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CRITIQUES DE CONCERTS 20 novembre 2019

Portrait de Tan Dun à la Cité de la Musique.

Tan Dun, un portrait débridé
© CitĂ© de la Musique

Nouvel an chinois oblige, la Cité de la Musique poursuivait ses festivités dédiées au Céleste Empire en invitant le compositeur Tan Dun à diriger ses propres oeuvres à la tête de l'Orchestre National de Lyon. Une occasion de découvrir une oeuvre forte dans un voyage entre exotisme et universalité.

 

Cité de la Musique, Paris
Le 25/01/2001
Mathias HEIZMANN
 



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  • L'orchestre Ă©tait placĂ© sous la direction du compositeur: une direction assez peu conventionnelle, Ă©nergique et visiblement inspirĂ©e. C'est que la musique de Tan Dun ne ressemble Ă  aucune autre, ni sur le plan de la forme, ni sur le plan de l'Ă©criture : il s'en explique d'ailleurs dans le programme, rappelant que sa notation ne peut transcrire sa pensĂ©e musicale.

    Ses gestes seraient plutôt à chercher du côté des chamans, et le secret de sa musique dans "l'incarnation sonore du chamanisme". Le lien entre la culture orientale et occidentale est ainsi trouvé : la musique redevient ce rituel très ancien que l'on trouve dans toutes les civilisations, sous des formes évidemment différentes.

    On pourrait se méfier, a priori, de ce genre de déclarations, et voir dans l'efficacité des pages Tan Dun de simples effets de manches. Mais l'on passerait à coup sûr à côté d'une oeuvre forte et troublante douée d'une véritable cohérence.

    On peut bien sûr mettre en avant des éléments concrets pour expliquer le sentiment de nostalgie éprouvé au fil des pages : dans Orchestral Theatre I, le timbre étrangement désincarné et lointain du xun (instrument en céramique joué par Chen Tao) mêlé au souffle de l'instrumentiste, ou les sonorités curieuses de l'orchestre dont les montées en puissances évoquent une mer déchaînée, contrôlée par quelques divinités mystérieuses.

    De son côté, On Taoism intègre la voix d'une soprano (Nancy Allen Lundy) dans un tissu orchestral étrange. Là, c'est le traitement de la voix qui semble appartenir à un vieux rite religieux, une sorte d'incantation quelque part entre chant et parole.

    Théâtre IV : the Gate, qui venait en deuxième partie, est une oeuvre on ne peut plus théâtrale : trois femmes victimes de leur amour, trois mortes se retrouvent dans une sorte de tribunal présidé par le chef d'orchestre. Toutes se sont suicidées, toutes expliquent leur histoire. À la clef, la résurrection.

    On retrouve Juliette (emprunté à Roméo et Juliette), Ju Ji (inspiré de Adieu ma concubine, Opéra de Pekin, Chine) et Hua Hua Zhang, (inspiré des Suicides de l'amour de Chitakamatsu, XVIII, Japon). Ici, Tan Dun réalise un joli tour de passe-passe en installant une véritable continuité entre les trois apparitions, alors que chacune illustre une tradition musicale qui lui est propre.

    Des images vidéo sont insérées dans un dispositif scénique qui tient lieu de mise en scène et le mixage, réalisé en temps réel, participe d'une dramatisation impressionnante qui doit beaucoup aux interprètes.




    Cité de la Musique, Paris
    Le 25/01/2001
    Mathias HEIZMANN

    Portrait de Tan Dun à la Cité de la Musique.
    Portrait de Tan Dun
    Theatre I
    Théâtre IV : the Gate
    On Taoism


    Orchestre National de Lyon dirigé par Tan Dun
    Chen Tao, xun
    Song Yang, actrice de l'Opéra de Pékin
    Nancy Allen Lundy, soprano
    Hua Hua Zhang, marionnettes.
    Mike Newman, création vidéo

     


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