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CRITIQUES DE CONCERTS 15 octobre 2019

Concert des "Paris de la musique" le 30 novembre Salle Pleyel.

Les péchés capiteux d'Angelika

Les "Paris de la musique" font cohabiter les répertoires anciens et ceux d'aujourd'hui. Au programme du 30 novembre dernier, il y avait à coté de Ibert et Weill, la création du Rittrato concertante de Jean-Louis Agobet. Mais la présence d'Angelika Kirschschlager a donné un relief inoubliable aux Péchés de Weill.

 

Salle Pleyel, Paris
Le 30/11/2000
Michel PAROUTY
 



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  • Le Rittrato concertante de Jean-Louis Agobet n'offre pas un concert au sens traditionnel du terme, mais, selon les mots de l'auteur, "un portrait de l'instrument et de l'interprète dans un dispositif concertant.". Interprète et créateur, l'époustouflant Alexandre Paley s'amuse à faire crépiter son clavier au milieu des rafales sonores déclenchées par les deux groupes de cuivres et de contrebasses se faisant face, symétriquement disposés de part et d'autres des cordes et des bois. Difficile de ne pas partager un évident plaisir de jouer qu'offre cette partition immédiatement séduisante. Autre oeuvre au programme, la Fanfare-Caprice de Dubugnon est habitée du même désir de plaire, et met tout en oeuvre pour y parvenir, que ce soit l'évidence des thèmes et les variations de timbres et de couleurs.

    Grand oublié et grand méconnu, Jacques Ibert, qui ouvre la partie "classique" du programme, vise, lui, l'émotion et le dépouillement dans sa Ballade de la geôle de Reading, que lui inspirèrent trois strophes du poème d'Oscar Wilde lues avec sobriété par Michel Blanc. Trois mouvements finement orchestrés, équilibrés, sans rien qui pèse ou qui pose ; un art très français dans sa réserve et sa pudeur, mais qui sait traduire l'angoisse, et même l'horreur de la nuit qui précède l'exécution du condamné. Entendre, en guise d'introduction, Wilde lire lui-même quelques lignes de son texte malgré la pauvreté technique du document, aide à maintenir vivace le souvenir du poète mort à Paris voici tout juste cent ans.

    C'est pourtant Kurt Weill qui fut le vainqueur de cette soirée - au passage, encore un anniversaire bien mal célébré-. Les sept péchés capitaux furent créés au Théâtre des Champs-Elysées en juin 1933. Jan Latham-Kœnig en offre une lecture plus avenante qu'agressive, escortant un quatuor vocal masculin très convaincant. Et personne ne peut résister à Angelika Kirschschlager, dont la voix conserve toujours la trace des nostalgies enfantines. L'Orchestre Philharmonique de Strasbourg semble, avec Latham-Koenig, en de bonnes mains. Précis et nerveux, il sonne bien ; un rien de souplesse en plus, et il pourra convoiter une place de choix.




    Salle Pleyel, Paris
    Le 30/11/2000
    Michel PAROUTY

    Concert des "Paris de la musique" le 30 novembre Salle Pleyel.
    Concert des "Paris de la Musique"
    Richard Dubugnon : Fanfare-Caprice op. 15 c.
    Jean-Louis Agobet : Rittrato concertante pour piano et orchestre.
    Jacques Ibert : La Ballade de la geôle de Reading.
    Kurt Weill : Les 7 péchés capitaux.
    Orchestre Philharmonique de Strasbourg
    Direction : Jan Latham-Kœnig.
    Avec Michel Blanc (récitant). Alexandre Paley (piano). Angelika Kirschschlager (mezzo sopran), Dietmar Kerschbaum, Bénédict Kobel (ténor), Georg Nigl (baryton), Karl-Friedrich Dürr (basse).

     


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