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CRITIQUES DE CONCERTS 06 décembre 2019

Capriccio de Strauss en version de concert au Théâtre des Champs-Élysées.

Felicity Lott deux fois Comtesse

Deux orchestres de radio ont donné le Capriccio de Richard Strauss en version de concert. L'Orchestre national de France dirigé par Gustav Kuhn et l'Orchestre symphonique de la Radio de Stuttgart (SWR) avec Georges Prêtre. Les deux ayant choisi Dame Felicity Lott en Comtesse, Altamusica a tenté un comparatif périlleux.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 15/12/2000
Antoine Livio (1931-2001)
 



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  • Si les versions concertantes d'oeuvres lyriques souffrent souvent de l'absence de dimension visuelle, si essentielle pour certaines oeuvres, il n'en est rien pour Capriccio, puisqu'il s'agit d'une "conversation en musique" qui tourne autour de la question primordiale dans l'univers opératique : qu'y a-t-il de plus important, les paroles ou la musique ?

    Lorsque l'Orchestre national de France s'est présenté au Théâtre des Champs-Élysées, sous la conduite de Gustav Kuhn (remplaçant en dernière minute Pinchas Steinberg), le public a pu constater que la distribution était presque semblable à celle de l'enregistrement de Georges Prêtre (édité chez Forlane 268052), à quelques exceptions près : Dietrich Henschel remplaçant Thomas Allen dans le rôle du frère de la comtesse Madeleine, et le ténor Jörg Schneider tenant le rôle du compositeur Flamand, à la place de Gregory Kunde, ce qui déséquilibrait quelque peu le rapport entre les deux amoureux de Madeleine, le poète étant toujours le même et sensible Stephan Genz.

    Si l'Orchestre National de France possède des solistes d'une très grande qualité - ils sont si importants dans cet ouvrage -, le SWR en revanche apporte une cohésion, une fusion des timbres, et des coloris d'une sensualité sonore tout à l'honneur de Georges Prêtre. Passé maître dans ce répertoire, Prêtre a su apporter un soin tout particulier au parfum de marivaudage voulu par les auteurs (le chef d'orchestre Clemens Kraus et le compositeur Strauss lui-même) qui ont choisi de situer l'oeuvre dans un château de la banlieue parisienne. Gustav Kuhn, autrichien de naissance et de formation, mit lui l'accent sur le phrasé straussien.

    Mais il est certain que la présence de Felicity Lott dans le rôle de Madeleine rapproche les deux réalisations. Elle en est l'âme et le pivot. C'est autour d'elle que tout tourne, en fonction d'elle que tous s'agitent et rivalisent d'excellence. Son élégance naturelle, sa classe et sa grâce s'accordant avec une musicalité rare, tout en elle donne le ton : un peu plus, elle dirigerait l'ouvrage (!) puisque c'est elle qui se pose la question : qui doit dominer ? la musique ou la poésie
    qui doit-elle aimer le poète ou le compositeur ? Mais la Comtesse préfère rester seule, s'accompagnant à la harpe pour chanter le sonnet du poète Olivier que Flamand a mis en musique, jusqu'à l'instant où le maître d'hôtel vient lui annoncer que le souper est servi.

    À souligner deux prestations exceptionnelles : celle d'Iris Vermillon en Mlle Clairon, subtile et frémissante, et celle de Günther von Kannen, en Laroche, le directeur d'opéra qui, dans un monologue célèbre, remet les pendules à l'heure et les auteurs à leur place ! Et je dois avouer une préférence pour Peter Keller qui a campé au Théâtre des Champs-Élysées un Monsieur Taupe (le souffleur) d'une réelle drôlerie. Mais c'est en définitive à Georges Prêtre que revient la palme ! et évidemment à Felicity Lott qui réussit la prouesse d'être à la fois si française d'esprit, en étant à la perfection straussienne de style et de prononciation.


    Théâtre des Champs--Elysées 14 et 16 décembre 2000 versus CD Forlane – N°268052 SWR " RSO

    La Comtesse--Felicity Lott--Felicity Lott
    Le Comte--Dietrich Henschel--Thomas Allen
    Flamand--Jörg Schneider--Gregory Kunde
    Olivier--Stephan Genz--Stephan Genz
    La Roche--Günther von Kannen--Günther von Kannen
    La Clairon--Iris Vermillon--Iris Vermillon
    Monsieur Taupe--Peter Keller--Oskar Pürgstaller
    La chanteuse italienne--Cinzia Forte--Monica Gonzalez
    Le ténor italien--Francesco Piccoli--Matthias Klink
    Le Majordome--Markus Eiche--Markus Eiche

    Orchestre national de France--SWR Radio-Sinfonieorchester Stuttgart
    Direction--Gustav Kuhn--Georges Prêtre




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 15/12/2000
    Antoine Livio (1931-2001)



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