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CRITIQUES DE CONCERTS 18 mars 2019

Concert de l'Orchestre National de France avec Maria Joao Pires.

La solitude d'une concertiste
© Christian Steiner

Maria Joao Pires

Programmées début février au Théâtre des Champs-Élysées, les retrouvailles de la pianiste Maria Joao Pires et du chef Emmanuel Krivine à la tête de l'Orchestre National de France semblaient prometteuses. Dans les faits, seule la pianiste lusitanienne s'est montrée à la hauteur de l'événement.

 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 08/02/2001
Linda MURRAY
 



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  • C'est l'ouverture de Rosamunde de Schubert qui débuta le concert. D'entrée, l'interprétation parue fatiguée, en dépit d'un effort louable mais non abouti pour jouer les premières mesures sur un rythme de valse, en étirant le second temps autant que possible. Ici, Krivine parut oublier qu'une oeuvre romantique ne vit pas sans un minimum de sens du drame.

    À l'orée du Troisième Concerto pour piano de Beethoven, on pouvait déjà craindre la soirée définitivement plombée. Heureusement, dès que Maria Joao Pires toucha son clavier, la torpeur ambiante s'évanouit. À peine avait-elle joué ses premières notes que son style si personnel et fluide s'imposa, tirant des couleurs d'épais velours de son flamboyant Yamaha de concert.

    Pires aborda l'oeuvre avec prudence et respect, ni classique, ni romantique, mais sur le fil harmonieux entre les deux. Techniquement, elle fut irréprochable, avec un jeu de pédale furieux, mais propre, rehaussé de trilles immaculés sans effort apparent. Son contrôle du volume sonore fut non moins remarquable, évitant tout mélodrame et se hissant toujours au point exact de fusion avec l'orchestre.

    L'antithèse même du combat de titan auquel se livre habituellement soliste et orchestre dans cette oeuvre. Ici au contraire, avec une sincérité irrésistible et non sans une pointe d'espièglerie, la pianiste parut contraindre l'orchestre à jouer à chat ; jeu auquel elle se révéla clairement imbattable. À l'écoute, son discours chaleureux éclipsa un orchestre pourtant dopé par la présence de la soliste.

    Après la pause, Emmanuel Krivine et le National entamèrent Also sprach Zarathoustra, le fameux poème symphonique de Richard Strauss. Bien qu'en nette progression en regard du début de soirée, Krivine et l'orchestre ne retrouvèrent nullement les sommets vers lesquels Pires les avait hissés.

    L'interprétation fut plaisante en certains passages, avec un Krivine traduisant la plupart des aspérités dramatiques de l'oeuvre, mais sans éclairage neuf ni aucun supplément d'âme. Tant et si bien qu'il devint aisé de prédire dans quelle direction les musiciens iraient à la mesure suivante. Pire, l'orchestre parut un moment échapper au contrôle de Krivine sans que celui-ci fasse mine de s'en rendre compte.

    Manque de répétitions ou d'affinités ? On aurait préféré que Pires donne un autre concerto pour les mettre d'accord.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 08/02/2001
    Linda MURRAY

    Concert de l'Orchestre National de France avec Maria Joao Pires.
    Orchestre National de France.
    Direction : Emmanuel Krivine.
    Piano : Maria Joao Pires.

    Schubert : Rosamunde, ouverture D. 644.
    Beethoven : Concerto pour piano et orchestre no.3 opus 37 en ut mineur.
    Strauss : Ainsi parlait Zarathoustra, poème symphonique opus 30.

     


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