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CRITIQUES DE CONCERTS 20 février 2018

Il Sogno di Scipione de Mozart au Théâtre de Poissy.

La bonne Fortune
de Scipion

© Eric Sebbag

Il Sogno di Scipione est sans doute l'opéra le moins joué de Mozart. Composé un an après son Mitridate, on lui reproche souvent un style conventionnel guère palpitant. Mais lorsque qu'un orchestre comme le Freiburger Barockorchester et une soprano de la classe d'Elisabeth Magnuson y mettent toute leur verve, il y a de beaux moments.

 

Théâtre municipal, Poissy
Le 02/02/2001
Yutha TEP
 



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  • Jusqu'à présent, il n'existait qu'un unique enregistrement de Il Sogno di Scipione que l'on doit à la baguette terne de Leopold Hager. Or ce dernier ne fait rien pour relever la neutralité orchestrale de cet opéra qui semble se conformer trop souvent aux règles de l'opera seria.

    Le livret de Métastase en est pour une bonne part la cause, non par défaut de qualité poétique, mais du fait statisme excessif. À l'évidence, le dramaturge n'a guère réussi à s'enthousiasmer sur cette évocation du Songe fameux, que se disputent âprement Fortune et Constance, avant que la Licenza ne se l'approprie à la fin.

    Cela écrit, la partition, notamment dans les airs pour sopranos, se libère occasionnellement des conventions pour se rapprocher des airs de concert à venir. Elle met à rude épreuve les trois sopranos, péché de jeunesse que l'on retrouvera amplifié dans le rôle meurtrier de Constance ; réclamant des qualités essentiellement lyriques, elle ne recule guère devant des traits colorature spectaculaires. Et distribuer les trois rôles de ténors relève tout autant du cauchemar.

    Le rôle-titre revient ici à Bruce Ford. Sa stature vocale parvient à faire rendre son incarnation crédible, mais l'agilité est relative, et le style parfois discutable : cet Othello rossinien, futur Maure verdien, est visiblement plus à l'aise dans un répertoire plus tardif. Kobie Van Rensburg est un mozartien plus authentique, passé un début hésitant : avec une voix solide et une technique solide, il finit par convaincre. Passons en revanche sur Jan Kobow, sans doute bon Evangéliste chez Bach, mais plutôt égaré dans Mozart.

    La distribution est plus satisfaisante du côté des dames. Veronica Cangemi a fait des progrès évidents mais, mémorable Euridice avec René Jacobs, elle est cependant dépassée par les exigences de la Constance (un nom prémonitoire en ce qui concerne la biographie du compositeur !). Avec quelques voyelles nasales assez désagréables et une propension marquée à effleurer les aigus en les détimbrant systématiquement, elle échoue à conduire sa ligne de chant à son terme. Reste une vélocité certaine, qui a fait impression.

    Deborah York s'est vu attribuer la brève mais très belle intervention de la Licenza. De nouveau, une technique respectacle ne suffit pas : le timbre est parfois un peu maigre et la souplesse perfectible malgré une belle conviction.

    Chapeau bas par contre devant la prestation d'Elizabeth Magnuson : on se demande bien comment Scipion a pu résister aux avances de cette Fortuna brillante, à la projection insolente, domptant magnifiquement les acrobaties de sa partie. Voilà en réalité la seule grande mozartienne de la soirée, avec cette souplesse naturelle et cette instrumentalité dans les aigus qui valent à l'auditoire pétrifié un A chi serena io miro de rêve.

    Elizabeth Magnuson a dû cependant partager la vedette avec un Freiburger plus affuté que jamais ; ayant trouvé des vents enfin à la hauteur de ses cordes exemplaires, l'orchestre a suivi comme un seul homme la direction ultra vitaminée de Gottfried von der Goltz. Ensemble, ils ont presque réussi à tirer Scipion de ses songes




    Théâtre municipal, Poissy
    Le 02/02/2001
    Yutha TEP

    Il Sogno di Scipione de Mozart au Théâtre de Poissy.
    Wolfang Amadeus Mozart : Il Sogno di Scipione
    Livret de Pietro Metastasio
    Avec Bruce Ford (Scipione) , Kobie van Rensburg (Publio), Jan Kobow (Emilio), Veronica Cangemi (la Costanza), Elisabeth Magnuson (la Fortuna), Deborah York (la Licenza).
    Freiburger Barockorchester
    Gottfried von der Goltz, direction.

     


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