ont réalisé un travail considérable, par cœur alors que dans bien des productions, les choristes ont la partition, et offrent une prestation magnifique. L’orchestre est également de la plus belle ouvrage. Dommage qu’on l’entende si éloigné à l’acte I du fait du dispositif scénique ou de la discrète sonorisation du II. Ce n’est qu’à l’acte III que, une fois vraiment en fosse, l’orchestre fait valoir toute sa superbe. La direction de Titus Engel s’adapte remarquablement aux contraintes mais sa lecture manque parfois d’émotion et de souffle.




    Staatstheater, Stuttgart
    Le 02/07/2023
    Pierre-Emmanuel LEPHAY

    Nouvelle production de Saint François d’Assise de Messiaen dans une mise en scène d’Anna-Sophie Mahler sous la direction de Titus Engel à l’Opéra de Stuttgart.
    Olivier Messiaen (1908-1992)
    Saint François d’Assise, Scènes franciscaines en trois actes et huit tableaux (1983)
    Livret du compositeur

    Chœur et Orchestre du Staatsoper de Stuttgart
    direction : Titus Engel
    mise en scène : Anna-Sophie Mahler
    décors : Kathrin Connan
    costumes : Pascale Martin
    vidéo : Georg Lendorff
    chorégraphie : Janine Grellscheid
    Ă©clairages : Bernd Purkrabek
    préparation des chœurs : Manuel Pujol

    Avec :
    Michael Mayes (Saint François), Beate Ritter (L’Ange), Moritz Kallenberg (Le Lépreux), Danylo Matviienko (Frère Léon), Elmar Gilbertsson (Frère Massée), Gerhard Siegel (Frère Élie), Marko Špehar (Frère Bernard), Elliott Carlton Hines (Frère Sylvestre), Anas Séguin (Frère Rufin).

     


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