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CRITIQUES DE CONCERTS 19 septembre 2020

La Finta Cameriera de de Gaetano Latilla au Théâtre Silvia Monfort.

Le jeu des feintes napolitaines
© Eric SEBBAG

Depuis les représentations données en 1752, en pleine Querelle des Bouffons, Paris n'avait guère entendu cette Finta Cameriera jusqu'à sa résurrection lors d'un stage donné voici deux ans à l'abbaye de Royaumont. Elle se donne maintenant intra-muros au théâtre Silvia-Monfort à Paris, avant Lille et Rennes.

 

Théâtre Silvia Montfort, Paris
Le 28/02/2001
Michel PAROUTY
 



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  • Pour sa recréation à Royaumont, cette Finta Cameriera mêlait des stagiaires et des chanteurs parfaitement rompus au style napolitain, tous habitués à travailler avec Antonio Florio et sa Cappella della Pietà dei' Turchini. Ce fut l'occasion de découvrir un ouvrage charmant, dépassant, dans ses contrastes affirmés, le cadre de l'opéra buffa, pour atteindre une caractérisation des personnages et des humeurs à laquelle, de toute évidence, Mozart ne se montrera pas insensible.

    Le disque avait suivi, et une soirée au Festival de Pontoise, dans la mise en scène de Christophe Galland reprise ici. Comment animer cette succession d'arias da capo souvent très longs ? Le décor de Denis Fruchaud, stylisé, simple, et élégant, joue sur la suggestion : derrière ces portes et ces fenêtres, tout peut arriver. Le propos de Galland, en revanche, est plus diffus, et repose, en définitive, sur le jeu des comédiens.

    Il s'agit de caractériser les trois catégories sociales et théâtrales qui s'affrontent dans ces deux actes. Il y a d'abord les personnages grotesques avec, au premier chef, Don Pancrazio, père et barbon, sensible au charme d'une suivante qui est en réalité l'amoureux travesti de sa fille, et Don Calascione, qui doit épouser la dite fille mais ne réussit pas à cacher son coeur d'artichaut, qui s'effeuillera finalement pour la jardinière, Dorina.

    Il y a aussi les figures populaires, qui se limitent en fait aux domestiques, et enfin les amoureux. En tête Erosmina et Giocondo, qui s'est fait engager comme suivante sous le nom d'Alessandra, Filindo, frère de Giocondo, qui soupire devant Erosmina.

    Quand on possède des chanteurs-acteurs de la trempe de ceux qui composent la bande à Florio, l'entreprise ne devrait pas poser de problèmes. Lorsque Giuseppe Naviglio (Calascione) et surtout Giuseppe di Vittorio (roi de la mimique et du geste aérien, désopilant en jardinière Dorina), occupent le plateau, la salle ne cache pas son hilarité. Roberta Invernizzi campe Gioconda avec charme et sensualité, Emanuela Galli est quelque peu timide en Erosmina.

    Il arrive pourtant que certaines voix flirtent un peu avec la justesse et qu'à l'orchestre, les instruments en fassent autant, les cors, entre autres. Mais Florio entraîne son monde dans un tourbillon auquel il est bien difficile de résister.




    Théâtre Silvia Montfort, Paris
    Le 28/02/2001
    Michel PAROUTY

    La Finta Cameriera de de Gaetano Latilla au Théâtre Silvia Monfort.
    La Finta Cameriera de Gaetano Latilla
    Cappella della Pietà dei' Turchini
    Mise en scène : Christophe Galland.
    Direction musicale : Antonio Florio.
    Avec Pierre Thirion-Vallet (Don Pancrazio), Emanuela Galli (Erosmina), Roberta Invernizzi (Giocondo/Alessandra), Giuseppe Naviglio (Don Calascione), Francesca Russo-Ermolli (Filindo), Giuseppe di Vittorio (Dorina), Roberta Andalo (Bettina), Stefano di Fraia (Moschino).

     


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