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CRITIQUES DE CONCERTS 21 mai 2019

Carmen de Georges Bizet au Grand Théâtre de Genève.

Carmen s'emmêle le Caudillo
© Nicolas Lieber

Pour son chef-d'oeuvre Carmen, Georges Bizet avait déjà sensiblement trahi l'Espagne des contrebandiers, ouvriers et gitans de la nouvelle de Mérimée. Pour sa dernière production du siècle, le Grand Théâtre de Genève a choisi de déplacer l'action dans l'Espagne de Franco, non sans éviter certains clichés. Chronique d'un ratage.
 

Grand Théâtre, Genève
Le 15/12/2000
Sylvie BONIER
 



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  • Posons d'emblée trois circonstances atténuantes pour essayer de sauver la Carmen qui déroule ses tristes charmes au Grand Théâtre de Genève.
    D'abord, c'est, selon les termes mêmes de Renée Auphan (qui préside à la pro-grammation du théâtre) une oeuvre facile à rater. Ensuite, le projet du décora-teur Roland Aeschlimann a été abandonné (trop esthétique, trop abstrait pour des fêtes) et il a fallu faire vite. C'est le directeur technique Jacques Ayrault qui a finalement été désigné pour parer à ce changement de donne. Enfin, le chef Alain Lombard a déclaré forfait au dernier moment, remplacé au pied levé par Cyril Diederich.

    De ces trois premiers faits, on peut se dire qu'ils constituent des aléas com-préhensibles. Pour les choix qui leur font suite, c'est une autre affaire. Sur le pari de donner sa chance à l'assistant de mise en scène des lieux depuis 1993, là encore, il y a matière à discussion. Passe ou casse. Le jeune Christian Räth a voulu inscrire l'oeuvre dans le contexte économique et politique du franquisme. Excepté les costumes militaires de Jean-Pierre Capeyron, rien ne dépasse le seuil des simples images. Dans lesquelles s'incrustent des cigarières en talon aiguille et décolletés de foire du pire effet. Faut-il à ce point manquer d'imagination pour tomber si facilement dans les pièges de la séduction de bas étages ?


    Cet alignement d'attitudes aguichantes dessert particulièrement Sara Fulgoni, voix sombre et personnalité racée, qui se déhanche maladroitement et écarte les jambes, les bras ballants, à longueur de spectacle aux tziganeries de bazar. Le Don José coincé de Jon Ketilsson et l'Escamillo primaire de Jorge Lagunes achèvent de composer un trio de passion bien terne. Seules Micaela (Rachel Harnisch), Frasquita (Chistine Buffle) et Mercedes (Delphine Haidan) tirent les bonnes cartes de ce jeu pipé, sur un Orchestre de la Suisse Romande dirigé platement et des choeurs d'une mollesse épuisante. La fête attendra le prochain millénaire.




    Grand Théâtre, Genève
    Le 15/12/2000
    Sylvie BONIER

    Carmen de Georges Bizet au Grand Théâtre de Genève.
    Carmen de Georges Bizet.
    Orchestre de la Suisse Romande
    Direction musicale : Cyril Diederich.
    Mise en scène : Christian Räth.
    Décors : Jacques Ayrault.
    Costumes : Jean-Pierre Capeyron.
    Avec Sara Fulgoni (Carmen), Rachel Harnisch (Micaela), Christine Buffle (Fras-quita), Delphine Haidan (Mercedes), Jon Ketilsson (Don José), Jorge Lagunes (Escamillo), Antoine Garcin (Zuniga), David Grousset (Morales), Laurent Alvaro (Le Dancaïre), Jean-Louis Meunier (Le Remendado), Primitivo Daza (danseur de flamenco).

    Jusqu'au 31 décembre 2000 au Grand Théâtre de Genève

     


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