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CRITIQUES DE CONCERTS 26 octobre 2020

La Camerata Salzburg dirigée par Sir Roger Norrington à la Cité de la Musique.

Force 5 sur les perruques
© emi Classics

Sir Roger Norrington se faisait rare à Paris. Pour son concert de la Cité de la Musique, ce grand pionnier du répertoire classique sur instruments anciens avait amené dans ses bagages la Camerata Salzburg, dont il est le directeur musical depuis 1997. Au programme, Mozart, bien sûr.
 

Cité de la Musique, Paris
Le 20/03/2001
Yutha TEP
 



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  • Il est bon de rappeler qu'avec son intĂ©grale des Symphonies de Beethoven, Roger Norrington changea durablement la perception du rĂ©pertoire classique. Depuis, les Bruggen et autre Gardiner ont apposĂ© leur marque, peut-ĂŞtre avec moins d'effervescence, mais assurĂ©ment avec une mise en oeuvre musicale supĂ©rieure.

    Il n'empêche, on ne lui rendra jamais assez hommage pour le vent de folie qu'il fit alors souffler. Car Norrington, c'est sans exagération une ou plusieurs idées par mesure et par pupitre, c'est surtout leur application déterminée, qui ne recule nullement devant le sacrifice des proportions, au point de friser plus d'une fois le débraillé.

    Pourquoi alors une soudaine sagesse dans la première partie du concert, avec un Divertimento K 136 aux lignes inhabituellement soignées, mais proches de la monotonie ? Même constat dans le Concerto pour violon n°3 K 216. Il s'agit de pages de jeunesse, d'une maturité encore imparfaite, qu'on peut toutefois animer de façon intéressante.

    Sir Roger se soucie de finition, probablement entraîné en cela par la violoniste Leonidas Kavakos, impressionnant de maîtrise et de sonorité, mais aux attaques trop uniformes. On est gratifié d'un Mozart lumineux, certes, mais trop de soleil à température égale finit par faire somnoler.

    Fort heureusement, l'entrée en scène des timbales redonna à Norrington toute sa légendaire percussion, pour une Sérénade "Posthorn" vraiment "posthorn", la Camerata se transformant dès lors en une grande boîte à joujoux, pétaradant à qui mieux mieux, chaque soliste se muant en véritable diable à ressorts.

    La métamorphose s'effectua sans surprise au détriment d'un andantino central qu'on aurait aimé plus sombre, moins hâtif, mais les mouvements extrêmes furent enlevés dans un bouillonnement incomparable, servis par les imperfections même de la Camerata, aux cordes d'une cohésion souvent douteuse, aux vents manquant cruellement de séduction.

    On peut crier à l'agitation, on peut s'irriter devant la nonchalance débonnaire de Sir Roger, on ne saurait nier la vie irrépressible qu'il insuffle à une musique écrite pour être jouée en plein air, vent force 5 garanti sur les perruques poudrées




    Cité de la Musique, Paris
    Le 20/03/2001
    Yutha TEP

    La Camerata Salzburg dirigée par Sir Roger Norrington à la Cité de la Musique.
    Mozart : Divertimento pour cordes en ré majeur K 136 - Concerto pour violon n°3 en sol majeur K 216 - sérénade n°9 en ré majeur " Posthorn " K320
    Camerata Salzburg
    Sir Roger Norrington, direction

     


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