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CRITIQUES DE CONCERTS 22 février 2018

Réouverture de l'Esplanade à St Étienne.

Hérodiade embrase l'Esplanade
© Cyrille Sabatier

Béatrice Uria-Monzon et Alain Fondary

Deux ans et demi après un incendie ravageur d'origine criminelle, la maison de la culture de Saint-Étienne rouvre ses portes. Hérodiade est le premier opéra programmé, un ouvrage jadis très populaire mais que l'on n'entendait plus guère. Une façon aussi de rendre hommage à l'enfant du pays, Jules Massenet.

 

L'Esplanade-Maison de la Culture, St-Etienne
Le 02/03/2001
Michel PAROUTY
 



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  • L'Esplanade (c'est le nom de la maison de la culture de Saint-Étienne) n'a pas été reconstruite tout à fait à l'identique, on y accède, désormais, par un immense hall aux murs de verre, et surtout, elle est maintenant dotée des équipements scéniques les plus performants.

    Directeur des lieux et metteur en scène, Jean-Louis Pichon a signé un spectacle sobre, rigoureux, tiré au cordeau, qui, dans les décors tout aussi simples d'Alexandre Heyraud, ne cède ni aux tentations du péplum ni à celles du kitsch. Dans ces murs beiges ornés de caractère hébreux, ce n'est pas l'affirmation de la puissance romaine qui se dessine, mais un drame familial de la jalousie et du désir qui se noue sous l'?il du mage Phanuel.

    Hérode est troublé par la jeune Salomé, au grand dam de son épouse, Hérodiade, laquelle ignore que l'adolescente n'est autre que sa propre fille qu'elle a jadis abandonnée. Salomé, elle, n'a d'yeux que pour le prophète Jean-Baptiste, qu'Hérodiade fera condamner à mort, provoquant du même coup le suicide de Salomé.

    Il faut, pour rendre justice à une oeuvre aussi ambitieuse, cinq solistes d'envergure. Pichon les a trouvés, et qui plus est, ils sont Français, ce qui ne gâte rien en termes de prononciation et de compréhension du texte. Même Béatrice Uria-Monzon, dont l'élocution était le point faible, fait de louables efforts. Son Hérodiade est hautaine, tranchante, plus glaciale que vraiment monstrueuse.

    Alexia Cousin fait de Salomé un animal effarouché, courant en tous sens ; sa Salomé est jeune, éperdue, dispensant une voix naturellement ample et sonore sans le moindre mal. Il lui faut, malgré tout, apprendre à contrôler son jeu et à ménager ses forces vocales. Elle n'a que vingt et un ans, des moyens exceptionnels, et bien des années devant elle.

    Le Phanuel d'Eric Martin-Bonnet est sonore et prometteur, et Luca Lombardo, acteur souvent très placide, campe avec musicalité un prophète Jean-Baptiste crédible, maîtrisant de justesse une tessiture très large pour lui. Alain Fondary est un phénomène. Technique solide, timbre de bronze, capable de demi-teintes dont il a parfois été avare, il demeure, à soixante-neuf ans, l'un des Hérode les plus convaincants qui soient.

    L'équipe stéphanoise serait incomplète sans Patrick Fournillier, qui, depuis des années, a formé un orchestre capable de se plier aux exigences d'une écriture passant de l'éclat à la délicatesse avec la même virtuosité. Il est l'âme de ce spectacle, comme de tous les Massenet qui ont été montés à Saint-Étienne par une bande de complices qui promet, pour la rentrée prochaine, Roma, opéra oublié de 1912 (année de la mort du compositeur). Après le retour d'Hérodiade, la révélation d'un ouvrage quasi inconnu, dans une production donnée voici deux ans au Festival de Martina Franca.




    L'Esplanade-Maison de la Culture, St-Etienne
    Le 02/03/2001
    Michel PAROUTY

    Réouverture de l'Esplanade à St Étienne.
    Hérodiade de Jules Massenet
    Avec Béatrice Uria-Monzon (Hérodiade), Alexia Cousin (Salomé), Luca Lombardo (Jean), Alain Fondary (Hérode), Eric Martin-Bonnet (Phanuel). Mise en scène : Jean-Louis Pichon. Direction musicale : Patrick Fournillier.
    Saint-Étienne, l'Esplanade, le 2 mars 2001.

     


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