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CRITIQUES DE CONCERTS 14 juin 2024

Récital de Juan Diego Flórez accompagné au piano par Vincenzo Scalera à la Philharmonie de Paris.

Soufflante leçon
© Thomas Deschamps

Enrhumé, le ténor péruvien Juan Diego Flórez n’a rien lâché pour une soirée qui fut une véritable leçon de chant depuis des Arie antiche de grand style jusqu’aux airs de Rossini, Donizetti, Massenet et Verdi en passant par Mozart et Tosti. Mais une fois de plus, ce sont les bis qui montrent Flórez en parfaite communion avec le public.
 

Philharmonie, Paris
Le 04/12/2023
Thomas DESCHAMPS
 



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  • Dès la première pièce du récital, un air antique parmi les plus connus, le Caro mio ben de Giordani, la voix de Juan Diego Flórez sonne dans toute sa fraîcheur. Pourtant, le ténor paraît d’une grande nervosité. Souriant et ponctuant comme à son habitude les phrases musicales par d’amples mouvements des bras, le chanteur se met à tousser discrètement entre les strophes de Where’er you walk du Semele de Haendel. La ligne n’en est jamais entachée et garde ce style un rien détaché, hérité des grands anciens.

    Il poursuit avec une autre aria anticha, Già il sole del Gange de Scarlatti dont les circonvolutions montrent une légère crispation. Le ténor sort de scène pour revenir avec un mouchoir et se racle la gorge ostensiblement en annonçant au public qu’il est malade. Les deux airs de Don Ottavio du Don Giovanni de Mozart ne trahissent aucune faiblesse : la gestion du souffle est confondante et les vocalises détaillées avec soin.

    Le pianiste Vincenzo Scalera introduit une partie Rossini avec une bagatelle tirée des Péchés de vieillesse. Pour les airs qui suivent, Flórez se départit de la stylisation qu’il appliquait aux pièces précédentes pour apporter davantage d’inflexions théâtrales et atteindre un engagement électrisant dans Ah ! Come nascondere d’Ermione.

    Trois délicates mélodies de Tosti ouvrent de manière légère la seconde partie de soirée. Même si le ténor continue de se battre contre les mucosités, le médium de sa voix touche au cœur pour un air de Roberto Devereux de Donizetti. Scalera joue ensuite le très sucré Intermezzo de Manuel Maria Ponce, choix stylistique parfaitement incompréhensible avant deux airs de la Manon de Massenet.

    Plus que dans Ah ! Fuyez douce image, c’est dans En fermant les yeux que Flórez atteint un nouveau sommet où la voix posée sur un souffle sans fin se pare des couleurs les plus chaleureuses. Scalera joue ensuite la fameuse Valse en fa majeur de Verdi, celle que Nino Rota a magnifiée pour le film Le Guépard de Visconti. Un air de Luisa Miller conclut brillamment le programme avant que le ténor n’entame son habituelle troisième mi-temps, un rien raccourcie peut-être mais riche de cinq bis tout de même.

    Flórez ouvre insolemment avec le Core ‘ngrato de Cardillo, pour revenir avec sa seule guitare déclenchant aussitôt l’hystérie d’une partie du public : les drapeaux péruviens s’agitent et des cris vigoureux réclament Cucurrucucu Paoloma. Complètement détendu, le chanteur entonne pour remercier ses fans péruviens le superbe José Antonio de Granda.

    Un autre joyau suit : El día que me quieras de Gardel qu’il interprète avec sobriété, laissant la mélodie s’épanouir, avant de céder au public pour l’inévitable Cururrucucu de Mendez dont il tient les derniers roucoulements aussi longtemps que Lauritz Melchior faisait durer ses Wälse, Wälse ! Scalera rejoint le ténor pour un Ah ! Lève-toi soleil ! du Roméo de Gounod magnifiquement phrasé.




    Philharmonie, Paris
    Le 04/12/2023
    Thomas DESCHAMPS

    Récital de Juan Diego Flórez accompagné au piano par Vincenzo Scalera à la Philharmonie de Paris.
    Tommaso Giordani (1730-1806)
    Caro mio ben
    Georg Friedrich Haendel (1685-1759)
    Semele, HWV 58, « Where’er you walk » (1743)
    Alessandro Scarlatti (1660-1725)
    L’honestà negli amori, « Già il sole de Gange » (1679-1680)
    Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
    Don Giovanni, « Dalla sua pace » et « Il mio tesoro intanto » (1787)
    Gioachino Rossini (1792-1868)
    Pêchés de vieillesse, Bagatelle pour piano (1857-1868)
    Il signor Bruschino, « Deh ! Tu m’assisti amore » (1813)
    Ermione, « Che sorda al mesto… Ah ! Come nascondere » (1819)
    Francesco Paolo Tosti (1846-1916)
    Malia (1887)
    L’Ideale (1882)
    L’alba sepàra dalla luce l’ombra (1907)
    Gaetano Donizetti (1797-1848)
    Roberto Devereux, « Ed ancor la tremenda porta... » (1837)
    Manuel Maria Ponce (1882-1948)
    Intermezzo en mi mineur pour piano (1909)
    Jules Massenet (1843-1912)
    Manon, « En fermant les yeux » et « Ah ! Fuyez, douce image » (1882)
    Giuseppe Verdi (1813-1901)
    Valse en fa majeur pour piano (1859)
    Luisa Miller, « O fede negar potessi... » (1849)
    Juan Diego Flórez, ténor
    Vincenzo Scalera, piano

     


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