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CRITIQUES DE CONCERTS 22 août 2018

Ariane à Naxos à l'Abbaye de Royaumont, France.

Ariane en bonne compagnie
© Colette Masson / Agence Enguerand

L'Abbaye de Royaumont poursuit avec bonheur sa politique de formation destinée à des jeunes artistes lyriques. Ariane à Naxos, dirigée par Edmond Colomer, a montré la valeur du recrutement effectué.
 

Maison de la Culture, Amiens
Le 16/01/2001
Michel PAROUTY
 



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  • Pendant quelques semaines, l'automne dernier, l'Abbaye de Royaumont vécut au rythme des amours d'Ariane. Après Gaetano Latilla et sa Finta Cameriera, l'année précédente, les stagiaires avaient à leur programme l'Ariane à Naxos de Richard Strauss et Hofmannsthal ; autrement dit, un baroque en remplaçait un autre. Un concert s'ensuivit, mais on attendait surtout la production scénique prévue, dont la première, qui vient d'avoir lieu à la Maison de la Culture d'Amiens, sera suivie d'une longue tournée. Le succès est à la hauteur des espérances, même si la mise en scène de Christian Schiaretti préfère la sagesse à la fantaisie ; parfaitement huilée dans le prologue, où elle maintient le tempo face à la rapidité des dialogues et des situations, elle n'exploite jamais, dans l'acte qui suit, les contrastes évidents, ne serait-ce que ceux induits par les personnages d'Ariane, la délaissée, et Zerbinetta, la coquette qui lui conseille de se consoler rapidement. Pas de truculence dans l'animation des personnages de la commedia dell'arte, des élans retenus dans le grand duo d'amour. Pourtant, le décor minimaliste de Renaud de Fontainieu ouvre grand les portes à l'imagination. La première bonne surprise vient de l'Orchestre de Picardie, que dirige vigoureusement Edmon Colomer. Prévue pour une formation de trente-sept musiciens, la partition met en valeur les timbres de chaque instrument ; ils sont, ici, fermes et pleins. Le travail effectué à Royaumont avec Colomer, Martin Isepp et Isobel Flinn s'est révélé fructueux. Vocalement, dramatiquement, l'équipe est valeureuse, et le mot d'équipe n'est pas employé par hasard, tant chacun s'ajuste au jeu et au chant de l'autre. Maître de musique (Boris Grappe), maître de danse (le toujours amusant Thomas Morris), masques italiens (Alain Bertschy/Scaramuccio, Josep Miquel Ribot/Truffaldin, Huw Rhys-Evans/Brighella) sont pleins d'entrain, Najade (Armelle Humbert), Dryade (Valérie Barbier) et Echo (Muriel Tomao) comptent, avec raison sur leur charme. La vaillance de Bacchus ne pose pas problème à Patrick Bladek, même s'il peut timbrer encore mieux ses aigus. Jennifer Tani est un Compositeur dans la bonne tradition ; la voix est facile, le timbre soyeux, le personnage attachant jusque dans ses contradictions. Sine Bundgaard met son suraigu insolent au service de Zerbinetta, avec panache, comme il se doit. Quant à Gweneth-Ann Jeffers, elle campe avec nuance et sensibilité une Ariane abandonnée, d'abord, qui s'abandonne, ensuite, avec talent. Pour tout le monde, l'ouvrage est difficile à mettre en place. Le pari était donc osé ; la réussite n'en est que plus éclatante.




    Maison de la Culture, Amiens
    Le 16/01/2001
    Michel PAROUTY

    Ariane à Naxos à l'Abbaye de Royaumont, France.
    Ariane à Naxos (Richard Strauss)
    Avec Gweneth-Ann Jeffers (Ariane), Patrick Bladek (Bacchus), Sine Bundgaard (Zerbinetta), Jennifer Tani (le Compositeur). Mise en scène : Christian Schiaretti. Direction musicale : Edmon Colomer.

     


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