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CRITIQUES DE CONCERTS 24 septembre 2020

Production de l'ARCAL, Maison de la Musique, Nanterre, France.

Un Banquet au goût aigre

© Eric Sebbag

La production de l'ARCAL annonçait un bain de jouvence à Cosi fan tutte. Si la mise en scène et une distribution constituée de jeunes talents ont en grande partie tenu leurs promesses, l'orchestre a quelque peu gâté le plaisir des mélomanes. (En photo, Salomé Haller)
 

Maison de la Musique, Nanterre
Le 15/01/2001
Michel PAROUTY
 



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  • Un autre Cosi fan tutte ? Certes. Mais pas seulement un Cosi de plus. D'abord parce que cette production, venue de l'ARCAL, doit, grâce, entre autres Ă  OpĂ©ra en Ile-de-France, frĂ©quemment tourner, et pas seulement en banlieue parisienne, dans les mois qui viennent. Ensuite, parce qu'elle est, en plusieurs points, suffisamment digne d'intĂ©rĂŞt pour qu'elle ne soit pas nĂ©gligĂ©e. Le moins bon ? L'orchestre, Le Banquet, comme il s'intitule, non sans prĂ©tention. Un son aigre, un manque d'homogĂ©nĂ©itĂ© flagrant, des cordes qui semblent avoir oubliĂ© ce que jouer ensemble signifie. Et la direction d'Olivier Dejours n'arrange rien, brutale ou distendue, manquant singulièrement de cohĂ©rence – est-ce bien lĂ  ce qu'on attend d'un vrai chef de fosse ? C'est d'autant plus dommage que Thierry Leproust a signĂ© un dĂ©cor Ă  transformations simple et astucieux, exactement celui qu'il fallait pour un spectacle appelĂ© Ă  voyager, et fort habile dans son utilisation du noir et du blanc, avec lesquels s'harmonisent les costumes de Claude Masson. Christian Gangneron a dĂ©placĂ© l'action au dĂ©but des annĂ©es 1900 ; l'action, du coup, perd de son Ă©lĂ©gance ambiguĂ« pour se complaire dans un cynisme petit-bourgeois et un Ă©rotisme fin de siècle qui remplacent la cruautĂ© par la mĂ©chancetĂ©. Originale et intelligemment dĂ©veloppĂ©e, cette vision, si elle ne renouvelle pas le propos, lui apporte un Ă©clairage diffĂ©rent, dĂ©fendu par un sextuor vocalement inĂ©gal mais jouant juste et bien. L'acoustique très sèche de la salle est loin de flatter les chanteurs. Le timbre de Jean DelĂ©cluse (Ferrando), toutefois, a toujours Ă©tĂ© ingrat et son aigu peine encore Ă  se libĂ©rer. Jean-Baptiste Dumora fait partie de la gĂ©nĂ©ration qui monte ; il ne cesse de gagner en autoritĂ©, et son Guglielmo a de la prĂ©sence et de l'allure. Excellent musicien, JĂ©rĂ´me CorrĂ©as ne devrait pas avoir besoin de forcer le trait pour camper un Don Alfonso manipulateur, aidĂ© par la Despina qui n'a froid ni aux yeux ni ailleurs d'Anne-Sophie Duprels. Les atours de Dorabella vont comme un gant Ă  Karine Deshayes, au timbre fruitĂ© et savoureux. Elle forme un duo de charme avec sa soeur mozartienne, SalomĂ© Haller, encore que cette dernière ne maĂ®trise pas encore les Ă©carts redoutables et le registre grave de Fiordiligi ; mais peut-ĂŞtre attendait-on trop d'une jeune cantatrice superbement douĂ©e, Ă  laquelle il faut laisser le temps de s'Ă©panouir.




    Maison de la Musique, Nanterre
    Le 15/01/2001
    Michel PAROUTY

    Production de l'ARCAL, Maison de la Musique, Nanterre, France.
    Avec Salomé Haller (Fiordiligi), Karine Deshayes (Dorabella), Anne-Sophie Duprels (Despina), Jean Delécluse (Ferrando), Jean-Baptiste Dumora (Guglielmo), Jérôme Corréas (Don Alfonso).
    Mise en scène : Christian Gangneron
    Direction musicale : Olivier Dejours.

     


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