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CRITIQUES DE CONCERTS 14 avril 2024

Concert avec films de l’Orchestre de Paris sous la direction de Klaus Mäkelä à la Philharmonie de Paris.

Cinéma Inferno
© Thomas Deschamps

Du seul point de vue du dialogue supposé entre musique et image, la présentation des Ballets russes avec films projetés désole franchement. Cette démarche se réduit à une juxtaposition d’un média qui empiète sur la musique et brouille l’attention du spectateur. Pourtant, dans la pénombre, Klaus Mäkelä et son orchestre brillent de mille feux.
 

Philharmonie, Paris
Le 28/02/2024
Thomas DESCHAMPS
 



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  • Associer l’image Ă  la musique, le cinĂ©ma le fait depuis toujours avec le plus souvent une prĂ©Ă©minence naturelle de la première sur la seconde. Mettre des images sur un concert devrait relever d’un exercice très diffĂ©rent. Les trois cinĂ©astes sollicitĂ©s par le festival d’Aix-en-Provence et la Philharmonie de Paris n’ont pas du tout pris la mesure de cette inversion des rĂ´les pour accompagner le concert des trois ballets les plus fameux de Stravinski. Rebecca Zlotowski qui avait tournĂ© son film Planetarium au son de la Berceuse de L’Oiseau de feu, recycle les rushes de son long mĂ©trage.

    Au ballet très narratif, elle plaque une narration diffractée à un point qui la rend incompréhensible, troublant profondément l’écoute. Pour Petrouchka, Bertrand Mandico ne s’embarrasse pas et revendique une relecture divergente formée de deux écrans faux-jumeaux. Si le fétichisme lié au pantin se conçoit, l’inversion des genres et la dénonciation d’une violence institutionnelle ressemblent davantage à un projet personnel qu’à une illustration, même libre. Les cinéastes se montrent en outre presque tout le temps ignorants de la nature chorégraphique des œuvres avec un montage contre-intuitif des images sur la musique.

    Le dernier film, celui d’Evangelía Kranióti, ne déroge pas à ce triste constat, en alternant superbes images d’un documentaire sur la fonte des glaces et plans sur deux réfugiés (climatiques ?) coincés entre deux bretelles de boulevard périphérique. Des passages sur des fêtes rituelles au Brésil semblent davantage en rapport avec l’argument mais on n’en croit pas nos yeux lorsque la cinéaste illustre la dernière Danse sacrale par la course au ralenti (alors que la musique s’emballe) d’un homme nu transgenre dont les attributs masculins et féminins ballotent lourdement. Dans ce contexte très accaparant mais peu stimulant, on a essayé de capter l’essentiel de l’interprétation brillante des partitions par l’Orchestre de Paris sous la direction de son directeur musical.

    Dans L’Oiseau de feu, Klaus Mäkelä reprend la lecture emportée jusqu’au trivial qui n’avait que partiellement convaincu en septembre 2022. Cette succession d’effets, notamment dynamiques, peut éblouir mais écrase la finesse harmonique de l’œuvre. Le chef affine en revanche sa direction de Petrouchka. Tout en conservant l’armature rythmique insistante, il trouve plus de subtilité dans les enchaînements tandis que les admirables solos de l’orchestre gardent une grande fraîcheur. Quant au Sacre du printemps, il gagne considérablement en unité par rapport à l’automne 2022. Sans rien lâcher, Mäkelä et son orchestre de braise allient raffinement et cruauté.




    Philharmonie, Paris
    Le 28/02/2024
    Thomas DESCHAMPS

    Concert avec films de l’Orchestre de Paris sous la direction de Klaus Mäkelä à la Philharmonie de Paris.
    Igor Stravinski (1882-1971)
    L’Oiseau de feu (1910)
    Film de Rebecca Zlotowski
    Petrouchka (1911, rév. 1947)
    Jean-Baptiste Doulcet, piano
    Film de Bertrand Mandico
    Le Sacre du printemps (1913)
    Film d’Evangelía Kranióti
    Orchestre de Paris
    direction : Klaus Mäkelä

     


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