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CRITIQUES DE CONCERTS 24 octobre 2020

L'Ensemble Orchesral de Paris et le violoniste Cho-Liang Lin au Théâtre des Champs-Elysées, Paris?

Nelson grand capitaine

Pour le premier concert cette année de l'Ensemble Orchestral de Paris au Théâtre des Champs-Elysées, John Nelson a conduit sa formation en grand capitaine, dans une débauche de couleurs. Avec au programme un difficile mélange Haydn-Schumann-Prokofiev, qui demandait le plus subtil équilibre entre sobriété et exaltation.


 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 09/01/2001
Pauline Garaude
 



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  • D'entrée, John Nelson provoque la surprise en dirigeant la Symphonie n°88 de Haydn sans estrade ni partition - il fera de même dans la Seconde Symphonie de Schumann. Du coup, sa gestuelle est totalement libérée de la contrainte qu'impose la lecture, l'oreille devient son seul guide et il va parfois jusqu'à la " coller " sur les pupitres de cordes. L'oeuvre est dominée par une vision épurée, dans le triste Largo - " Je voudrais que celui de ma Neuvième soit ainsi ", soupirait Brahms - comme dans le Menuet et le Finale où les accents populaires sont vifs et colorés mais sans exagération, John Nelson privilégiant des contours mélodiques parfaitement ciselés et une dynamique écartant les effets contrastants.
    La Symphonie n°2 de Schumann est d'un tout autre caractère : "Je peux bien dire que c'est la résistance de l'esprit qui est ici manifeste et que j'ai cherché à lutter contre mon état", avouait le compositeur. John Nelson réfréne le lyrisme débordant et passionnel de la partition et retient en conséquence son orchestre, menant les nuances progressivement. Le premier mouvement gagne alors en mystère et le troisième en mélancolie. Mais par la suite, il fait parler la poudre, imposant une vigueur rythmique qui scande le Scherzo de manière frénétique et donne au Finale un sentiment d'allégresse - et non plus de tourment - tel un cri de triomphe beethovénien.
    On pourrait situer entre ces deux oeuvres le Premier Concerto pour violon de Prokofiev, à la fois sobre et exalté, simultanément emprunt de classicisme et d'un sens du sarcasme propre au compositeur. Le violoniste Cho-Liang Lin a le mérite de jouer cette oeuvre ardue, presque ingrate, sans faire passer la virtuosité au premier plan. Ici, Prokofiev inflige toutes les difficultés au soliste : registres aigus, trilles, staccatos, accords brisés, sans oublier les guirlandes de gammes à l'allure endiablée. Le phrasé de la violoniste, aux nombreuses inflexions rythmiques et mélodiques, reste toujours souple. Son jeu parvient ainsi à traduire le climat tout aussi sardonique qu'évasif de l' oeuvre. La direction, incisive, tranche les timbres de l'orchestre qui n'en sont que plus étincelants.
    Le public ne s'y est pas trompé, rappelant quatre fois John Nelson, qui disons-le, a été éblouissant.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 09/01/2001
    Pauline Garaude

    L'Ensemble Orchesral de Paris et le violoniste Cho-Liang Lin au Théâtre des Champs-Elysées, Paris?
    Ensemble orchestral de Paris
    John Nelson, direction
    Cho-Liang Lin, violon
    Haydn : Symphonie n°88
    Prokofiev : Concerto pour violon n°1
    Schumann : Symphonie n°2

     


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