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CRITIQUES DE CONCERTS 14 juillet 2020

Concert du pianiste Krystian Zimerman avec l'Orchestre de Paris.

Krystian Zimerman l'incorruptible
© czaplinski

En l'entendant jouer Brahms, Rubinstein le décréta brahmsien. On l'avait cru auparavant spécialiste de Chopin, puis de Liszt, Mozart, Szymanowski
Avec le recul, on sait maintenant que Krystian Zimerman est l'un des meilleurs spécialistes du piano, tout court. Et ses incursions parisiennes sont trop rares pour que l'on puisse en manquer une seule.

 

Salle Pleyel, Paris
Le 22/12/2000
Michel PAROUTY
 



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  • En entendant Krystian Zimerman faire surgir les premiers accords du Maestoso initial des profondeurs du piano, imperceptiblement, d'abord, puis de plus en plus fort, jusqu'à l'explosion, on sait, dès les premières mesures, que ce Concerto n°2 de Rachmaninov ne sera pas comme les autres, qu'on y cherchera en vain les épanchements pseudo-romantiques dans lesquels il est si facile de se complaire tant cette partition s'est compromise, depuis le Brève rencontre du cinéaste David Lean, en servant de fond sonore à bon nombre d'amours malheureuses.

    Zimerman en exprime la force, avec une violence quasi tellurique qui contraste avec la douceur et le velouté du toucher. Pas question de beau son, ici, même dans l'Adagio, pas question d'alanguissement, alors que Zdenek Macal a tendance à étirer les tempos, et encore moins de virtuosité qui tourne à vide ; si l'on peut évoquer Liszt, c'est davantage dans l'optique d'une frénésie magistralement domptée qu'en se référant à un lyrisme échevelé.

    On sent, dans le jeu de Zimerman, une pensée musicale intense, un incorruptible refus du laisser-aller, de l'effet, de l'ostentation. Sa vision est délibérément sombre, mais illuminée par un feu intérieur irrésistible, qui rend encore plus prenante l'ultime modulation majeur/mineur, amenée non comme un coup de théâtre mais comme une nécessité.

    La Symphonie n°7 de Dvorak affiche ouvertement ses affinités germaniques et l'admiration que portait son auteur à l'oeuvre de Johannes Brahms. Le premier mérite de Zdenek Macal, et non le moindre, c'est de ne pas l'alourdir, de choisir des phrasés souples et déliés, de faire chanter les thèmes et de ne jamais assombrir les couleurs inutilement.

    Il sait donner au Poco adagio solennité et recueillement sans verser dans l'emphase, retrouver, dans le troisième mouvement, Scherzo-Vivace, esprit populaire, verve chorégraphique et accents héroïques dans le final. Le plus déconcertant demeure, toutefois, sa gestique, quelque peu maniérée, alors que sa direction séduirait plutôt par sa franchise. Ce dont on ne peut douter, en revanche, c'est de son entente avec un Orchestre de Paris visiblement en forme pour son dernier concert du siècle.




    Salle Pleyel, Paris
    Le 22/12/2000
    Michel PAROUTY

    Concert du pianiste Krystian Zimerman avec l'Orchestre de Paris.
    Serge Rachmaninov : Concerto pour piano n° 2.
    Anton Dvorak : Symphonie n° 7.
    Orchestre de Paris
    Drection Zdenek Macal
    Krystian Zimerman (piano)

     


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