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CRITIQUES DE CONCERTS 24 octobre 2020

Récital du pianiste Jonathan Gilad au théâtre du Châtelet

Jonathan Gilad, pianiste de Vulcain

Dans le cadre du cycle des midis musicaux du théâtre du Châtelet, le pianiste français Jonathan Gilad a fait forte impression. Près d'un an après ses débuts avec l'Orchestre de Paris, le Marseillais confirme l'étendue de ses capacités techniques. Parfois au prix de concessions à la virtuosité gratuite.
 

Théatre du Châtelet, Paris
Le 29/11/2000
Stéphane HAIK
 



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  • Premier Grand Prix de la Ville de Marseille, prix spécial du jury au Concours Mozart de la Ville de Paris, premier prix du concours "Premio Mozart" pour enfants de moins de quatorze ans de Genève, enfin prix de l'Académie d'été de Salzbourg, à dix-neuf ans, le palmarès du pianiste marseillais fait rêver.

    Ajoutons à cela un premier disque chez EMI dans la collection "Debut", quelques utiles remplacements au pied levé – Barenboïm à Berlin, Pollini à Chicago -, et la boucle est bouclée : Gilad est aussi vernis qu'un Steinway de concert. Sa formation ? Depuis 1991, il suit les cours de Dmitri Bashkirov à Madrid et à Salzbourg, tout en poursuivant sa carrière de soliste. Autrement dit, le Français a patiemment appris auprès du Russe les secrets d'un jeu musclé, où tout le corps est mis à contribution bien au-delà du martèlement des doigts.

    C'est droit comme un " I " qu'il pénètre dans un foyer du théâtre du Châtelet noir de monde, salue d'une rapide inclinaison de la tête, et attaque la Sonate "La Chasse" de Mozart. La puissance digitale du Français impressionne, l'équilibre entre ses deux mains aussi : tout est pensé et pesé, dans cette course effrénée qui cherche à déchirer le tissu sonore. Le Mozart de Gilad est en effet d'une rare violence, avec des arêtes toujours saillantes. Les nuances y sont néanmoins toujours scrupuleusement respectées d'un bout à l'autre, au prix parfois de tempos trop vifs qui frôlent constamment la rupture de la logique propre à chacun des mouvements – Allegro, Adagio, Allegretto.

    L'articulation frénétique de Gilad, sa vigueur expressive et cet impérieux besoin de pourfendre des embûches techniques se marient mieux avec la Deuxième Sonate de Prokofiev: le pianiste y excelle même. Le jeu de détente/tension, si caractéristique du compositeur russe, atteint des sommets de précision millimétrique. À l'image d'ailleurs des Quatre Impromptus de Chopin, amples de son, presque gargantuesques, éloquents, mais redoutablement respectueux des véritables contrastes harmoniques, à cent lieux du Chopin trop poli et salonnard que l'on croise souvent au concert. Qui sait les prodiges que réalisera demain Jonathan Gilad, quand le pur métal pianistique dans lequel il a été forgé se sera un peu refroidi et consolidé ?




    Théatre du Châtelet, Paris
    Le 29/11/2000
    Stéphane HAIK

    Récital du pianiste Jonathan Gilad au théâtre du Châtelet
    Récital de Jonathan Gilad
    Sonate en ré majeur "La Chasse" de Mozart
    Quatre Impromptus de Chopin
    Deuxième Sonate de Prokofiev

     


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