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CRITIQUES DE CONCERTS 20 juin 2024

Concert de l’Orchestre National de France sous la direction de Cristian Măcelaru, avec le concours du pianiste Evgeny Kissin au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

Douceurs russes
© Pierre Anthony

Reporté la saison passée parce qu’Evgeny Kissin s’était blessé au bras, le Troisième Concerto de Rachmaninov est bien à son programme parisien cette saison, d’une lenteur encore plus marquante que dans ses interprétations passées, avec un National de France en finesse sous la direction de Cristian Măcelaru, ensuite trop en subtilité dans la Symphonie n° 5 de Prokofiev.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 24/10/2023
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Prévu au départ pour une grande tournée en octobre 2022, où Evgeny Kissin était passé par la Philharmonie de Paris pour finalement interpréter le Concerto n° 23 de Mozart avec le Philharmonique de Radio France et Mikko Franck, le Concerto pour piano n° 3 de Rachmaninov est bien maintenu un an plus tard, cette fois au Théâtre des Champs-Élysées avec l’autre formation de Radio France, elle-même dirigée par son directeur musical.

    Toujours lent dans l’œuvre, comme le montrait déjà l’enregistrement d’il y a trente ans avec Ozawa, Kissin entre encore plus doucement dans le concerto aujourd’hui. Très construit, le geste est d’abord mesuré et prend quelques minutes avant de réussir à porter le discours, le martèlement de la fin de la cadence ne pouvant faire oublier que le pianiste est peut-être encore un peu altéré sur la fermeté du toucher.

    Accompagné par un National de France en grande formation, le pianiste russe peut totalement s’exprimer selon ses tempi et envies, suivi par un Cristian Măcelaru soucieux de s’adapter, au risque de ne pas donner parfois assez de volume. Dans la longueur de l’Allegro ma non troppo ressortent quelques grands moments, de mains croisées ou de splendeurs d’arpèges, sans que jamais la moindre note ne tombé à côté, tandis que de l’accompagnement se démarque la magie de la flûte, presque ravélienne dans ses interventions pendant les cadences.

    L’Intermezzo capte mieux la concentration, qui perdure dans le Finale, très léger, si tant est que le qualificatif puisse convenir à une œuvre qui nécessite beaucoup de puissance dans le geste. Très généreux devant les applaudissements énergiques d’une salle comble, qui fête au passage la trentième année de Kissin dans les lieux, le pianiste revient à de multiples reprises sur scène, dont deux fois pour offrir de magnifiques valses, de Tchaïkovski (Natha-Valse op. 51 n° 4) et Chopin (op. 64 n° 2).

    La deuxième partie retrouve l’orchestre au grand complet, comprimé sur la scène de l’Avenue Montaigne pour la Symphonie n° 5 de Prokofiev. Débutée tout en finesse, l’interprétation rejoint les caractéristiques de Măcelaru entendues dernièrement dans Tchaïkovski ou Bartók, loin de la grande arche, mais très soigné dans une sorte de continuité de moments. Cette approche crée encore de beaux passages, notamment dans l’Allegro marcato, mais l’absence de pression sur l’orchestre ne parvient jamais véritablement à donner de la puissance à l’interprétation, mise en défaut en outre par du flou dans les vents.

    Loin des visions soviétiques, cette symphonie de guerre composée en 1944 trouve ici légèreté et couleurs parfois bien françaises, sans que cela ne soit un contresens, mais sans non plus évoquer assez de mélancolie pour la valse empruntée au ballet Roméo et Juliette, ni exalter un Finale doucereux et sans aspérité.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 24/10/2023
    Vincent GUILLEMIN

    Concert de l’Orchestre National de France sous la direction de Cristian Măcelaru, avec le concours du pianiste Evgeny Kissin au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Sergueï Rachmaninov (1873-1943)
    Concerto pour piano n° 3 en ré mineur op. 30 (1909)
    Evgeny Kissin, piano
    Sergeï Prokofiev (1891-1953)
    Symphonie n° 5 en sib majeur op. 100 (1944)
    Orchestre National de France
    direction : Cristian Măcelaru

     


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