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CRITIQUES DE CONCERTS 14 juin 2024

Reprise Salomé de Strauss dans la mise en scène de Lydia Steier, sous la direction de Mark Wigglesworth à l’Opéra national de Paris.

Lise de Judée
© Charles Duprat

Lise Davidsen constitue l’événement de cette série de représentations de Salomé. Pour sa prise de rôle et sa première apparition en public sur la scène de Bastille, la soprano norvégienne fait sensation et balaie toutes les réserves que l’on peut avoir par ailleurs sur le spectacle. Son interprétation torrentielle mais nuancée est appelée à faire date.
 

Opéra Bastille, Paris
Le 09/05/2024
Thomas DESCHAMPS
 



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  • Revoir la SalomĂ© mise en scène par Lydia Steier ou se confronter Ă  des souvenirs plutĂ´t circonspects. La lecture Ă  charge de l’AmĂ©ricaine contre notre sociĂ©tĂ© (dĂ©cadente) de consommation paraĂ®t toujours rĂ©ductrice face Ă  la richesse du livret d’Oscar Wilde. Il faut toutefois reconnaĂ®tre Ă  cette reprise davantage de lisibilitĂ© avec une simplification des mouvements sur cette scène rĂ©duite, et la disparition de certains dĂ©tails certes cocasses mais inutiles, comme la valse entre les soldats et les fossoyeurs. En revanche, HĂ©rode provoque toujours les rires du public lorsqu’en retirant la culotte de SalomĂ©, il s’apprĂŞte Ă  la jeter sur le sol mais se ravise pour finalement la mettre dans sa poche.

    La direction de Mark Wigglesworth, beaucoup plus équilibrée que celle de Simone Young lors de la création de la production, constitue un atout. Cependant, de la moiteur des premières scènes, on n’entend qu’une image sonore brouillonne, la faute sans doute à l’acoustique piégeuse de la salle au milieu du parterre. Car lorsque l’écriture musicale devient plus graphique, la direction apparaît dans toute sa rectitude. Le quintette des Juifs, parfaitement mis en place, transpire l’ennui, en négation avec la situation. La Danse des sept voiles ne s’emporte pas, en négation avec le théâtre. L’ensemble est efficace et professionnel.

    Dans les petits et seconds rôles, les différents changements de distribution ne paraissent généralement pas à l’avantage de cette nouvelle série. L’équilibre du groupe des Juifs sombre, Naraboth séduit moins, Iokanaan sonne monochrome, et Hérode demeure dans un seul registre certes efficace mais assourdissant. Le cas d’Hérodiade est différent : Ekaterina Gubanova plus en voix que sa devancière, semble aussi suivre davantage la mise en scène pour un résultat d’une extrême vulgarité. Parmi les chanteurs de retour, le Page de Katharina Magiera montre en revanche une superbe progression, un épanouissement même.

    Le grand bouleversement apporté par cette reprise réside dans la prise de rôle de Lise Davidsen. Sa Salomé représente dès sa première intervention un changement de paradigme. La voix d’abord : affirmée, nuancée, jamais au maximum, impose une présence sonore évidente. L’actrice ensuite, que l’on regarde même lorsqu’elle ne chante pas, et qui parvient à changer la mièvrerie de la scène finale où elle s’élève jusqu’aux cintres dans une cage enlacée à Iokanaan, en une scène transcendante.

    Enfin, l’interprétation même du rôle, dont elle semble attiser toutes les facettes. Mi-femme mi-adolescente, la Norvégienne personnifie à la fois la révolte, la perversité, la sensualité et l’amour le plus pur. Une incarnation à ne manquer sous aucun prétexte !




    Opéra Bastille, Paris
    Le 09/05/2024
    Thomas DESCHAMPS

    Reprise Salomé de Strauss dans la mise en scène de Lydia Steier, sous la direction de Mark Wigglesworth à l’Opéra national de Paris.
    Richard Strauss (1864-1949)
    Salome, opéra en un acte (1905)
    Livret du compositeur d’après Oscar Wilde dans une traduction allemande de Hedwig Lachmann

    Orchestre de l’Opéra national de Paris
    direction : Mark Wigglesworth
    mise en scène : Lydia Steier
    décors et vidéo : Momme Hinrichs
    costumes : Andy besuch
    Ă©clairages : Olaf Freese

    Avec :
    Lise Davidsen (Salomé), Gerhard Siegel (Hérode), Ekaterina Gubanova (Hérodias), Johan Reuter (Iokanaan), Pavol Breslik (Narraboth), Katharina Magiera (Page), Matthäus Schmidlechner (Premier Juif), Éric huchet (Deuxième Juif), Maciej Kwaśnikowski (Troisième Juif), Tobias Westman (Quatrième Juif), Florent Mbia (Cinquième Juif), Luke Stoker (Premier Nazaréen), Yiogos Ioannou (Second Nazaréen), Dominic Barberi (Premier soldat), Bastian Thomas Kohl (Second soldat), Alejandro Baliñas Vieites (Un Cappadocien), Ilanah Lobel-Torres (Une esclave).

     


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