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CRITIQUES DE CONCERTS 23 février 2019

Nikolaï Lugansky aux Concerts du Dimanche matin du Théâtre du Châtelet.

Préludes aux midis d'un fauve
© Xavier Lambours

Nikolaï Lugansky

Son enregistrement des Études de Chopin lui vaut d'être déjà considéré comme l'un des plus talentueux pianistes de sa génération. Nikolaï Lugansky jouait justement l'intégrale des Préludes du maître polonais aux midis du Théâtre du Châtelet, mais le concert débuta avec une sonate de Beethoven un peu taciturne.
 

Théatre du Châtelet, Paris
Le 10/12/2000
Pauline GARAUDE
 



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  • Brillant élève de Tatiana Nicolaïeva, Nikolaï Lugansky est décidément un fauve du clavier à l'étonnante maîtrise et à la virtuosité dénuée d'esbroufe. À écouter son dernier disque, son jeu paraît en même temps léger, corsé, équilibré et dense. Toutefois, lors du concert donné au théâtre du Châtelet, en ce mois de décembre, ces qualités ne sont pas revenues immédiatement.

    Il a fallu attendre le 8e Prélude de Chopin, soit après 30 minutes de concert, pour que Lugansky paraisse en pleine possession de ses moyens. Une certaine raideur dans les bras et dans l'articulation se ressent dans la sonate de Beethoven qui introduit le concert. Le phrasé y est quelque peu monotone et il aborde le prestissimo nerveusement en tapant ses basses.

    Dans le dernier mouvement en forme de variations - où le compositeur multiplie sur la partition les indications cantabile, espressivo ?, sa main droite habituellement si souple semble engoncée dans un plâtre invisible. Seule la 5e variation, la plus " violente " et la plus difficile techniquement, à l'air d'échapper à cette coquille handicapante.

    Avec les Préludes de Chopin, un autre pianiste est sur scène, cette fois totalement libéré. Ses mains volant fiévreusement au-dessus du clavier délivrent des basses grondantes et des aigus cristallins qui exacerbent le chant. La pulsation rythmique a beau être accusée, elle n'est jamais envahissante.

    Dans les Préludes, où ressort le "spleen" qui hante alors le compositeur pendant son séjour à Majorque, le pianiste adopte un ton confidentiel, à mi-voix. Mais la douceur des notes ne masque pas la douleur contenue dans la mélodie, au contraire, elle jette du sel sur des plaies vives. Nikolaï Lugansky est clairement chez lui dans l'univers de Chopin, et on oublie vite que l'idée de préluder aux Préludes avec Beethoven n'était sans doute pas bonne.




    Théatre du Châtelet, Paris
    Le 10/12/2000
    Pauline GARAUDE

    Nikolaï Lugansky aux Concerts du Dimanche matin du Théâtre du Châtelet.
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