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CRITIQUES DE CONCERTS 29 octobre 2020

RĂ©cital Sumi Jo, Salle Pleyel, Paris.

Sumi Jo en apesanteur

Avant de redonner son Olympia à l'Opéra Bastille, la colorature coréenne a gravi les pentes abruptes du contre-ut Salle Pleyel, pour le plus grand plaisir de ses inconditionnels.
 

Salle Pleyel, Paris
Le 11/01/2001
Yutha TEP
 



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  • Dans le cercle finalement restreint des chanteuses stratosphĂ©riques, Sumi Jo s'est forgĂ©e une rĂ©putation flatteuse et un public en grande partie de " groupies ", au fil d'apparitions fort sagement restreintes Ă  quelques rĂŽles privilĂ©giĂ©s (Gilda de Rigoletto, Olympia des Contes d'Hoffmann qu'elle chantera en avril Ă  l'OpĂ©ra Bastille ou encore Lucia) et aux rĂ©citals, parallĂšlement Ă  une discographie Ă  l'aspect glamour " trĂšs prononcĂ©. Son rĂ©cital en Salle Pleyel, avec la complicitĂ© de l'Orchestre de Paris placĂ© sous la direction de Giuliano Carella, a tout naturellement fait salle comble.
    Le programme ne prĂ©sentait guĂšre de surprises : airs fameux du bel canto de Bellini et de Donizetti, air de concert de Mozart, tout Ă©tait prĂȘt pour que le public, dĂ©jĂ  conquis par avance, se trouvĂąt transportĂ© par les suraigus de la star (c'est le terme qui convient) corĂ©enne. La chanteuse s'Ă©tant prĂ©sentĂ©e en bonne forme, la soirĂ©e se dĂ©roula selon le schĂ©ma prĂ©vu. Timbre argentĂ©, suretĂ© des aigus, agilitĂ© jamais prise en dĂ©faut et tenue exceptionnelle des pianissimi, Sumi Jo a dĂ©clenchĂ© l'enthousiasme de ses admirateurs, passĂ© un Vorrei Spiergarvi liminaire hĂ©sitant, peut-ĂȘtre Ă  cause d'un tempo trop rapide. Elle y ajoute maintenant un certain abattage (l'air de CunĂ©gonde du Candide de Bernstein), suffisant en tout cas pour animer la soirĂ©e. Cela dit, et malgrĂ© une voix qui s'est considĂ©rablement ouverte, les limites de la chanteuses demeurent, limites en fait inhĂ©rentes Ă  ce type de tessiture. La substance vocale et la projection viennent parfois Ă  manquer, notamment dans la longue scĂšne de la folie de Lucia, que Sumi Jo connaĂźt sur le bout des doigts, mais qui demande une autre dimension vocale. Il est vrai que les demensions de la Salle Pleyel ne se prĂȘtent qu'imparfaitement Ă  ce type d'exercice. Ailleurs, c'est un vibrato un peu serrĂ© qui gĂȘne, comme dans le cristallin O quante volte des Capuleti e i Montecchi. Dans le Wo die Zitronen blĂŒh'n de la Chauve-souris, c'est la prononciation de l'allemand et la projection du mot qui n'est pas irrĂ©prochable. Mais ne boudons pas notre plaisir. Il est suffisamment rare d'entendre ces notes impossibles abordĂ©es avec semblable honnĂȘtetĂ© pour saluer une soirĂ©e au final agrĂ©able. L'Orchestre de Paris a montrĂ© ses qualitĂ©s habituelles, en particulier une discipline irrĂ©prochable et des couleurs sombres que Giuliano Carella, grand spĂ©cialistes du bel canto, a parfaitement utilisĂ©es pour soutenir la chanteuse que Paris retrouvera en avril.




    Salle Pleyel, Paris
    Le 11/01/2001
    Yutha TEP

    RĂ©cital Sumi Jo, Salle Pleyel, Paris.
    Sumi Jo, soprano
    Orchestre de Paris
    Giuliano Carella, direction
    Mozart : ouverture des Noces de Figaro & air de concert Vorrei spiegarvi, oh Dio !
    Bellini : air Son Vergin vezzosa extrait de I Puritani - récitatif Ecomi in lieta vesta et air O quante volte extraits de I Capuleti e i Montecchi
    Donizetti : ScĂšne de la Folie extraite de Lucia
    J. Strauss : ouvreture & air Wo di Zitronen blĂŒh'n de La Chauve-souris
    Bernstein : ouverture & air de Cunégonde Blitter and be gay extraits de Candide
    Rossini : ouverture d'Elisabetta, regina d'Inghilttera - ouverture

     


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