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CRITIQUES DE CONCERTS 21 février 2020

Récital Piotr Anderszewski à la Maison de la Radio, Paris.

Anderszewski en redemande

On le savait, le pianiste Piotr Anderszewski a plus d'une corde à son clavier. Non désireux de limiter son univers à celui de Szymanowski, il interprète également Bach. Avec un rare sens des couleurs et de l'ornementation. Et un sens tout aussi étonnant de la maîtrise technique. Une surprise de taille attendait d'ailleurs le public présent ce soir-là à la Maison ronde.
 

Salle Olivier Messiaen - Maison de la Radio, Paris
Le 21/01/2001
Pauline GARAUDE
 



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  • Qu'elle soit issue de ses origines hongroises et polonaises ou de son seul talent, le pianiste Piotr Anderszewski a vraiment la fibre " szymanowskienne ". Les mêmes qualités de jeu se retrouvent dans la Troisième Sonate et Métopes. Sous ses doigts, l'univers du compositeur polonais est aussi ardent et rugueux qu'énigmatique et aérien. Un piano qui aurait à la fois des racines et des ailes. Son secret ? Cet artiste allie sonorités percussives et irisées, fluidité pianistique et fermeté d'attaque, raffinement et concision du phrasé. A ce mélange, ajoutons l'importance de la pulsation rythmique et des progressions sonores, qui lorsqu'elles s'entrechoquent, donnent un étonnant relief. Dans le triptyque Métopes et l'Adagio de la Sonate, la musique coule de source et paraît d'autant plus improvisée que le pianiste prend son temps pour marquer les respirations et les silences, ici chargés de sens.
    L'écriture pianistique s'est simplifiée dans les Mazurkas de Szymanowski, où les formules d'accompagnement restent celles de Chopin, mais avec les acquis sonores du XXe siècle. Piotr Anderszewski a pour lui son phrasé et la rondeur de son toucher, mais rien de très personnel ne ressort de ces Mazurkas.
    En revanche, il interprète la Première Partita de Bach dans un esprit baroque. Dans le Prélude et la Gigue, il conduit chaque voix avec une couleur et un rôle spécifiques, superposant comme plusieurs instruments où l'on discerne l'architecture basse continue-accompagnement-mélodie. La ponctuation rythmique et les variations de nuances donnent à la mélodie tout son mouvement, notion stylistique baroque. Autre élément, celui des ornementations proches de l'arioso. Le pianiste ne se réduit pas à jouer de simples trilles ou gruppetto. Les ornements - surtout dans la Sarabande - ont une valeur mélodique chargée d'affects, joués avec le même soucis d'intelligibilité et d'expression qu'exigerait la technique vocale.
    " Il y a pour moi la même difficulté dans Szymanowski et Bach, celle de trouver et d'inventer le phrasé " dit-il. Que son flair continue de le guider ainsi !




    Salle Olivier Messiaen - Maison de la Radio, Paris
    Le 21/01/2001
    Pauline GARAUDE

    Récital Piotr Anderszewski à la Maison de la Radio, Paris.
    Szymanowski : Troisième Sonate
    Bach : Première Partita
    Szymanowski : 2 Mazurkas op. 62
    Chopin : 2 Mazurkas op. 59
    Szymanowski : Métopes op. 29

     


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