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CRITIQUES DE CONCERTS 20 novembre 2018

Récital du pianiste Aldo Ciccolini au Théâtre des Champs Élysées.

Chopin perd son teint blême
© D.R.

Plus de 50 ans de carrière et son art n'a pas pris une ride, Aldo Ciccolini retrouvait son cher public parisien le 6 décembre dernier au Théâtre des Champs Élysée. Un programme varié qui fleurait bon la Méditerranée ; en compagnie de Clementi, Castelnuovo-Tedesco, et Granados, Chopin y a même pris des couleurs.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 06/12/2000
Pauline GARAUDE
 



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  • Le visage hiératique, Aldo Ciccolini s'installe à son piano avec cette impassibilité qu'on lui connaît. La 2e Sonate en sol mineur de Clementi ouvre son récital. D'entrée, le jeu du pianiste surprend encore par un son à la fois rugueux et solide, mais en même temps d'une limpide clarté. Le magnifique Fazioli aux basses bien timbrées et aux aigus cristallins n'est pas étranger à cette alchimie et le napolitain sait même lui arracher à volonté des intonations de clavecin.

    Changement d'univers avec la Rhapsodie napolitaine de Castelnuovo-Tedesco, dont le caractère impétueux est néanmoins nimbé de couleurs debussystes et ravéliennes. Le pianiste napolitain excelle particulièrement dans ce répertoire grâce à ses phrases fluides, le perlé du son et sa maîtrise dans la juxtaposition des plans sonores.

    Son piano caméléon est tour à tour percussif et mordant ou suave et nostalgique. Sa technique est d'ailleurs souveraine : épaules et poignets parfaitement détendus, gestes souples et amples, sonorité profonde totalement dépourvue de mièvrerie ou de sécheresse ; et surtout une articulation déliée qui gomme totalement la mécanique qui s'interpose entre ses doigts et les cordes.

    Les Goyescas de Granados semblent nées d'un pinceau de maître, avec des couleurs éclatantes comme tranchées au couteau. Son utilisation parcimonieuse de la pédale y contribue largement en créant des effets de résonances harmoniques inattendus.

    On quitte ensuite la Méditerranée pour plonger dans l'univers de Chopin. " J'adore Liszt, mais Chopin est plus élevé, surtout quand on voit l'aboutissement auquel il est arrivé dans les Mazurkas" déclarait-il récemment dans un entretien qu'il accordait à altamusica. Comme de juste, c'est probablement dans les Mazurkas qu'il a atteint le sommet de ce récital, avec un mélange d'élégance sensible et de charme mélancolique qui colle si bien à ces pièces.

    Dans la Tarentelle et le 2e Scherzo, on ne peut qu'admirer sa virtuosité éblouissante et ses ralentis qui vont à l'encontre de tout rubato racoleur. Mais n'était-ce pas joué dans un esprit un peu trop latin et ensoleillé pour Chopin ? Le public debout n'y pas songé une seconde, semble-t-il. Avec raison, et tant pis pour le teint blême de Chopin





    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 06/12/2000
    Pauline GARAUDE

    Récital du pianiste Aldo Ciccolini au Théâtre des Champs Élysées.
    Récital Aldo Ciccolini.
    Clementi : 2e Sonate en sol mineur
    Castelnuovo-Tedesco : Rapsodia Napoletana
    Granados : Los Majos enamoraods, Coloquio en la reja, Los Requiebros
    Chopin : 2 nocturnes op 62, Tarentelle op 43, 3 Mazurkas op 59, 2e scherzo.

     


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