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CRITIQUES DE CONCERTS 07 décembre 2019

Spectacle "le fil d'Orphée" à la Péniche Opéra de Paris.

Orphée un peu décousu

Les spectacles de la Péniche Opéra ne ressemblent décidement pas aux autres. Le dernier né, "le fil d'Orphée", s'attaque au mythe éponyme à travers deux siècles et demi d'incarnations lyriques, des débuts de l'opéra en Italie aux satires et détournements modernes. Un spectacle courageux et parfois drôle sinon totalement abouti.

 

La Péniche Opéra, Paris
Le 11/01/2001
Michel PAROUTY
 



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  • Demi-dieu, fils d'Apollon, OrphĂ©e, le poète, le chanteur s'accompagnant de sa cĂ©lèbre lyre, faisait pleurer les pierres et charmait les animaux. Rien d'Ă©tonnant, alors, Ă  ce que l'opĂ©ra balbutiant de la Renaissance se soit placĂ© sous son patronage. Du XVIIè siècle Ă  nos jours, de Monteverdi Ă  RĂ©gis Campo (dont on crĂ©e, pour l'occasion une courte farce) le nouveau spectacle de La PĂ©niche OpĂ©ra parcourt en un peu plus d'une heure les avatars du mythe, des pages fondatrices du théâtre lyrique (L'Orfeo de Monteverdi) aux parodies qui dĂ©tournent le mythe (OrphĂ©e aux Enfers d'Offenbach).

    Un peintre italien dans son atelier d'un côté, un sculpteur David Slaviero) qui taille un bloc de glace de l'autre : la traversée du temps se fait en quelques mètres, avec un détour par les années 1930 et un hommage à Cocteau, Poulenc et leur Cortège d'Orphée. L'idée était séduisante et Mireille Larroche l'exploite avec son sens habituel du rythme et de l'espace. Elle ne peut empêcher, pourtant, que l'artifice l'emporte.

    Le fil du récit, Philippe Beaussant le tisse patiemment et brillamment ; mais son texte, finement ouvragé, est mal dit par une équipe qui assure difficilement son équilibre sur la frange ténue séparant l'emphase de l'humour, et qui, de surcroît, manie l'Allemand et l'Italien avec un accent français prononcé. Carl Ghazarossian s'en détache nettement, y compris lorsqu'il chante. Ce n'est pas une question de style (on sent, que, dans ce domaine, le travail a été aussi sérieux qu'approfondi), mais de personnalité, de présence vocale.

    Emmanuelle Halimi est gentille, Jacques Bona peu convaincant dans le grand Orpheus schubertien, et Robert Expert outrancièrement maniéré. À cet ensemble s'ajoute, pour Offenbach et Poulenc, Elsa Vacquin, dont on apprécie la verve. Le quatuor principal se remet en piste pour Orfeo, farce musicale du jeune Régis Campo, dont c'est la première. Confié aux pensionnaires d'un cirque, le mythe est revisité, disloqué, comme le sont les mots d'Alessandro Striggio, librettiste de Monteverdi, ou les formes musicales, aria, duetto, toccata


    C'est souvent drôle, prestement enlevé, à mi-chemin entre la plaisanterie pour potache évolué et le pastiche savant. Un peu long, tout de même. Il est vrai que l'Enfer, y compris celui dans lequel Orphée descend rechercher Eurydice, est souvent pavé de bonnes intentions. Mais si le poète perd définitivement son épouse, il se console, sur ordre de Pluton, avec le berger
    Signe des temps !




    La Péniche Opéra, Paris
    Le 11/01/2001
    Michel PAROUTY

    Spectacle "le fil d'Orphée" à la Péniche Opéra de Paris.
    Le fil d'Orphée
    Musiques de Buonamente, Monteverdi, Caccini, Rossi, de Granval, Gluck, Offenbach, Poulenc, Schubert, Campo.
    Mise en scène : Mireille Larroche.
    Avec Emmanuelle Halimi, Elisa Vacquin (sopranos), Robert Expert (contre-ténor), Carl Ghazarossian (ténor), Jacques Bona (basse). Florence Malgoire, Anne Maury (violons), Marianne Müller (viole de gambe), Laurent Stewart (clavecin et positif), Claude Lavoix (piano).

     


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