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CRITIQUES DE CONCERTS 21 avril 2019

Le Trouvère de Verdi à la Scala de Milan.

Un Trouvère dans la fosse
© Roger Picard

Pour ouvrir l'année Verdi, la Scala de Milan a choisi Le Trouvère : un ouvrage des plus difficiles à réaliser, mais néanmoins très populaire grâce à sa richesse mélodique et au souffle épique qui l'anime. Mais face au néant scénique et à un plateau vocal unijambiste, tout le spectacle se trouvait du côté de la fosse.
 

Teatro alla Scala, Milano
Le 10/12/2000
Antoine Livio (1931-2001)
 



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  • Inspiré d'un roman baroque espagnol, l'histoire foisonne en rebondissements mélodramatiques et offre surtout des personnages fort attachants, autant de raisons pour titiller l'imaginaire de Verdi et lui inspirer des élans incomparables, autant lyriques que symphoniques.

    Par le passé, la Scala avait offert quelques productions mémorables du "Trouvère, dont celle de Visconti ne fut pas des moindres. À l'inverse, celle qu'elle vient produire est sans doute la plus laide qu'on ait jamais réalisée. Hugo de Ana, qui signe à la fois la scénographie et la mise en scène, prouve que, s'il n'est guère inspiré comme peintre, il est nul comme metteur en scène.

    Plutôt que d'opter pour un gothique espagnol qui corresponde à l'histoire, il a préféré des similis ruines romaines, murailles de pierres grises, agrémentées de colonnes grecques qui s'écartent sur d'autres murailles, dissimulées derrière un voile de tulle, sur lequel sont projetées frondaisons ou cascades !

    Ignorant la direction d'acteurs ou préférant laisser aux vedettes de la Scala le soin de se diriger elles-mêmes, il s'est concentré sur la masse chorale qu'il fait évoluer comme au beau temps du Boulevard du crime : la main sur le coeur ou sur le pommeau de l'épée, avec soudain des arrêts sur image d'un ridicule achevé !

    Toscanini n'a-t-il pas dit que pour le Trouvère, il suffit de choisir les quatre plus grands chanteurs : conclusion, ils ne sont pas à la Scala. Leo Nucci de sa si belle et longue carrière ne possède plus qu'un rien de vaillance qu'il force un peu trop, et Salvatore Licitra, qui n'a pas encore fait carrière, risque bien de n'en jamais faire : ses aigus sont pénibles et ses graves inexistants.

    Quant à sa ligne de chant
    Heureusement les dames sauvent l'honneur : Barbara Frittoli, sans être la grande Léonore que furent Léontyne Price ou Maria Callas, n'en est pas moins une belle actrice dont le jeu et la voix s'étoffent au fil des scènes. Son grand air, au pied de la tour où est emprisonné Manrico, est un moment d'intense émotion.


    Enfin l'Azucena de Violeta Urmana remporte la palme, et l'adhésion du public. Elle est inoubliable de musicalité et de jeu, car son expression est renforcée par une belle intériorité. Voici une artiste d'exception : elle qui fut voici quelques mois une des grandes Kundry de Bayreuth, s'impose en fabuleuse héroïne de Verdi : elle séduisit dans Nabucco, elle triomphe dans Le Trouvère.

    Cette année, Riccardo Muti a présenté une nouvelle édition critique de la partition qui a été très contestée. Il s'est néanmoins montré souverain à la tête de la grande valeur sûre et pérenne de la Scala : son orchestre. Il en tire des sonorités rares qu'il se plaît à souligner tantôt par quelques effets faciles, tantôt par des silences éloquents.

    C'est le chaud-froid perpétuel, les oppositions, les ruptures de tons, puis des gradations d'une sensibilité folle, où la petite harmonie rivalise avec les cordes, pour atteindre la plénitude fauve des cuivres qui remplacent à eux seuls tous les décors mal peints de Hugo de Ana. Quand un orchestre devient spectacle, à la fois couleurs et drame : on est à la Scala !




    Teatro alla Scala, Milano
    Le 10/12/2000
    Antoine Livio (1931-2001)

    Le Trouvère de Verdi à la Scala de Milan.
    Il Trovatore de Giuseppe Verdi
    Drame en quatre actes de Salvatore Cammarano

    Direction musicale : Riccardo Muti
    Direction du choeur : Roberto Gabriani
    Mise en scène, décors et costumes : Hugo de Ana

    Avec Barbara Frittoli (Leonora), Violeta Urmana (Azucena), Tiziana Tramonti (Inès), Leo Nucci (il Conte di Luna), Salvatore Licitra (Manrico), Giorgio Giuseppini (Ferrando), Ernesto Gavazzi (Ruiz), Ernesto Panariello (un vecchio zingaro), Francesco Biasi (un messo).

     


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