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CRITIQUES DE CONCERTS 04 juillet 2020

Reprise de Parsifal de Richard Wagner à l'Opéra Bastille.

Domingo dévoile son Graal
© Eric Sebbag

Il n'est pas rare, √† l'Op√©ra Bastille comme ailleurs, que certaines reprises b√©n√©ficient de meilleures distributions que les premi√®res s√©ries. Ce fut le cas avec ce Parsifal dans la mise en sc√®ne de Graham Vick qui accueillait Placido Domingo dans le r√īle-titre et Thomas Hampson dans celui d'Amfortas. Ils n'ont pas d√©√ßu leurs admirateurs.

 

Opéra Bastille, Paris
Le 15/02/2001
Michel PAROUTY
 



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  • La production sign√©e Graham Vick n'a que trois ans, et d√©j√† quelques rides. Malgr√© une ind√©niable fluidit√©, elle ne refl√®te du drame sacr√© wagn√©rien qu'une agr√©able illustration, narration na√Įve, tr√®s d√©pouill√©e, d√©corative parfois, avec des Filles-Fleurs qui donnent l'impression de participer √† un d√©fil√© de mode, un jardin de Klingsor r√©duit √† deux plates-formes en anneaux et √† quelques fleurs artificielles.

    On cherche encore un point de vue, une "lecture" de l'oeuvre. L'orchestre a beau √©viter lourdeur et emphase, la direction √©tale de James Conlon, visant la clart√© et la lumi√®re, exclut tout myst√®re et toute profondeur. Le premier acte, tr√®s long, p√Ętit particuli√®rement de ce manque d'√©nergie et tient mal la distance. Ce n'est pas la faute de Jan-Hendrik Rootering, sobre Gurnemanz, si son r√©cit, qu'il ma√ģtrise parfaitement, manque √† ce point d'ossature, ni celle de Placido Domingo si l'entr√©e de Parsifal est quelque peu anodine.

    Heureusement, le deuxi√®me acte r√©tablit l'√©quilibre. Il faut dire que si Richard Paul Fink, sonore Klingsor, ne donne gu√®re d'√©paisseur √† son personnage, Julia Juon, malgr√© un registre grave peu nourri, incarne une Kundry, plus agressive que sensuelle, plus envo√Ľtante que s√©ductrice, gardant toujours quelque chose de la sauvageonne.

    Thomas Hampson aborde Amfortas pour la premi√®re fois. Pour qu'il s'impose vraiment, il faut attendre sa grande sc√®ne du troisi√®me acte ; son souci du beau chant, du mot juste, le freinent, sans doute, pour donner plus t√īt vie et chair au roi bless√©, mais lorsqu'il se lib√®re enfin, c'est pour offrir une incarnation bouleversante.

    Inutile de pr√©ciser que les admirateurs de Placido Domingo guettaient son apparition, lui que Paris n'a que rarement entendu dans Wagner. Il vient de f√™ter ses soixante ans √† New (mais le "Guide de l'Op√©ra" √©dit√© chez Fayard le fait na√ģtre en 1934 !), et cinq jours avant les repr√©sentations de Bastille, il officiait, en tant que chef d'orchestre, au Metropolitan pour Un bal masqu√© de Verdi.

    Parsifal, si l'on en croit le po√®me, n'a que dix-sept ans. La d√©marche, la silhouette de Domingo ne sont certes pas celle d'un adolescent. Qu'importe. La voix est d'une fra√ģcheur stup√©fiante, la compr√©hension du r√īle exemplaire (au point de faire oublier une prononciation allemande plut√īt exotique) ; rien, dans son interpr√©tation, qui ne soit juste, touchant, prenant. Un immense artiste. Mais qui en doutait ?




    Opéra Bastille, Paris
    Le 15/02/2001
    Michel PAROUTY

    Reprise de Parsifal de Richard Wagner à l'Opéra Bastille.
    Parsifal de Richard Wagner
    Mise en scène : Graham Vick
    Direction musicale : James Conlon.
    Avec Placido Domingo (Parsifal), Julia Juon (Kundry), Thomas Hampson (Amfortas), Richard Paul Fink (Klingsor), Jan-Hendrik Rootering (Gurnemanz), Tom Krause (Titurel).

     


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