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CRITIQUES DE CONCERTS 13 juin 2024

Nouvelle production de Parsifal de Wagner dans une mise en scène de Jay Scheib et sous la direction de Pablo Heras-Casado au festival de Bayreuth 2023.

Bayreuth 2023 :
Wagner augmenté ?

© Enrico Nawrath

Nouvelle production de Bayreuth 2023, le Parsifal mis en scène par Jay Scheib, avec ou sans lunettes de réalité augmentée, reste un spectacle très fade et, plus étonnant, relativement convenu. Pour ses débuts dans l’abîme mystique, Pablo Heras-Casado réinvente une dramaturgie sanctionnée aux saluts, quand la distribution rafle la mise.
 

Festspielhaus, Bayreuth
Le 30/07/2023
Yannick MILLON
 



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  • Quelle usine Ă  gaz a dĂ» ĂŞtre la mise en Ĺ“uvre de la rĂ©alitĂ© augmentĂ©e pour le nouveau Parsifal de Bayreuth ! PrĂ©voir pour presque deux mille spectateurs une paire de lunettes 3D filaires tenant compte des corrections dioptriques de chacun Ă©tait en soi la promesse d’un casse-tĂŞte sans nom. Sans surprise, le festival annonçait il y a quelques semaines que seuls trois cent trente happy few seraient finalement Ă©quipĂ©s cet Ă©tĂ©, espĂ©rant doubler le nombre en 2024.

    On est donc un peu gêné du privilège au milieu de voisins de fauteuil n’ayant que leurs yeux pour regarder. Pour autant, nous aurons passé le spectacle à retirer et rechausser ces lunettes très lourdes, qui surchauffent et assombrissent la scène afin de jauger de la différence du spectacle avec et sans, dans l’attente d’une révolution visuelle promise par la démultiplication sensorielle.

    Au final, l’AR nous aura surtout fait l’effet d’un gadget. Les étoiles, arbres, cygnes transpercés, silhouettes humaines, crânes, cailloux et vols de colombes en boucle sont vite redondants ; les symboles sexuels abondent chez Klingsor, pistils et corolles de toutes formes et de toutes tailles, avant qu’un renard mal animé ne déambule au milieu de déchets plastiques au dernier acte, où un vieux tank rouillé a pris place sur scène.

    Pour le reste, dans des décors plutôt élégants en contraste avec les costumes Barbie rose pétant des Filles-fleurs et les tabliers pisseux des chevaliers, Jay Scheib ose une relation intime entre un clone de Kundry et Gurnemanz pendant le prélude, ou Parsifal brisant le Graal au tomber de rideau, mais donne le reste du livret avec une direction d’acteur quasi inexistante. Pour meubler, une caméra en direct projette certains détails scéniques sur le décor, multipliant les couches visuelles ad nauseam.

    Un vrai vent de nouveauté souffle en revanche en fosse avec Pablo Heras-Casado, qui tire constamment le dernier drame wagnérien vers d’impalpables textures debussystes. Pour autant, le débit reste plutôt mesuré, avec l’obsession constante d’éviter tout poids. Le chef espagnol, qui étire les transitions et les silences sans forcément les habiter, a beau impressionner par la perfection de sa réalisation, il n’émeut jamais, d’où sans doute les sifflets aux saluts.

    Le public n’en réservera qu’un accueil plus chaleureux à l’équipe vocale, dont des chœurs parfaitement retravaillés dans l’optique du chef, hommes sans vibrato et dames célestes jusqu’à l’évaporation, face à des Filles-fleurs assez agressives. Seul point noir, le Parsifal monolithique d’Andreas Schager, sans une miette d’évolution psychologique, qui chante en force, le vibrato élargi par une décennie de wagnérisme forcené.

    En Kundry, Elina Garanča reste prudente avec la tessiture infernale de la fin du II, mais fait entendre un matériau bien coloré dans le grave, tandis que l’Amfortas de Derek Walton expose une souffrance très consistante. Seule voix wagnérienne à l’ancienne, le Titurel d’airain de Tobias Kehrer n’entame guère les mérites du Gurnemanz plus clair et léger de Georg Zeppenfeld, d’une noblesse inouïe de la ligne, qui ne manque que d’un mi aigu moins tendu pour être l’égal des plus grands.




    Festspielhaus, Bayreuth
    Le 30/07/2023
    Yannick MILLON

    Nouvelle production de Parsifal de Wagner dans une mise en scène de Jay Scheib et sous la direction de Pablo Heras-Casado au festival de Bayreuth 2023.
    Richard Wagner (1813-1883)
    Parsifal, festival scénique sacré en trois actes (1882)
    Livret du compositeur

    Chor und Orchester der Bayreuther Festspiele
    direction : Pablo Heras-Casado
    mise en scène : Jay Scheib
    décors : Mimi Lien
    costumes : Meentje Nielsen
    Ă©clairages : Rainer Casper
    vidéo et réalité augmentée : Joshua Higgason
    préparation des chœurs : Eberhard Friedrich

    Avec :
    Derek Walton (Amfortas), Tobias Kehrer (Titurel), Georg Zeppenfeld (Gurnemanz), Andreas Schager (Parsifal), Jordan Shanahan (Klingsor), Elina Garanča (Kundry), Siyabonga Maquingo (Erster Gralsritter), Jens-Erik Aasbø (Zweiter Gralzritter), Betsy Horne (Erster Knappe), Margaret Plummer (Zweiter Knappe), Jorge Rodriguez-Norton (Dritter Knappe), Garrie Davislim (Vierter Knappe), Evelin Nowak, Camille Schnoor, Margaret Plummer, Julia Grüter, Betsy Horne, Marie Henriette Reinhold (Klingsors Zaubermädchen).

     


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