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CRITIQUES DE CONCERTS 18 octobre 2018

Concert de l'Orchestre de Paris dirigé par Christoph Eschenbach.

Un chef façon "Actor's studio"
© Eric Sebbag

Christoph Eschenbach (© Eric Sebbag)

Christoph Eschenbach est un homme de conviction. Que ce soit dans le Concerto pour violon de Schumann ou dans la Sixième Symphonie de Mahler, la même volonté de transparence accompagne ses lectures créant un espace parfaitement lisible au sein duquel l'auditeur peut se promener, aussi librement que possible.
 

Salle Pleyel, Paris
Le 13/03/2001
Mathias HEIZMANN
 



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  • Pourtant, pour passionnant que fut sa mise à plat du Concerto de Schumann, ce travail d'orfèvre manqua de lyrisme et de souffle. Ainsi la superposition des lignes, particulièrement impressionnante dans leur clarté presque maniaque, entraîna une perception faussée du déroulement temporel, une quasi absence de mouvement que Gidon Kremer souligna à sa manière : mélange de virtuosité et de statisme, ce violon-là semblait avancer à reculons alors que l'on hésitait entre admiration pour les capacités d'écoute et d'équilibre de l'interprète et un irrépressible sentiment d'ennui.

    Pourtant ; on aurait eu grand tort de rester sur cette mauvaise impression, ou de quitter la salle en se disant que notre homme n'était pas en forme ce jour-là. Car sa lecture furieuse de la Sixième Symphonie de Mahler hissa l'Orchestre de Paris à un niveau qui lui était jusqu'ici refusé.

    Mahler, on le sait, fait parti de ces compositeurs particulièrement difficiles à mettre en scène. Il faut à la fois la plus extrême rigueur pour lui donner sa cohérence et un certain laisser-aller pour permettre l'irruption du grotesque, cette forme de tragique moderne qui marque ses plus célèbres pages.

    Il est clair qu'il ne s'agit pas seulement d'organiser le bon déroulement des événements, d'avoir un son d'orchestre ou de galvaniser les foules : ce que Mahler réclame, c'est l'irruption du théâtre dans l'univers symphonique, la création d'un peuple fantastique qui prend parole dans un déluge de feu.

    Quel homme faut-il pour diriger cela ? On ne sait trop. Eschenbach, face aux musiciens semble incarner chaque figure, être lui même saisi par la rage ou la folie de ces protagonistes invisibles. Dirige-t-il encore l'orchestre, est-il encore ce chef précis et méticuleux ou s'est-il déjà métamorphosé en Janus ?

    Ce qui est sûr, c'est que dans ce Mahler-là, l'homme a renoncé aux simples gestes techniques. Certes, il donne ce qu'il faut d'indications aux musiciens et se montre remarquablement précis dans ses entrées ou dans ses battues. Mais bien plus, il charge chacun de ses mouvements d'une intensité qui devient assez vite l'incarnation d'une figure extra musicale : dans ces moments-là Eschenbach n'est plus tout à fait lui même, et c'est ce personnage fantasque et perpétuellement changeant qui mène alors le bal.

    Dès lors, cette sixième prend un relief particulier : dynamique, contrastes, violence ou ironie, tout devient la conséquence d'un travail qui tient autant du métier d'acteur que de celui de musicien. Et si Eschenbach venait d'inventer la direction incarnée façon "Actor's studio" ?




    Salle Pleyel, Paris
    Le 13/03/2001
    Mathias HEIZMANN

    Concert de l'Orchestre de Paris dirigé par Christoph Eschenbach.
    Robert Schumann : concerto pour violon et orchestre.
    Gustav Mahler : Symphonie n° 6.
    Orchestre de Paris
    Direction : Christoph Eschenbach.
    Avec Gidon Kremer, violon.

     


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