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CRITIQUES DE CONCERTS 24 septembre 2020

L'ensemble Diabolus in Musica à l'Église St-Etienne-du-Mont de Paris.

Six diables pour une Messe

Diabolus in Musica, soit "Diable en musique", désigne l'aversion qu'éprouvaient les oreilles médiévales pour l'intervalle de quarte augmentée (par exemple : fa-si bécarre). C'est aussi le nom d'un jeune ensemble conduit par Antoine Guerber qui poursuit une ascension patiente vers les sommets du chant sacré ancien.
 

Eglise St-Etienne-du-Mont, Paris
Le 22/12/2000
Roger TELLART
 



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  • Diabolus in Musica pour le nom, mais Deus in Ecclesia quant au résultat ! Ici, pas de vedettariat, mais un travail exigeant, obstiné, vers ce qu'a pu être le quotidien musical à l'ombre des sanctuaires et des monastères.

    Dernier témoignage de cette stimulante aventure liturgique : la Missa Magna que les six chantres de Diabolus in Musica viennent de ranimer en l'église Saint-Etienne-du-Mont, à l'approche de Noël. Une Missa Magna telle qu'elle aurait pu être entendue en la Chapelle des Papes français en Avignon au XIVe siècle.

    Certes, cette période de l'histoire religieuse n'a pas très bonne réputation dans les manuels et chez les poètes (cf. Pétrarque). Cependant, elle coïncide avec un moment béni de la musique et des arts sur les bords du Rhône. De nouveaux principes d'écriture apparaissent alors, qui imposeront in situ la Messe polyphonique chère aux compositeurs de l'Ars Nova (Philippe de Vitry ou Guillaume de Machaut en sont les plus fameux représentants).

    Bien sûr, cette Missa Magna, destinée à la fête de la Nativité, n'est pas une oeuvre homogène, mais une reconstitution qui emprunte à des sources diverses, n'excluant pas les rencontres avec le style précédent de l'Ars Antiqua (dans le droit-fil de Pérotin). Pourtant, ces rencontres ne sont pas synonymes de disparate mais engendrent au contraire une heureuse impression d'unité, et même d'unanimité.

    C'est là la force de la présente équipe : un élan collectif qui dépasse l'incertaine notion d'authenticité pour triompher dans le Credo du Manuscrit d'Apt : un vrai "standard" (au sens jazzistique) de l'Ars Nova avec ses joutes métriques et dynamiques si proches de la Messe de Machaut.

    Devant cette ferveur qui embrase et chavire l'ouïe, on oubliera quelques petits dysfonctionnements dans le cheminement contrapuntique et la précision des attaques. Chose on ne peut plus pardonnable, étant donné la difficulté d'exécution de ce répertoire virtuose qui était réservé à une caste très fermée de Chantres imbus de leur art et avares de leur savoir-faire.




    Eglise St-Etienne-du-Mont, Paris
    Le 22/12/2000
    Roger TELLART

    L'ensemble Diabolus in Musica à l'Église St-Etienne-du-Mont de Paris.
    Missa Magna : Messe de Noël à la Chapelle papale d'Avignon (XIVe siècle).
    Ensemble Diabolus in Musica : Raphaël Boulay, ténor / Olivier Germond, ténor / Antoine Guerber, ténor et direction / Jean-Paul Rigaud, baryton / Emmanuel Vistorky, baryton-basse / Philippe Roche, basse.

     


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