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CRITIQUES DE CONCERTS 16 octobre 2019

Le Barbier de Séville de Gioacchino Rossini au Théâtre des Champs-Élysées.

Le Barbier échappe à la gangue des postiches
© Alvaro Yanez

Pour son retour sur une scène parisienne, le Barbier de Séville de Rossini n'a rien perdu de son panache. Présentée à Ferrare en 1995, la production qu'accueille le Théâtre des Champs-Élysées est à prendre sans arrière-pensées, si ce n'est pour la prestation de l'Orchestre National de France.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 10/03/2001
Michel PAROUTY
 



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  • Dynamique, drôle, mais ni vulgaire ni facile, ce Figaro de Rossini se maintient dans une bonne moyenne entre un premier degré efficace et la pointe de distance nécessaire pour éviter la simple illustration autant que la banalité.

    Dans le décor à transformations prévu par Francesco Calagnini, l'intrigue se noue sans perdre de temps. Le metteur en scène Stefano Vizioli a le sens du rythme et du mouvement, et une manière plaisante d'accommoder la tradition. Bartolo et Basilio sont caricaturés sans outrance, Rosina est davantage une horrible peste qu'une ingénue rouée, et Almaviva va son chemin entre fatuité et sympathie, sous l'œil complaisant et intéressé de Figaro.

    Le point faible de la soirée, c'est l'Orchestre National de France. Non pas la direction d'Evelino Pido (lequel a accompli un profond travail d'instrumentation de la partition), vivante, subtile, permettant d'entendre des nuances que les autres chefs négligent sans vergogne, mais bel et bien le National, lourd, terne de son (avec des cors qui flirtent longtemps avec la justesse), manquant d'éclat et passablement mal à l'aise dans ce répertoire archi-théâtral.

    C'est d'autant plus dommage que la distribution s'avère convaincante, de la Berta bien chantante de Claire Larcher au Figaro sans surprise de Pietro Spagnoli, bon meneur de jeu sans tomber dans le cabotinage. Alfonso Antoniozzi (Bartolo) et Giovanni Furlanetto (Basilio) campent des personnages hauts en couleurs, remarquables davantage par leurs dons de comédiens que par leur voix.

    Le timbre inégal de Laura Polverelli l'aide à incarner une Rosina délurée, un rien mécanique, ce qui est sans doute voulu dans cette conception du personnage qui insiste sur l'agressivité plus que sur la tendresse. Le fait d'être très fatigué n'a gêné Charles Workman que dans son registre aigu ; mais on ne peut qu'apprécier son aisance scénique, sa virtuosité, et le fait qu'Almaviva soit confié à un ténor grave, sombre et presque barytonnant (suivant les intentions de Rossini).

    Entendre un bon Barbier est toujours un bonheur ; et l'on constate que Rossini, aujourd'hui, peut dormir sur ses deux oreilles, sans craindre d'être massacré à chaque mesure, même si on eût souhaité, pour lui rendre justice, un orchestre moins à côté de sa perruque.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 10/03/2001
    Michel PAROUTY

    Le Barbier de Séville de Gioacchino Rossini au Théâtre des Champs-Élysées.
    Le Barbier de Séville de Gioacchino Rossini
    Orchestre National de France, Choeur de Radio France
    Mise en scène : Stefano Vizioli.
    Direction musicale : Evelino Pido.
    Avec Laura Polverelli (Rosina), Claire Larcher (Berta), Charles Workman (Almaviva), Alfonso Antoniozzi (Bartolo), Pietro Spagnoli (Figaro), Giovanni Furlanetto (Basilio).

     


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