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CRITIQUES DE CONCERTS 12 novembre 2019

Récital Vadim Repin et Boris Beresovsky au Théâtre des Champs-Élysées.

Un diable au visage séraphique
© Rory Earnshaw

En mûrissant, Vadim Repin se rapproche de plus en plus de la figure de David Oïstrakh : même maîtrise technique, même approche sereine des pages les plus difficiles. Mais il n'en développe pas moins un style personnel à la fois retenu et incisif. Autant de qualités que l'on a pu constater fin janvier, lors de son récital au Théâtre des Champs-Élysées.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 31/01/2001
Linda MURRAY
 



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  • Le concert dĂ©buta avec l'infernale sonate dite Trille du Diable de Tartini. Avec son visage de chĂ©rubin, Repin ne laissa rien transpirer de la difficultĂ© d'exĂ©cution, et le dĂ©mon lui-mĂŞme eĂ»t Ă©tĂ© bien en peine de jouer les trilles avec une plus grande prĂ©cision. Dans les points d'orgue de la section mĂ©diane, la rapiditĂ© des doigtĂ©s et du jeu d'archet fut telle, que l'on en resta hypnotisĂ©. Mais le moment le plus impressionnant rĂ©sida dans la section solo, dans laquelle Repin jeta tout entière sa carrure d'athlète, sans jamais perdre sa prĂ©cision de jeu.

    Tartini fut suivi du Divertimento, extrait du ballet Le Baiser de la Fée de Stravinsky, qui, rétrospectivement, se révéla la partie la plus prenante de la soirée. On éprouve toujours quelque répugnance à user du terme de perfection pour parler d'un concert, mais ce soir-là, en jouant Stravinksy, Repin et son compère Boris Berezovsky au piano se rapprochèrent de cet idéal d'aussi près qu'il est humainement possible.

    Tempo parfait, ce qui ne ressort pas de l'évidence dans Stravinksy, surtout avec l'irrégularité des figures rythmiques. Netteté du phrasé, relevé de pointes d'humour dont le compositeur est rarement avare. Rien ne manquait à ce baiser-là. Berezovsky se révéla excellent accompagnateur, sans nombrilisme, ne se détachant jamais de Repin, malgré des passages dans la partition flatteurs pour le piano.

    Après la pause, Repin s'attaqua au chef-d'oeuvre romantique de Brahms, la Sonate pour violon n°1 en sol majeur, qu'il aborda dans un tempo légèrement plus rapide que de coutume. Interprétation toute de velours pour le violon, mais avec la clarté du cristal et une profusion de couleurs. Quelques touches plus personnelles comme d'imperceptibles variations de tempo et un phrasé à l'articulation peu conventionnelle, mais sans jamais porter atteinte à l'intégrité de la partition.

    La soirée s'acheva avec les Danses roumaines de Bartok, en place et lieu du Paganini originellement prévu. Manifestement, Repin et Berezovsky se sont délectés de ces airs folkloriques d'Europe orientale à la rythmique asymétrique et enlevée. Dans le final frénétique de la Danse rapide, Berezovsky fit preuve d'un sens du spectacle remarquable.

    Qui sait ce dont seront demain capables les deux comparses.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 31/01/2001
    Linda MURRAY

    Récital Vadim Repin et Boris Beresovsky au Théâtre des Champs-Élysées.
    RĂ©cital Vadim Repin (violon), Boris Berezovsky (piano).

    Tartini : Sonate en sol majeur, Le Trille du Diable.
    Stravinsky : Divertimento, suite du Baiser de la FĂ©e pour violon et piano.
    Brahms : Sonate pour violon et piano en sol majeur op.78.
    Bartok : Danses roumaines.

     


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