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CRITIQUES DE CONCERTS 19 août 2019

Concert Berlioz et Mendelssohn avec Susanne Mentzer et l'Orchestre de Paris sous la direction de Christoph Eschenbach.

Mélodies sans paroles
© Eric Sebbag

Christoph Eschenbach (© Eric Sebbag)

On savait Christoph Eschenbach architecte et dramaturge, on le découvre chanteur éperdu au terme d'une soirée placée sous le signe de la mélodie et du cantabile, chez Berlioz comme chez Mendelssohn. Curieusement, c'est la mezzo-soprano Susanne Mentzer qui s'est montrée la plus rétive à cette incitation au ramage.

 

Salle Pleyel, Paris
Le 07/03/2001
Yutha TEP
 



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  • Berlioz, c'est avant tout un art suprême de la mélodie, une orchestration géniale qui élabore précisément une texture polyphonique serrée sur le chant et le contrechant de thèmes plus saisissants les uns que les autres, confiés avec une justesse confondante aux instruments les plus aptes à en exploiter le potentiel expressif.

    Cela, Eschenbach l'a parfaitement compris. On le croyait architecte un peu raide du col, son Berlioz subjugue par un amour évident du chant. Qu'il s'agisse de l'ouverture de Benvenuto Cellini ou du Carnaval romain, Eschenbach caresse chaque phrase, accentuant avec gourmandise les galbes mélodiques et les relançant par une utilisation magistrale des timbres plantureux et parfaitement différenciés de son orchestre, en un immense arc que viennent couronner des tuttis orchestraux éclatants mais parfaitement amenés.

    Surprise donc, Christoph Eschenbach se révèle un chef lyrique accompli, et c'est en tant que tel qu'il a apporté son soutien à Susanne Mentzer. Chanteuse estimable, la mezzo américaine projette correctement sa voix dans l'acoustique peu propice de la salle Pleyel, avec de bout en bout une belle rondeur de timbre. Mais avare en couleurs, défaut surprenant venant d'une artiste familière du bel canto italien, et surtout aux prises avec une diction rétive, elle ne rend pleinement justice ni au cantabile de la Villanelle ni aux amples montées mélodiques du Spectre de la Rose.

    Il faut attendre les accents désespérés de Sur les lagunes pour que la chanteuse trouve le ton juste, sans pour autant sortir d'une monotonie que la présence délicate d'Eschenbach ne surmonte pas entièrement. La comparaison inévitable avec sa compatriote Susan Graham se révèle assez cruelle.

    Fort heureusement, le chant a retrouvé ses droits dans une radieuse Symphonie italienne où Eschenbach a étonnamment "dégraissé" la sonorité dense de l'Orchestre de Paris, illuminant la partition par la grâce de vents irréprochables et laissant ses cordes faire étalage d'une cohésion impressionnante dans les virevoltantes broderies des mouvements extrêmes. Avec comme point culminant, le chant éperdu des altos renforcés par hautbois et bassons dans l'Andante con molto, qui a réduit au silence un public jusqu'alors prodigue en toux et autres raclements de trachées.




    Salle Pleyel, Paris
    Le 07/03/2001
    Yutha TEP

    Concert Berlioz et Mendelssohn avec Susanne Mentzer et l'Orchestre de Paris sous la direction de Christoph Eschenbach.
    Berlioz : ouverture de Benvenuto Cellini H. 76 - Nuits d'été H. 81 - Carnaval romain H. 95
    Mendelssohn : Symphonie n°4 " italienne " en la majeur op. 90
    Susanne Mentzer, mezzo-soprano
    Orchestre de Paris
    Christoph Eschenbach, direction

     


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