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CRITIQUES DE CONCERTS 12 juillet 2024

Concert de l’Orchestre philharmonique d’Oslo sous la direction de Klaus Mäkelä, avec le concours du violoniste Daniel Lozakovich à la Philharmonie de Paris.

Diriger n’est pas jouer
© Heikki Tuuli

Le programme Brahms offert par le Philharmonique d’Oslo et Klaus Mäkelä montre d’abord les limites du dirigé-joué qui ne peut s’appliquer avec succès à tous les concertos du répertoire dans le Double concerto pour violon et violoncelle. La Symphonie n° 1 témoigne en revanche des progrès de la formation norvégienne sous la baguette de son directeur musical.
 

Philharmonie, Paris
Le 04/06/2024
Thomas DESCHAMPS
 



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  • Est-il possible de diriger depuis le violoncelle solo le Double concerto de Brahms ? Le concert de ce soir apporte une rĂ©ponse franche Ă  cette question faussement ingĂ©nue : non. PrĂ©sentĂ© comme inscrit dans la mouvance indĂ©niablement grandissante du jouĂ©-dirigĂ©, l’exercice tentĂ© par Klaus Mäkelä trouve ici des limites Ă©videntes. Dos Ă  l’orchestre, le chef-violoncelliste ne peut donner aucune indication aux musiciens. Tout au plus peut-il se retourner par moment pour lancer des Ĺ“illades ou accompagner du corps un orchestre qui ne le regarde pas, entièrement concentrĂ© sur sa partie.

    Cette direction se réduit par conséquent au travail de répétitions et s’appuie sur l’évidente complicité réunissant le jeune Finlandais et la formation norvégienne qui se retrouve au concert sous la houlette de l’excellente premier violon, Elise Båtnes. Il en ressort coté orchestre une exécution d’une belle propreté où seul le Finale voit les vents s’octroyer un peu de liberté. Face à un effectif mesuré, le violoncelle de Mäkelä n’a qu’une présence discrète tandis que son jeu achoppe parfois sur l’intonation. L’impeccable violoniste Daniel Lozakovich s’intègre avec le maximum de délicatesse à cet exercice inutile. A fortiori, la seconde partie de concert vient magistralement démontrer tout l’intérêt d’une direction.

    Pour la Symphonie n° 1 du même Brahms, Mäkelä déploie un orchestre cette fois plantureux. L’introduction du Poco sostenuto sonne d’autant plus compacte que le Philharmonique d’Oslo se caractérise par sa discipline et une couleur d’ensemble plutôt univoque. De cette pâte presque minérale, Mäkelä va pourtant obtenir au fil des pages des inflexions remarquables que le concert Mahler donné ici même il y a deux saisons ne permettait pas d’imaginer. Sa direction nettement extravertie s’appuie sur un rubato très important ouvrant des perspectives tour à tour mystérieuses et exaltées.

    Le contrôle du son fascine jusque dans les nuances pianissimo parfaitement tenues par l’orchestre. Tout juste peut-on regretter un manque de raffinement des timbres et des couleurs restreintes dans l’Andante qui menace alors de s’appesantir. Les deux derniers mouvements trouvent les musiciens à leur meilleur. Quant au chef, il donne sa pleine mesure au Finale avec une compréhension parfaite de la construction où le retour éloquent du choral dans l’incroyable coda sonne avec une spiritualité bouleversante.




    Philharmonie, Paris
    Le 04/06/2024
    Thomas DESCHAMPS

    Concert de l’Orchestre philharmonique d’Oslo sous la direction de Klaus Mäkelä, avec le concours du violoniste Daniel Lozakovich à la Philharmonie de Paris.
    Johannes Brahms (1833-1897)
    Double concerto pour violon, violoncelle et orchestre en la mineur, op. 102 (1887)
    Daniel Lozakovich, violon
    Klaus Mäkelä, violoncelle
    Symphonie n° 1 en ut mineur, op. 68 (1876)
    Orchestre philharmonique d’Oslo
    direction : Klaus Mäkelä

     


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